Sacres sans mandat du Pape

Dans certaines circonstances, ce type de consécrations peuvent être permises en vertu du principe d’epikie :

Somme Théologique IIa-IIae, Question 120, Article I :


« L’épikie ne se détourne pas purement et simplement de ce qui est juste, mais de la justice déterminée par la loi. Et elle ne s’oppose pas à la sévérité, car celle-ci suit fidèlement la loi quand il le faut ; suivre la lettre de la loi quand il ne le faut pas, c’est condamnable. Aussi est-il dit dans le Code “Il n’y a pas de doute qu’on pèche contre la loi si en s’attachant à sa lettre, on contredit la volonté du législateur.” Juger de la loi, c’est dire qu’elle est mal faite. Dire que les termes de la loi n’obligent pas en telle ou telle circonstance, c’est juger non pas de la loi en elle-même, mais d’un cas déterminé qui se présente. L’interprétation a lieu dans les cas douteux, où il n’est pas permis, sans la décision de l’autorité, de s’écarter des termes de la loi. Dans les cas évidents, ce qu’il faut, ce n’est pas interpréter, mais agir. »

Révérend Père Henri Montrouzier

écrit que « l’histoire rapporte, en le louant, l’exemple de saint Eusèbe, évêque de Samosate, qui, pendant la persécution arienne, parcourait les Églises pour les pourvoir de prêtres et de pasteurs fidèles. Mais pour louer ce trait et d’autres du même genre, il n’est pas nécessaire de remonter à une prétendue concession qui n’exista jamais. Il suffit de dire qu’en vertu de la charité qui unit tous les membres de l’Église, les Évêques se doivent une mutuelle assistance, pour laquelle ils peuvent à bon droit présumer le consentement du Pontife romain, dans les cas de nécessité imprévue » car « Il nous paraît évident que les vicaires apostoliques dont les jours sont ainsi menacés, peuvent et doivent sacrer bien vite au moins un Évêque, afin de pouvoir efficacement à la conservation de la chrétienté. Mais de quel droit agiront-ils ? Serait-ce en vertu de la juridiction universelle conférée pour les cas extrêmes ? Non. Ils s’appuieront uniquement sur le consentement présumé du Pontife romain, dont en hommes sages ils interprètent les intentions. »

Origine de la juridiction épiscopale, Revue des sciences ecclésiastiques, p. 397

Dans ces conditions, l’Église exige seulement – si toutefois cela est possible – que « L’évêque consécrateur » puisse « s’adjoindre de deux autres évêques pour l’assister dans la consécration, à moins qu’il n’ait obtenu dispense du Siège apostolique. »

Code de droit canonique de 1917, Livre III, Partie I, Titre 6, Can. 953-954

Grégoire IX et Boniface VIII

Le pape Grégoire IX a laissé onze règles et Boniface VIII quatre-vingt-huit pour la véritable interprétation de la loi. Ces règles, selon le canon 20, peuvent fournir le défaut de la règle dans un cas particulier, comme dans le cas où nous nous trouvons actuellement. La quatrième règle de Grégoire IX stipule expressément : Propter necessitatem, illicitum efficitur licitum – “La nécessité rend licite ce qui est illicite.”

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