La « thèse de Cassiciacum » risque d’aboutir au… conclavisme sauvage !

Cassiacum ou Cassiciacum ?

Pour commencer cette thèse peut avoir deux noms : Cassiacum ou Cassiciacum.  Car elle doit son nom à un village en Italie où Saint Augustin s’est retiré avec des amis pour réfléchir sur la théologie après sa conversion. On trouve dans les encyclopédies que son nom ancien est « Cassiacum » quoique le nom de « Cassiciacum » circule parmi certains auteurs. Mais je prends le nom le plus simple des deux car « les choses ne doivent pas être compliquées si ce n’est pas nécessaire » (Saint Thomas).

 

Mappa con l'indicazione dei luoghi più importanti di Cassiacum
Cassacchum (-i, n.) (alia nomina: Cassiacum) (Italiane: Cassacco; Foroiuliensice: Cjassà)
 
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C’est la troisième solution possible pour la restauration de la papauté mais il faut deux miracles pour la réaliser !

Cette thèse rejoint la troisième solution mentionnée dans notre article sur la restauration de la papauté : l’antipape n’est pas pape formellement, mais il l’est matériellement et dès qu’il se convertit, il reçoit de Dieu la papauté. Cette thèse souffre donc des mêmes inconvénients que je viens d’énumérer dans l’article sur les solutions pour la papautéMais elle est très dangereuse et tombe dans le puits qu’elle veut absolument éviter : le conclavisme sauvage !
 
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Au moins sept hérésies dans une encyclique de François.
 
En réalité, si François se convertit, il sera tout simplement « un fier fidèle de l’Eglise catholique », mais il ne sera ni prêtre, ni évêque, ni docteur en théologie ni en droit canon, car tout est « Novus Ordo » chez lui et donc douteux, et donc à considérer comme invalide, et il ne sera probablement surtout pas accepté comme pape par tous les bons et vrais évêques restés catholiques par la grâce de Dieu. Il doit faire des études de prêtrise, doit être ordonné prêtre, obtenir un doctorat en théologie en être sacré évêque et surtout: être accepté comme pape par l’Eglise.
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Sacre d’un évêque
 

Qu’un antipape converti devient pape automatiquement n’est pas forcément accepté par toute l’Eglise.

Je viens de le prouver au n°3 de l’article mentionné. En effet il y a des évêques catholiques qui n’acceptent pas cette thèse Cassiacum donc ils ne vont pas « automatiquement » accepter un laïc converti, comme pape sans aucune discussion.
François sera donc pratiquement proclamé pape par un petit groupe de personnes qui sont pour « la thèse » et rejeté par les autres qui ne sont pas pour « la thèse ».

Or, un petit groupe qui se choisit un pape qui n’est pas accepté par les autres… c’est du conclavisme sauvage et ils feront donc un schisme,  encore un !

Le drame est que les adeptes de cette thèse ont une horreur pour le conclavisme sauvage, et pour cause, mais ils ne se rendent pas compte qu’ils y courent à yeux ouverts si l’on pousse les conséquences de leur thèse jusqu’au bout : la discussion sur l’acceptation d’un antipape-laïc converti, comme pape.

L’antipape Benoît XIII est installé par ses adeptes.

 

Autre point faible : le terme « Thèse »

Elle a pour autre point faible que dans l’Eglise on ne parle jamais de « thèse(s) » pour résoudre de graves problèmes et il faut respecter les traditions dans l’Eglise.
 
Une thèse est en effet « une tentative de solution provisoire dans une question scientifique compliquée », ici la science théologique. Donc c’est plutôt une affaire de théologiens que de l’Eglise enseignante au sens stricte, prêchant à ses fidèles.
 
Les Pères et les Docteurs de l’Eglise, les Papes et les Conciles ont résolu des questions, puisant dans le trésor et les sources de la Révélation. Aucun Père ni Docteur de l’Eglise, ni les Papes ni les Conciles n’ont jamais parlé de « thèse(s) » pour résoudre des questions et le proposer au peuple chrétien. C’est plutôt l’affaire de savants qui se pensent des solutions provisoires en attendant la solution certaine d’une question.
 
Mais acceptons la possibilité de thèses dans la théologie, parmi les théologiens qui sont en effet des scientifiques. Mais que cette thèse reste alors dans les livres théologiques, et qu’elle ne se présente pas sur les places publiques catholiques comme la solution par excellence pour une des questions les plus graves dans l’histoire de l’Eglise.
 
Parmi bien des fidèles d’un certain Institut, « la Thèse » est considérée pratiquement comme un super-dogme à ce point que ceux qui la rejettent sont évités (ou doivent être évités) par ces fidèles et même par certains de leurs prêtres comme des vitandi, des personnes à éviter comme pour une hérésie. C’est dommage et c’est absolument exagéré. Dans l’histoire de l’Eglise on ne trouve nul part qu’une thèse n’ait jamais été proposée aux fidèles, cela restait toujours parmi les théologiens.
 
Il faudra au moins parler de « l’argument de Cassiciacum » mais pas d’une « thèse de Cassiciacum ». Cela « sent » mal. Mais ce n’est pas cela qui est grave. Il s’agit bien sûr du contenu lui-même d’icelle.
 
En plus, cet Institut a même sacré un évêque POUR continuer la survie de la « thèse ». On l’appelle « l’évêque de la thèse ». Cela n’existe nul part dans l’histoire de l’Eglise qu’on sacre un évêque pour une thèse, pour une opinion. Vous voyez comme cela fait mal à des oreilles catholiques d’entendre cela.
 
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Dès 1965 le Révérend Père Guérard des Lauriers soutient sa thèse sédévacantiste concernant les hérésies de Paul VI

 

Valable pour Paul VI seulement

 
La thèse de Cassiacum était tout à fait raisonnable pour le cas de Paul VI :
– car il était élu pape par un conclave ;
– il a été accepté par toute l’Eglise ;
– il était même validement ordonné prêtre et évêque dans les anciens rites.
Dès qu’un pape a été accepté par toute l’Eglise pendant un certain temps, ce qui est certainement le cas de Paul VI pour plusieurs années, personne ne peut dire qu’il n’a jamais été pape et que donc … l’Eglise s’est trompée. L’Eglise entière ne peut jamais se tromper, de par cette promesse de Notre Seigneur Jésus Christ que « les portes de l’enfer ne prévaudront pas ».
 
Paul VI a perdu sa papauté par l’hérésie. Mais la partie saine du clergé a le droit et le devoir de le corriger. Ce qui est arrivé, plusieurs évêques, prêtres, théologiens et fidèles ont protesté contre les hérésies de ce pape conciliaire. Supposez que Paul VI se serait converti. Alors en effet il aurait recouvert sa papauté. Car ce n’est que par la pertinacité dans l’hérésie qu’on devient hérétique.
 
Alors c’est tout à fait acceptable de dire que Paul VI après l’hérésie publique est devenu pape materialiter seulement et qu’il recouvrerait la papauté formaliter par sa conversion. Mais cette thèse s’évanouit par le temps – cela est même un aveu de son inventeur Mgr Guérard des Lauriers.
 
 
La thèse s’évanouie après Paul VI

 

Car les antipapes après Paul VI…

– n’étaient plus élus par des cardinaux désignés par un vrai pape. Car entre-temps de vrais (désignés par de vrais papes) cardinaux meurent et d’autres sont « créés » par des antipapes, donc invalidement – c’est nul. Le conclave suivant de 1978 était donc composé de vrais et de faux cardinaux. Ce qui rend le conclave et donc l’élection invalides.

– et les « papes » après Paul VI n’étaient plus acceptés comme pape par toute l’Eglise : les vrais fidèles rejetèrent ces « papes » hérétiques.

Mgr Guérard Des Lauriers

 

expliquera par la suite que « Si le “pape“ persiste dans son erreur, il est ipso facto hors de l’Église, et n’est donc plus pape du tout, pas même materialiter. »

Source : Extrait du fascicule le problème de l’autorité et de l’épiscopat dans l’Église, Centro Librario Sodalitium, Loc. Carbignano 36 – 10020 Verrua Savoia (TO) Italie. Pp. 31 sq

C’est d’ailleurs ce que reconnaitra lui-même Mgr Guérard des Lauriers en affirmant que « Ces “papes“ professent l’hérésie. »

Ibidem

 

L’agir se fait uniquement par la forme et jamais par la matière – ou par une être materialiter

Alors l’explication qu’un évêque soutenant la thèse m’a donnée était :

– « Des cardinaux faux sont cardinaux materialiter.

– Or des cardinaux materialiter peuvent choisir des papes materialiter. »

Réponse : choisir est un « agir ». L’agir se fait toujours et uniquement par la forme et jamais par la matière selon Saint Thomas. La matière est purement « puissance passive », un pur réceptacle pour recevoir éventuellement des formes d’un autre agent, mais pas pour engendrer des formes (pour choisir, pour élire, etc.). Donc un cardinal materialiter n’est pas cardinal du tout (formaliter) et ne peut agir aucunement comme cardinal.

Car CE que c’EST la chose est déterminée par la forme uniquement et nullement par la matière (encore Saint Thomas – Physique). La matière fait seulement qu’une forme soit matérielle et sensible et pas purement spirituelle (comme un ange par exemple) et c’est tout.

Je n’ai pas eu de réponse de la part de cet évêque… Il y a un adage qui dit : « Se taire est consentir ».

Prions pour la solution que Dieu veut nous donner car il y a presque 8 milliards d’âmes qui ont été créées pour aller au ciel. Et aller au ciel se fait uniquement par l’Eglise.

Je ne prétends pas que la thèse puisse donner la vérité de l’avenir, mais pour la réaliser Dieu devrait faire deux miracles :

– François se convertit ;
– François est accepté unanimement par tous les bons évêques et toute la vraie Eglise.
 
Et si le premier miracle se ferait sans le deuxième on assistera probablement à un énième schisme. Que Dieu nous en préserve.
 
Solution
 
Prenons cette « thèse » savante moins au sérieux actuellement, étant évanouie après la mort de Paul VI, et faisons tout pour éviter des schismes dans l’avenir.
 

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