Jean Paul I était antipape
Table des matières
- Objet et limite de ce relevé
- La thèse du droit public de l’Église aurait été fausse
- Une accommodation de la contraception artificielle serait possible
- Le Talmud aiderait à comprendre l’Évangile
- Un protestant baptisé hors de l’Église serait un chrétien fervent au sens propre
- Dieu serait notre mère plus encore que notre Père
- Éloge public d’un poète sataniste et anticatholique
- Le péché de la chair serait peut-être le moindre des péchés
- Ruptures avec la tradition papale, hors hérésie définie
- Limite et conclusion
- Objet et limite de ce relevé
Voici les points que la page de Novus Ordo Watch, The Facts about “Pope” John Paul I, et un article du même site avancent contre Albino Luciani, en dehors de la simple acceptation globale de Vatican II.
- La thèse du droit public de l’Église aurait été fausse
Sentence erronée. Luciani a dit, selon la biographie ci-dessous : « The thesis I found hardest to live with was the one on religious freedom. For years I had taught the public law theses of Cardinal Ottaviani, according to which only the truth had rights. In the end, I convinced myself we had been wrong. » Traduction : « La thèse avec laquelle j’ai eu le plus de mal à vivre était celle de la liberté religieuse. Pendant des années j’avais enseigné les thèses de droit public du cardinal Ottaviani, selon lesquelles seule la vérité a des droits. À la fin, je me suis convaincu que nous avions eu tort. »
Référence : Charles Moritz et autres, éditeurs, Current Biography Yearbook 1978, The H. W. Wilson Company, New York, 1979, article « John Paul I, Pope », p. 210. Langue originale : anglais.
Doctrine contredite. Seule la vraie religion a, de droit divin, le droit d’être professée publiquement. L’État catholique doit la reconnaître et ne pas accorder un droit égal aux cultes faux. Pie IX, encyclique Quanta cura, 8 décembre 1864, et Syllabus, proposition 77 : « A notre époque, il n’est plus utile que la religion catholique soit tenue comme l’unique religion de l’État, à l’exclusion de tous les autres cultes. » Proposition condamnée. Léon XIII, encyclique Libertas, 20 juin 1888, et Immortale Dei, 1er novembre 1885, enseignent que la liberté des cultes, entendue comme droit, est contraire à la doctrine. Le concile Vatican I n’a pas renversé cela. Conclusion : renier la thèse d’Ottaviani sur ce point, c’est renier le magistère antérieur. Ceci est certain comme opposition doctrinale.
- Une accommodation de la contraception artificielle serait possible
Sentence erronée. Mgr Luciani a conseillé en 1965 à Paul VI d’assouplir les restrictions sur les contraceptifs, et qu’il avait personnellement conclu qu’une accommodation de la contraception artificielle pouvait se faire dans l’enseignement de l’Église, et qu’il l’écrivit au pape. La biographie citée dit : « Luciani personally concluded that some accommodation for artificial birth control could be made within the teachings of the church, and he wrote to the Pope to that effect. » Traduction : « Luciani conclut personnellement qu’une certaine accommodation pour le contrôle artificiel des naissances pouvait se faire dans l’enseignement de l’Église, et il écrivit au pape en ce sens. »
Référence : même Current Biography Yearbook 1978, p. 210, et l’article de La Stampa, Vatican Insider, 13 juin 2018, « Luciani and the Triveneto bishops, that openness on the pill ».
La Stampa rapporte la conclusion du dossier du Triveneto, rédigé par Luciani et fait sien par ces évêques : « Non consta, è dubbio. Nel dubbio, non si può accusare di peccato chi usa la pillola. » Traduction : « Cela ne conste pas, c’est douteux. Dans le doute, on ne peut accuser de péché celui qui use de la pilule. » Ceci est certain comme texte rapporté par La Stampa en 2018.
Doctrine contredite. Pie XI, encyclique Casti connubii, 31 décembre 1930, déclare intrinsèquement mauvais tout usage du mariage où l’acte est délibérément privé de sa force naturelle de procréer, et dit que aucune raison, même très grave, ne peut faire que ce qui est intrinsèquement contre nature devienne conforme à la nature et moralement bon. Le Saint-Office, décret du 21 mai 1851 et réponses postérieures, et la théologie morale commune avant 1962, tiennent l’onanisme conjugal pour péché mortel de sa nature, sans légèreté de matière. Conclusion nécessaire : dire que l’usage de la pilule contraceptive ne peut être accusé de péché, ou qu’une accommodation est possible dans la doctrine, contredit Casti connubii. Ceci est certain.
- Le Talmud aiderait à comprendre l’Évangile
Sentence erronée. Dans un sermon de 1976, Luciani aurait dénoncé le Talmud comme « full of fables and childish and bizarre things », traduction : « plein de fables et de choses enfantines et bizarres », tout en tenant que cette œuvre « can help us in understanding the Gospel at certain points », traduction : « peut nous aider à comprendre l’Évangile en certains points ». Référence : Lori Pieper, éditeur, A Passionate Adventure: Living the Catholic Faith Today, Tau Cross Books, Bronx, New York, 2013, emplacements Kindle 2462 et 4564. Langue : anglais.
Lire également d’après I. B. Pranaitis, The Talmud Unmasked, p. 30, les blasphèmes talmudiques contre Notre-Seigneur.
Doctrine contredite. L’Église a condamné le Talmud pour ses blasphèmes contre le Christ et sa Mère, et en a ordonné la censure ou la destruction. Grégoire IX, lettres de 1239. Pie V et les papes antérieurs ont maintenu l’interdiction des éditions non expurgées. Saint Paul interdit les fables juives : « ne pas s’attacher aux fables juives » (Tite 1, 14). Traduction selon la Vulgate. Chercher dans le Talmud une aide pour comprendre l’Évangile, après en avoir reconnu les fables, contredit cette condamnation et cette défense. Ceci est certain quant à la condamnation du Talmud blasphématoire.
- Un protestant baptisé hors de l’Église serait un chrétien fervent au sens propre
Sentence erronée. En septembre 1978, à l’Angélus, Luciani a appelé le président James Carter, baptiste, un « fervent Christian », traduction : « chrétien fervent ». Le texte vatican publié le confirme. Angélus du 10 septembre 1978, texte français officiel : le passage sur Carter est dans la version espagnole du même jour, « El Presidente Carter, que es cristiano fervoroso ». Traduction : « Le président Carter, qui est un chrétien fervent ». Référence : site du Vatican, Angélus, 10 septembre 1978.
Doctrine contredite. Hors de l’Église catholique il n’y a pas de salut, et les sectes séparées ne sont pas l’Église du Christ. Pie IX, Syllabus, proposition 18, condamne l’idée que le protestantisme n’est qu’une autre forme de la même vraie religion. Léon XIII, Satis cognitum, 29 juin 1896, enseigne qu’on ne peut tenir pour membre du corps du Christ celui qui est séparé de l’unité de foi et de gouvernement. Pie XI, Mortalium animos, 6 janvier 1928, refuse de tenir les dissidents pour des membres de l’Église du Christ au même titre. On peut dire qu’un baptisé valide a le caractère baptismal. On ne peut l’appeler chrétien fervent comme s’il était dans la vraie foi. Conclusion : l’expression, sans correction, favorise l’indifférentisme. Ceci est certain comme doctrine.
- Dieu serait notre mère plus encore que notre Père
Sentence erronée. Angélus du 10 septembre 1978, texte français officiel du Vatican : « Il est papa ; plus encore Il est mère. » Italien : « E’ papà; più ancora è madre. » Traduction : « Il est notre père ; plus encore il est notre mère. » Référence : Novus Ordo Watch, page citée, et vatican.va, Angélus du 10 septembre 1978. Ceci est certain.
Doctrine contredite. La première Personne s’est révélée comme Père, non comme Mère. Notre-Seigneur enseigne : « Vous donc, priez ainsi : Notre Père qui êtes aux cieux » (Matthieu 6, 9). Le Symbole de Nicée-Constantinople : « Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant ». Le concile de Latran IV, 1215, confessé le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Isaïe 49, 15 et Matthieu 23, 37 comparent la sollicitude divine à celle d’une mère. Ils ne disent pas que Dieu est mère, ni qu’il l’est plus qu’il n’est Père. C’est une distinction correcte.
Conclusion : la phrase dépasse la comparaison scripturaire et contredit le nom révélé. Ceci est certain comme écart doctrinal.
- Éloge public d’un poète sataniste et anticatholique
Sentence erronée. Angélus du 17 septembre 1978. Luciani loue Giosuè Carducci, professeur à Bologne, pour son dévouement aux élèves, et le donne en exemple de haute idée de l’enseignement. Référence : Novus Ordo Watch, page citée, Angélus du 17 septembre 1978. Le site affirme que Carducci était anticlérical et auteur d’un «Inno a Satana », Hymne à Satan, et qu’il appelait les prêtres « les vrais et constants ennemis de l’Italie ». Il renvoie pour les preuves à un blogue, Call Me Jorge, 2015. L’existence de l’Hymne à Satan de Carducci, 1863, est un fait littéraire connu. Je n’ai pas revérifié ici le vers exact sur les prêtres. Donc : l’éloge est certain. Le caractère sataniste du poème est certain quant au titre et à l’objet.
Doctrine contredite. « Quel rapport entre la justice et l’iniquité ? Quelle union entre la lumière et les ténèbres ? Quel accord entre le Christ et Bélial ? » (2 Corinthiens 6, 14-15). Traduction selon le sens de la Vulgate. Le quatrième commandement de l’Église et la loi divine interdisent le scandale et la communion avec les œuvres des ténèbres (Éphésiens 5, 11). Louer publiquement, sans aucune réserve sur l’apostasie et l’hymne à Satan, un ennemi public de l’Église, contredit ce précepte. Ce n’est pas à soi seul une proposition hérétique définie. C’est un scandale contre la foi. Peut-être c’est le plus grave écart de Luciani.
- Le péché de la chair serait peut-être le moindre des péchés
Voir le site Novus Ordo Watch, article du 14 février 2019, Moral Advice from “Pope” Francis. Cet article nous apprend que cette conception erronée de l’antipape François a déjà été préconisée avant par Mgr Luciani.
Sentence erronée.
Dans sa fonction de patriarche Novus Ordo de Venise, l’alors « cardinal » Albino Luciani (plus tard « pape » Jean-Paul Ier) disait aux gens en effet à peu près la même erreur que plus tard antipape François. Un témoignage en ce sens a été donné par l’abbé Mario Senigaglia, secrétaire de Luciani à Venise, qui a déclaré à l’auteur David Yallop : « Il [Luciani] était un homme très compréhensif. Très souvent je l’entendais dire aux couples : “Nous avons fait du sexe le seul péché, alors qu’en réalité il est lié à la faiblesse et à la fragilité humaines et qu’il est donc peut-être le moindre des péchés.” » (David A. Yallop, In God’s Name: An Investigation into the Murder of Pope John Paul I [New York, NY: Carroll & Graf Publishers, 2007], p. 44).
Doctrine contredite. Les péchés contre la pureté consommés sont mortels de leur nature et n’admettent pas de légèreté de matière. Concile de Trente, session 14, et théologie morale commune, par exemple saint Alphonse de Liguori, Theologia moralis, sur le sixième commandement. Notre-Seigneur : « Quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis l’adultère dans son cœur » (Matthieu 5, 28). Pensons à la parole attribuée à Jacinta de Fatima : plus d’âmes vont en enfer pour les péchés de la chair que pour toute autre raison.
Conclusion : appeler ce péché le moindre parce qu’il vient de la faiblesse est faux et dangereux.
- Ruptures avec la tradition papale, hors hérésie définie
Hors doctrine, le site ajoute trois faits de rupture avec la tradition papale, non des hérésies : suppression du couronnement solennel au profit d’une simple installation ; abandon puis reprise contrainte de la sedia gestatoria ; choix du double nom Jean-Paul pour honorer Jean XXIII et Paul VI, avec le chiffre I dès le premier jour. Référence : la même page.
- Limite et conclusion
Novus Ordo Watch prouve des paroles et des actes publics opposés à la doctrine ou à la tradition antérieure à 1964. Selon la règle que nous impose l’Eglise, le dernier pape fut Paul VI jusqu’à la chute dans l’hérésie en 1964. Luciani, élu en 1978 par la secte issue de cette rupture, n’a donc pas été pape. Cette conclusion suit de cette prémisse et des faits ci-dessus.
Liste des sources
- Novus Ordo Watch, The Facts about “Pope” John Paul I, page https://novusordowatch.org/john-paul-i/. Langue : anglais. Source secondaire des citations et du récit des actes de septembre 1978.
- Novus Ordo Watch, Moral Advice from “Pope” Francis, 14 février 2019. Langue : anglais. Article qui rattache à Luciani le propos sur le péché de la chair.
- Charles Moritz et autres, éditeurs, Current Biography Yearbook 1978, The H. W. Wilson Company, New York, 1979, article « John Paul I, Pope », p. 210. Langue originale : anglais. Volume imprimé non revérifié ici.
- La Stampa, Vatican Insider, 13 juin 2018, « Luciani and the Triveneto bishops, that openness on the pill ». Langue de l’article cité : anglais dans le renvoi du site ; la conclusion du dossier du Triveneto est donnée en italien. Le site ne reproduit pas la lettre autographe.
- Lori Pieper, éditeur, A Passionate Adventure: Living the Catholic Faith Today, Tau Cross Books, Bronx, New York, 2013, emplacements Kindle 2462 et 4564. Langue : anglais. Livre non consulté ici.
- I. B. Pranaitis, The Talmud Unmasked, p. 30, selon la pagination donnée par le site. Non revérifié ici sur l’imprimé.
- Site du Vatican, vatican.va, Angélus du 10 septembre 1978, textes français, italien, anglais et espagnol. Angélus du 17 septembre 1978, textes anglais et italien.
- Call Me Jorge, blogue, 2015, renvoyé par le site pour les preuves sur Carducci. Le vers exact sur les prêtres n’a pas été revérifié dans cette réponse.
- Giosuè Carducci, Inno a Satana, Hymne à Satan, 1863. Fait littéraire connu quant au titre et à l’objet.
- David A. Yallop, In God’s Name: An Investigation into the Murder of Pope John Paul I, Carroll et Graf, New York, 2007, p. 44. Langue : anglais. Témoignage indirect de don Mario Senigaglia, non un texte signé de Luciani.
- Pie IX, encyclique Quanta cura, 8 décembre 1864, et Syllabus, propositions 18 et 77.
- Léon XIII, encyclique Immortale Dei, 1er novembre 1885 ; encyclique Libertas, 20 juin 1888 ; encyclique Satis cognitum, 29 juin 1896.
- Pie XI, encyclique Mortalium animos, 6 janvier 1928 ; encyclique Casti connubii, 31 décembre 1930.
- Saint-Office, décret du 21 mai 1851 et réponses postérieures, sur l’onanisme conjugal.
- Grégoire IX, lettres de 1239, sur le Talmud. Pie V et les papes antérieurs, interdiction des éditions non expurgées.
- Concile Vatican I, qui n’a pas renversé la doctrine antérieure sur la liberté des cultes. Concile de Latran IV, 1215. Concile de Trente, session 14. Symbole de Nicée-Constantinople.
- Saint Alphonse de Liguori, Theologia moralis, sur le sixième commandement. Langue : latin.
- Sainte Écriture selon la Vulgate : Tite 1, 14 ; Matthieu 6, 9 ; Isaïe 49, 15 ; Matthieu 23, 37 ; 2 Corinthiens 6, 14-15 ; Éphésiens 5, 11 ; Matthieu 5, 28.
- Parole attribuée à Jacinta de Fatima, rappelée par le site, et qui n’est pas un document magistériel.