Preuves que Paul VI, et ses Successeurs (Jean-Paul I, Jean-Paul II, Benoît XVI, François I, Léon XIV..)
sont des Hérétiques
Table des matières
- Introduction
- Section 1 : Définition de l’Hérésie et ses Conséquences
- Section 2 : Vatican II Contient des Hérésies Flagrantes
- Section 3 : Paul VI et ses Successeurs ont Promulgué et Maintenu ces Hérésies
- Section 4 : Réfutation des Contre-Arguments
- Conclusion
NB La Salette
Liste de Sources
Introduction
Nous avons vu que selon la doctrine immuable de l’Église catholique, fondée sur les Écritures, les Pères, les Docteurs et les conciles œcuméniques avant 1963, l’hérésie est une erreur grave contre la foi qui étant publique entraîne la perte automatique de tout office ecclésiastique et étant pertinace (têtu, obstiné) l’appartenance à l’Église.
Nous démontrerons ici, par l’établissement des faits et d’un raisonnement logique que Paul VI et ses successeurs ont manifesté des hérésies publiques, les plaçant hors de l’Église.
Les preuves s’appuient sur des dogmes définis et des textes authentiques, sans opinions personnelles. Les contre-arguments seront réfutés.
Section 1 : Définition de l’Hérésie et ses Conséquences (courte reprise, voir le chapitre à ce sujet)
- Majeure : L’hérésie est le rejet obstiné, après le baptême, d’une vérité de foi divine et catholique proposée comme telle par l’Église (Code de droit canonique de 1917, canon 1325, § 2).
Mineure : La persévérance publique dans ces doctrines manifeste extérieurement la pertinacité requise par la théologie commune. Un pape qui promulgue de telle façons des documents perd son office.
Les hérétiques manifestes perdent ipso facto toute juridiction, comme l’explique saint Robert Bellarmin : « L’hérétique manifeste n’est en aucune manière membre de l’Église » (De Romano Pontifice, livre 2, chapitre 30, à la fin).
La bulle “Cum ex apostolatus officio” de Paul IV (15 février 1559, § 6) déclare : « S’il apparaît jamais qu’un évêque, même agissant en tant qu’archevêque, patriarche ou primat, ou un cardinal de ladite Église romaine, même légat, ou même le Pontife romain, avant sa promotion ou son élévation au cardinalat ou au pontificat romain, ait dévié de la foi catholique ou soit tombé dans quelque hérésie, sa promotion ou son élévation, même faite dans la concorde et avec l’assentiment unanime de tous les cardinaux, est nulle, invalide et sans effet. » (Traduction du latin ; P. Gasparri, Codicis iuris canonici fontes, volume 1, Rome, Typis Polyglottis Vaticanis, n° 94, § 6, p. 166.) Cela s’applique sans déclaration formelle : selon Bellarmin, Ballerini, Wernz-Vidal, Coronata et la doctrine commune, aucune déclaration constitutive n’est requise pour produire la perte de l’office (Bellarmin, De Romano Pontifice, livre 2, chapitre 30 ; Pietro Ballerini, De potestate ecclesiastica, Vérone, Marco Moroni, 1768, chapitre 9, § 2, n° 8, pp. 117–119 ; F. X. Wernz et P. Vidal, Ius canonicum, tome 2, De personis, 3e édition révisée par Philippe Aguirre, Rome, Université grégorienne, 1943, n° 453, pp. 517–518 ; Matthaeus Conte a Coronata, Institutiones iuris canonici, volume 1, 3e édition, Marietti, 1947, n° 316, 2°, c), p. 373).
– Le canon 188, 4°, du Code de 1917 stipule que tout office devient vacant de plein droit et sans aucune déclaration, par renonciation tacite, si le clerc a publiquement abandonné la foi catholique.
– Canon 2314, § 1, 1°–2°, du Code de droit canonique de 1917 :
« §1. Tous les apostats de la foi chrétienne, tous les hérétiques ou schismatiques et chacun d’eux :
1° Encourent par le fait même une excommunication ;
2° Si après monition, ils ne viennent pas à résipiscence, qu’on les prive de tout bénéfice, dignité, pension, office ou autre charge, s’ils en avaient dans l’Église, et qu’on les déclare infâmes ; après deux monitions, ceux qui sont clercs doivent être déposés. »
En effet le canon 2314 prévoit les peines canoniques de l’hérésie, tandis que le canon 188, 4°, traite séparément de la vacance de tout office par renonciation tacite.
- Conclusion : Tout pape manifestant une hérésie publique cesse d’être pape, car il n’est plus membre de l’Église.
La démonstration qui suit ne repose pas sur une accumulation d’opinions privées, mais sur un principe théologique simple : lorsqu’un homme enseigne publiquement une doctrine contraire à un dogme défini, puis la promulgue comme norme pour toute l’Église et persévère dans cette profession malgré l’enseignement constant du magistère antérieur, les éléments extérieurs de l’hérésie notoire se trouvent réunis. Les exemples cités ci-dessous n’ont donc pas pour but de constituer chacun une démonstration isolée, mais d’établir ensemble un faisceau convergent de preuves.
Section 2 : Vatican II Contient des Hérésies Flagrantes (courte reprise, voir le chapitre à ce sujet)
2.1. Majeure : Un enseignement qui contredit un dogme défini par un concile œcuménique ou le magistère infaillible est hérétique.
Le concile Vatican I (Dei Filius, 24 avril 1870, canons sur la foi catholique, groupe 4, De la foi et de la raison, canon 3) enseigne que les dogmes sont irréformables : « Si quis dixerit, fieri posse, ut dogmatibus ab Ecclesia propositis, aliquando secundum progressum scientiae sensus tribuendus sit alius ab eo, quem intellexit et intelligit Ecclesia; anathema sit. »
(Traduction : « Si quelqu’un dit qu’il peut arriver que, selon le progrès de la science, il faille attribuer un jour aux dogmes proposés par l’Église un sens différent de celui que l’Église a compris et comprend, qu’il soit anathème. ») (Denzinger, El magisterio de la Iglesia [Le magistère de l’Église], version espagnole de Daniel Ruiz Bueno, Herder, 3e réimpression, 1963, n° 1818, p. 421.)
2.2. Mineure : Les textes de Vatican II contiennent des contradictions directes avec le Dépôt de la Foi. Par exemple :
– “Gaudium et Spes”, 7 décembre 1965, n° 12, § 1 :
« Croyants et incroyants sont généralement d’accord sur ce point : tout sur terre doit être ordonné à l’homme comme à son centre et à son sommet. »
Le texte affirme que l’homme est le centre et le sommet de toutes les réalités terrestres sans rappeler explicitement que toute la création est ordonnée avant tout à Dieu comme fin ultime, ce qui constitue un renversement de perspective déjà dénoncé par le magistère antérieur.
Cela contredit le Syllabus de Pie IX (8 décembre 1864, proposition 3) : « Humana ratio, nullo prorsus Dei respectu habito, unicus est veri et falsi, boni et mali arbiter, sibi ipsi est lex et naturalibus suis viribus ad hominum ac populorum bonum curandum sufficit. »
(Traduction : « La raison humaine, sans tenir absolument aucun compte de Dieu, est le seul arbitre du vrai et du faux, du bien et du mal ; elle est à elle-même sa loi et suffit, par ses forces naturelles, à procurer le bien des hommes et des peuples. »)
(Pie IX, Syllabus, proposition 3 ; Denzinger, El magisterio de la Iglesia, n° 1703, p. 406.) Cela promeut un anthropocentrisme hérétique.
– “Dignitatis Humanae”, 7 décembre 1965, n° 2 :
« Ce Concile du Vatican déclare que la personne humaine a droit à la liberté religieuse. Cette liberté consiste en ce que tous les hommes doivent être exempts de toute contrainte de la part tant des individus que des groupes sociaux et de quelque pouvoir humain que ce soit, de telle sorte qu’en matière religieuse nul ne soit forcé d’agir contre sa conscience ni empêché d’agir, dans de justes limites, selon sa conscience, en privé comme en public, seul ou associé à d’autres. »
Cela contredit Quanta cura de Pie IX (8 décembre 1864) :
« De cette idée entièrement fausse du gouvernement social, ils ne craignent pas de favoriser cette opinion erronée, extrêmement funeste à l’Église catholique et au salut des âmes, appelée délire par Notre prédécesseur Grégoire XVI, d’heureuse mémoire, à savoir que “la liberté de conscience et des cultes est un droit propre à chaque homme, qui doit être proclamé et garanti par la loi dans toute société bien constituée” […]. Ainsi, toutes et chacune des opinions et doctrines perverses mentionnées individuellement dans les présentes Lettres, Nous les réprouvons, proscrivons et condamnons par Notre autorité apostolique ; et Nous voulons et ordonnons que tous les fils de l’Église catholique les tiennent absolument pour réprouvées, proscrites et condamnées. » (Traduction du latin ; Pie IX, Quanta cura ; Denzinger, El magisterio de la Iglesia, nos 1690 et 1699, pp. 401 et 404.)
Le texte est en effet en contradiction avec toute la Tradition comme : Grégoire XVI, Mirari vos, 15 août 1832 ; Pie IX, Quanta cura et Syllabus, proposition 15, 8 décembre 1864 ; Léon XIII, Libertas, 20 juin 1888 ; Pie XII, Ci riesce, 6 décembre 1953.
– “Nostra Aetate”, 28 octobre 1965, n° 2 :
« L’Église catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions. Elle considère avec un respect sincère ces manières d’agir et de vivre, ces règles et ces doctrines qui, quoiqu’elles diffèrent sous bien des rapports de ce qu’elle-même tient et propose, cependant reflètent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes. »
Cela contredit le dogme Extra Ecclesiam nulla salus, « Hors de l’Église, point de salut », défini au concile de Florence : « Elle croit fermement, professe et prêche que personne qui ne soit dans l’Église catholique, non seulement les païens, mais aussi les juifs, les hérétiques et les schismatiques, ne peut devenir participant de la vie éternelle […] ». (Eugène IV, concile de Florence, Cantate Domino, 4 février 1442 ; Denzinger, El magisterio de la Iglesia, n° 714, p. 210 ; traduction française de la version espagnole de Daniel Ruiz Bueno.)
Pie XI, Mortalium animos, 6 janvier 1928, Acta Apostolicae Sedis, vol. 20, 1928, pp. 6–15, est probablement le texte le plus directement opposé.
2.3. Conclusion : Vatican II est hérétique, car il renverse des dogmes définis.
Section 3 : Paul VI et ses Successeurs ont Promulgué et Maintenu ces Hérésies
3.1. Majeure : Celui qui promulgue un concile hérétique ou y adhère est hérétique, manifestant une pertinacité publique (Code de droit canonique de 1917, canon 1325, § 2).
3.2. Mineure :
– les papes à partir de 1964 ont tous accepté publiquement et indubitablement le concile hérétique de Vatican II, ils l’ont appliqué, exécuté et promulgué.
– Paul VI après sa première hérésie “Lumen Gentium” (le 21 novembre 1964) a promulgué les textes de Vatican II à leurs dates respectives, notamment Nostra aetate le 28 octobre 1965, puis Dignitatis humanae et Gaudium et spes le 7 décembre 1965, les déclarant obligatoires.
Joseph Ratzinger a écrit au sujet de “Gaudium et Spes” :
« Depuis Vatican II, elle est donc de plus en plus considérée comme le véritable héritage dans lequel, après trois années de fermentation, semble s’être incarnée l’intention réelle du Concile. » (Joseph Ratzinger, Principles of Catholic Theology: Building Stones for a Fundamental Theology [Principes de la théologie catholique : matériaux pour une théologie fondamentale], traduction anglaise de Sister Mary Frances McCarthy, San Francisco, Ignatius Press, 1987, deuxième impression 1989, p. 378 ; traduction française de cet extrait.)
– Jean-Paul Ier, en choisissant son nom en hommage à Jean XXIII et Paul VI, les papes de Vatican II, a manifesté son adhésion complète à ce conciliabule hérétique, confirmant ainsi sa pertinacité publique dans l’erreur. En effet il a publiquement déclaré vouloir poursuivre intégralement l’œuvre de Vatican II et de ses deux prédécesseurs (Jean-Paul Ier, Angélus et message Urbi et orbi du 27 août 1978).
– Jean-Paul II a appliqué le texte apostat de “Nostra Aetate” à Assise (1986), déclarant ensuite :
« La journée d’Assise a été comme une expression visible de ces affirmations du concile Vatican II » (Jean-Paul II, discours à la Curie romaine, 22 décembre 1986, n° 9 ; traduction de l’italien).
– Benoît XVI a commémoré en 2007 la rencontre d’Assise de 1986 (Angélus à Assise, 17 juin 2007), acceptant pleinement Vatican II. Dans son livre, Joseph Ratzinger présente “Gaudium et Spes”, conjointement aux textes sur la liberté religieuse et les religions du monde, comme « une révision du Syllabus de Pie IX, une sorte de contre-Syllabus » (Principles of Catholic Theology, traduction anglaise de Sister Mary Frances McCarthy, San Francisco, Ignatius Press, 1987, deuxième impression 1989, pp. 381–382 ; traduction française de cet extrait).
– François I a poursuivi ces actes œcuméniques : « Le pluralisme et les diversités de religion […] sont une sage volonté divine […] » Document sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune, signé par François et le Grand Imam d’Al-Azhar Ahmad Al-Tayyeb
Abou Dhabi, 4 février 2019.
Contredisant Mortalium animos de Pie XI (6 janvier 1928 ; Acta Apostolicae Sedis, vol. 20, 1928, p. 6), ainsi que la proposition 16 du Syllabus de Pie IX, qui condamne l’affirmation : « Les hommes peuvent trouver dans le culte de n’importe quelle religion le chemin du salut éternel et atteindre le salut éternel. » (Pie IX, Syllabus, 8 décembre 1864, proposition 16 ; Denzinger, El magisterio de la Iglesia, n° 1716, p. 407 ; traduction française de la version espagnole de Daniel Ruiz Bueno.)
– Léon XIV, promu en 2025, adhère aux hérésies modernistes issues de Vatican II, notamment l’acceptation officielle de Vatican II ; affirmation de la continuité avec François (discours au Collège cardinalice, 10 mai 2025) ; le maintien du dialogue œcuménique (discours aux représentants d’autres Églises et Communautés ecclésiales et d’autres religions, 19 mai 2025) ; le maintien de Dignitatis Humanae ; le maintien de Nostra Aetate (même discours du 19 mai 2025).
Dans son adresse aux catholiques orientaux du 14 mai 2025, Léon XIV a insisté sur la préservation des traditions orientales. Le 19 mai 2025, devant les représentants d’autres Églises et Communautés ecclésiales, il a affirmé sa volonté de poursuivre l’engagement œcuménique de François. Nous dénonçons cette conception de l’« unité » avec les schismatiques comme éludant l’exigence de soumission à la primauté romaine pleine et entière, telle qu’elle a été définie au concile de Florence (Laetentur coeli, 6 juillet 1439 ; Denzinger, El magisterio de la Iglesia, n° 694, p. 201).
3.3. Conclusion : Paul VI et ses successeurs sont hérétiques, perdant ipso facto leur office (Code de droit canonique de 1917, canon 188, 4°).
Section 4 : Réfutation des Contre-Arguments
4.1. “Vatican II est pastoral, non dogmatique”
Réfutation : Le magistère enseigne que tout enseignement, même pastoral, ne peut contredire les dogmes (Vatican I, Dei Filius, chapitre 4 et canons, groupe 4, canon 3 ; Denzinger, El magisterio de la Iglesia, nos 1797–1800 et 1818, pp. 418–419 et 421). Ce chapitre enseigne en effet avec certitude que le Magistère, assisté du Saint-Esprit, est dépositaire de la foi et doit la préserver fidèlement sans aucune contradiction possible avec les dogmes, car Dieu ne saurait se contredire Lui-même, et la vérité divine est une et immuable. Toute prétendue « intelligence plus profonde » qui s’écarterait de ce sens établi est une hérésie, comme l’a condamné le Concile contre le modernisme naissant. Les prétendus « progrès » postérieurs qui oseraient contredire cela ne sont que des innovations schismatiques, à rejeter comme telles, conformément à la foi catholique inviolable.
Pie XII affirme : « Ce qui ne répond pas à la vérité et à la loi morale n’a objectivement aucun droit à l’existence, ni à la propagande, ni à l’action. » (Allocution aux juristes italiens « Ci Riesce », 6 décembre 1953 ; Acta Apostolicae Sedis, vol. 45, 1953, p. 799.)
4.2. “Les successeurs ont interprété Vatican II orthodoxement”
Réfutation : Leurs actes, comme la réunion à Assise en 1986, confirment l’hérésie, violant Mortalium animos de Pie XI (6 janvier 1928 ; Acta Apostolicae Sedis, vol. 20, 1928, p. 6) :
« De telles entreprises ne peuvent en aucune manière être approuvées par les catholiques, puisqu’elles reposent sur l’opinion fausse de ceux qui pensent que toutes les religions sont plus ou moins bonnes et louables […]. Ceux qui professent cette opinion non seulement sont dans l’erreur et se trompent, mais encore, en déformant la notion de la vraie religion, ils la rejettent […]. » (Traduction du latin.)
Conclusion du Chapitre
Selon la doctrine commune exposée précédemment, la profession publique et persistante de ces doctrines entraîne la perte ipso facto de tout office ecclésiastique ; dès lors, ils ne peuvent être considérés comme de véritables papes.
Paul VI et ses successeurs, Jean-Paul I, Jean-Paul II, Benoît XVI, François et Léon XIV
en promulguant et appliquant le conciliabule hérétique Vatican II , sont hérétiques et antipapes.
Les catholiques doivent les rejeter pour préserver la foi immuable et sauver leur âme.
Prions pour leur conversion.
NB
LA SALETTE
Dans le Secret publié par Mélanie Calvat à Lecce en 1879 avec l’imprimatur de Mgr Sauveur-Louis Zola, évêque de Lecce, est annoncée une immense crise de la foi. Mélanie rapporte notamment que « plusieurs abandonneront la foi » et que parmi les prêtres et religieux qui se sépareront de la vraie religion « il se trouvera même des Évêques ». Plus loin vient l’annonce capitale : « Rome perdra la foi et deviendra le siège de l’antechrist », puis : « L’Église sera éclipsée ». Ces paroles se trouvent effectivement dans le texte reproduisant l’édition de Lecce de 1879 (Mélanie Calvat, L’Apparition de la Très Sainte Vierge sur la sainte montagne de La Salette, le samedi 19 septembre 1846, Société Saint-Augustin, Paris–Rome–Bruges, 1922, p. 10 et 12 ; imprimatur reproduit p. 18).
Mélanie donne encore une indication remarquable dans une lettre écrite à Galatina le 30 septembre 1894 : « … Mais avant ce temps il y aura deux fois une paix de peu de durée, deux Papes vermoulus, plats, douteux. » (Cité par Jean Vaquié, Bénédictions et malédictions : prophéties de la révélation privée, 3e édition revue et augmentée, Dominique Martin Morin, Bouère, 1987, p. 143.) L’identification de ces deux papes n’est pas donnée par Mélanie elle-même ; elle doit donc être distinguée du texte de la prophétie.
La correspondance avec Jean XXIII et Paul VI est cependant particulièrement frappante.
Jean XXIII fut le premier de ces deux papes successifs. Il convoqua Vatican II et en ouvrit la première session le 11 octobre 1962. Quelques jours plus tard, pendant la crise des missiles de Cuba, alors que le monde se trouvait devant le danger d’une guerre nucléaire, il lança le 25 octobre 1962 un appel radiodiffusé aux gouvernants pour qu’ils fassent tout leur possible afin de sauver la paix. Le document est enregistré dans les Acta Apostolicae Sedis, vol. 54 (1962), pp. 861-862. La crise fut désamorcée trois jours plus tard. C’est donc une première correspondance possible avec la « paix de peu de durée » annoncée par Mélanie.
Paul VI fut le second. Sous son règne, la guerre du Vietnam faisait rage et il intervint à plusieurs reprises en faveur de la paix. Ses messages des 30 et 31 décembre 1965 aux responsables du conflit sont conservés dans les Acta Apostolicae Sedis, vol. 58 (1966), pp. 161–162 ; dans celui adressé à Lyndon B. Johnson, le 30 décembre, il exprime explicitement son espoir d’une « permanent peace », c’est-à-dire d’une « paix permanente », pour le Vietnam (p. 162). Le 27 janvier 1973 furent enfin signés à Paris les accords dont le titre officiel était précisément Agreement on Ending the War and Restoring Peace in Viet-Nam, c’est-à-dire Accord sur la cessation de la guerre et le rétablissement de la paix au Viet-Nam. Le texte authentique, anglais et vietnamien, fut enregistré auprès des Nations Unies sous le numéro 13295 (Nations Unies, Recueil des traités, vol. 935, 1974, n° 13295). Cette paix fut de courte durée : la guerre continua et Saïgon tomba en avril 1975.
La succession est donc remarquable : Jean XXIII, puis Paul VI ; et, sous chacun d’eux, une intervention ou un accord majeur en faveur d’une paix qui ne fut pas durable. Cela correspond de façon saisissante, sans constituer à lui seul une démonstration, à la formule de Mélanie : « deux fois une paix de peu de durée, deux Papes vermoulus, plats, douteux ».
La correspondance doctrinale est plus grave encore. Sous Jean XXIII fut ouvert Vatican II ; sous Paul VI furent promulgués les textes qui instituèrent la nouvelle orientation conciliaire. Dès le 21 novembre 1964, Paul VI promulgua Lumen gentium et Unitatis redintegratio, ce dernier faisant de l’œcuménisme l’un des objectifs principaux du Concile (Unitatis redintegratio, n° 1). Le 7 décembre 1965, il promulgua Dignitatis humanae, qui affirme un « droit à la liberté religieuse » devant être reconnu comme droit civil (n° 2).
C’est ici que l’annonce « Rome perdra la foi » prend toute sa force. Jean XXIII inaugura une orientation théologique ambiguë, marquée par des positions de type semi-hérétique ou favorisant les compromis modernistes sans rupture formelle immédiate ; sous Paul VI, dont le pontificat s’acheva par une perte effective de l’autorité en raison de l’adhésion publique à l’hérésie, la rupture doctrinale devint consommée. Selon la perspective théologique sédévacantiste, ces pontifes marquent la fin des véritables pasteurs légitimes, les successeurs ultérieurs se révélant être des antipapes invalidement élus par un corps électoral vicié par l’hérésie et totalement coupés de la succession apostolique formelle.
Les paroles « Rome perdra la foi et deviendra le siège de l’antechrist » et « L’Église sera éclipsée » trouvent ainsi leur plein accomplissement : Rome conserve extérieurement ses structures et ses apparences institutionnelles occupées par une hiérarchie illégitime, tandis que la véritable Église est réduite à une éclipse profonde au milieu de l’apostasie générale. Cette situation de désolation appelle, selon la tradition prophétique, les châtiments purificateurs avant le triomphe final de l’Église restaurée par l’avènement du Grand Monarque et du Saint Pape.
Mélanie n’a jamais écrit que les « deux Papes vermoulus » seraient Jean XXIII et Paul VI. Cette identification demeure donc une interprétation. Mais l’ensemble de la correspondance est exceptionnel : deux papes successifs marqués par les compromis et l’hérésie publique ; la rupture de la succession pontificale ; l’établissement de la fausse structure conciliaire ; l’apostasie générale et l’éclipse de l’Église. Les textes de 1879 et de 1894, lus à la lumière de la crise post-conciliaire, présentent ainsi une concordance historique et eschatologique saisissante.
Liste des sources
- Code de droit canonique de 1917. Codex iuris canonici, Acta Apostolicae Sedis, vol. 9, partie 2, 1917 : canon 188, 4°, p. 41 ; canon 1325, § 2, p. 257 ; canon 2314, § 1, 1°–2°, p. 438. Texte latin.
- Bellarmin, Robert. De Romano Pontifice[Du Pontife romain], livre 2, chapitre 30, notamment la fin ; dans Opera omnia, tome 1, Disputationes de controversiis christianae fidei adversus huius temporis haereticos, première édition napolitaine, Naples, Giuseppe Giuliano. Texte latin.
- Paul IV. Cum ex apostolatus officio, 15 février 1559, § 6 ; dans Pietro Gasparri (éd.), Codicis iuris canonici fontes [Sources du Code de droit canonique], vol. 1, Concilia generalia – Romani Pontifices usque ad annum 1745, Rome, Typis Polyglottis Vaticanis, 1947, n° 94, p. 166. Texte latin.
- Ballerini, Pietro. De potestate ecclesiastica summorum pontificum et conciliorum generalium[Du pouvoir ecclésiastique des souverains pontifes et des conciles généraux], Vérone, Marco Moroni, 1768, chapitre 9, § 2, n° 8, pp. 117–119. Latin.
- Wernz, F. X., et Vidal, P. Ius canonicum[Droit canonique], tome 2, De personis [Des personnes], 3e édition révisée par Philippe Aguirre, Rome, Université grégorienne, 1943, n° 453, pp. 517–518. Latin.
- Conte a Coronata, Matthaeus. Institutiones iuris canonici ad usum utriusque cleri et scholarum[Institutions de droit canonique à l’usage des deux clergés et des écoles], vol. 1, Normae generales – De clericis – De religiosis – De laicis [Normes générales – Des clercs – Des religieux – Des laïcs], 3e édition augmentée et corrigée, Marietti, 1947, n° 316, 2°, c), p. 373. Latin.
- Denzinger, Enrique. El magisterio de la Iglesia. Manual de los símbolos, definiciones y declaraciones de la Iglesia en materia de fe y costumbres[Le magistère de l’Église. Manuel des symboles, définitions et déclarations de l’Église en matière de foi et de mœurs], version espagnole de Daniel Ruiz Bueno, Herder, 3e réimpression, 1963, d’après la 31e édition de l’Enchiridion symbolorum, 1958. Passages cités : n° 694, p. 201 ; n° 714, p. 210 ; n° 1690, p. 401 ; n° 1699, p. 404 ; n° 1703, p. 406 ; nos 1715–1716, p. 407 ; nos 1797–1800, pp. 418–419 ; n° 1818, p. 421.
- Concile Vatican 1. Dei Filius, constitution dogmatique du 24 avril 1870, chapitre 4 et canons sur la foi catholique, groupe 4, De la foi et de la raison, canon 3 ; Denzinger, El magisterio de la Iglesia, nos 1797–1800 et 1818, pp. 418–419 et 421. Texte latin.
- Concile Vatican 2. Gaudium et spes, constitution pastorale du 7 décembre 1965, n° 12, § 1. Version française.
- Concile Vatican 2. Dignitatis humanae, déclaration du 7 décembre 1965, n° 2. Version française.
- Concile Vatican 2. Nostra aetate, déclaration du 28 octobre 1965, n° 2. Version française.
- Concile Vatican 2. Lumen gentium, constitution dogmatique du 21 novembre 1964. Version française.
- Concile Vatican 2. Unitatis redintegratio, décret du 21 novembre 1964, n° 1. Version française.
- Pie IX. Syllabus, 8 décembre 1864, propositions 3, 15 et 16 ; Denzinger, El magisterio de la Iglesia, nos 1703, 1715 et 1716, pp. 406–407. Texte latin ; version espagnole de Daniel Ruiz Bueno.
- Pie IX. Quanta cura, lettre encyclique du 8 décembre 1864 ; Denzinger, El magisterio de la Iglesia, nos 1690 et 1699, pp. 401 et 404. Texte latin ; version espagnole de Daniel Ruiz Bueno.
- Grégoire XVI. Mirari vos, lettre encyclique du 15 août 1832. Version italienne consultée.
- Léon XIII. Libertas, lettre encyclique du 20 juin 1888. Version française.
- Pie XI. Mortalium animos, lettre encyclique du 6 janvier 1928, Acta Apostolicae Sedis, vol. 20, 1928, pp. 6–15, particulièrement p. 6. Texte latin.
- Pie XII. Ci riesce, allocution aux juristes italiens du 6 décembre 1953, Acta Apostolicae Sedis, vol. 45, 1953, p. 799. Texte italien.
- Eugène IV, concile de Florence. Cantate Domino, décret pour les Jacobites du 4 février 1442 ; Denzinger, El magisterio de la Iglesia, n° 714, p. 210. Version espagnole de Daniel Ruiz Bueno.
- Eugène IV, concile de Florence. Laetentur coeli, décret pour les Grecs du 6 juillet 1439 ; Denzinger, El magisterio de la Iglesia, n° 694, p. 201. Version espagnole de Daniel Ruiz Bueno.
- Ratzinger, Joseph. Principles of Catholic Theology: Building Stones for a Fundamental Theology[Principes de la théologie catholique : matériaux pour une théologie fondamentale], traduction anglaise de Sister Mary Frances McCarthy, S.N.D., San Francisco, Ignatius Press, 1987, deuxième impression 1989, pp. 378 et 381–382. Original allemand : Theologische Prinzipienlehre, Munich, Erich Wewel Verlag, 1982.
- Jean-Paul Ier. Angélus et message Urbi et orbi, deux interventions du 27 août 1978. Versions françaises.
- Jean-Paul II. Discours à la Curie romaine, 22 décembre 1986, n° 9. Texte italien.
- Benoît XVI. Angélus à Assise, 17 juin 2007. Version française.
- François et Ahmad Al-Tayyeb. Document sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune, Abou Dhabi, 4 février 2019. Version française.
- Léon XIV. Discours au Collège cardinalice, 10 mai 2025 ; adresse aux catholiques orientaux, 14 mai 2025 ; discours aux représentants d’autres Églises et Communautés ecclésiales et d’autres religions, 19 mai 2025. Versions françaises.
- Calvat, Mélanie. L’Apparition de la Très Sainte Vierge sur la sainte montagne de La Salette, le samedi 19 septembre 1846, Paris–Rome–Bruges, Société Saint-Augustin, 1922, pp. 10 et 12 ; imprimatur de 1879 reproduit p. 18. Français.
- Vaquié, Jean. Bénédictions et malédictions : prophéties de la révélation privée, 3e édition revue et augmentée, Bouère, Dominique Martin Morin, 1987, p. 143 : extrait de la lettre de Mélanie Calvat, Galatina, 30 septembre 1894. Français.
- Jean XXIII. Appel radiodiffusé pour la paix, 25 octobre 1962, Acta Apostolicae Sedis, vol. 54, 1962, pp. 861–862. Français.
- Paul VI. Messages à Lyndon B. Johnson et à Nguyen Van Thieu, respectivement les 30 et 31 décembre 1965, Acta Apostolicae Sedis, vol. 58, 1966, pp. 161–162. Message à Johnson en anglais ; message à Nguyen Van Thieu en français.
- Nations Unies. Agreement on Ending the War and Restoring Peace in Viet-Nam[Accord sur la cessation de la guerre et le rétablissement de la paix au Viet-Nam], Paris, 27 janvier 1973, Recueil des traités, vol. 935, 1974, n° 13295. Textes authentiques anglais et vietnamien.
