La juridiction des évêques
en temps de vacance prolongée du Siège apostolique
Introduction doctrinale
selon l’enseignement catholique traditionnel
Table des matières
- Les promesses divines d’indéfectibilité
- L’Église comme société parfaite et hiérarchique
- Le contexte de la vacance depuis 1964
- L’objet de la présente étude
Bibliographie
- Les promesses divines d’indéfectibilité
Notre-Seigneur Jésus-Christ a promis solennellement : « Et portae inferi non praevalebunt adversus eam. »
Traduction : « Et les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle. »
Évangile selon saint Matthieu, chapitre 16, verset 18.
Il a ajouté : « Ego vobiscum sum omnibus diebus usque ad consummationem saeculi. »
Traduction : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la consommation du siècle. »
Évangile selon saint Matthieu, chapitre 28, verset 20.
Ces paroles constituent une garantie absolue que l’Église restera visible, hiérarchique et fidèle jusqu’au retour glorieux du Christ. Saint Augustin enseigne à plusieurs reprises que l’Église subsistera jusqu’à la fin du monde, notamment dans La Cité de Dieu et dans ses commentaires sur les Psaumes.
- L’Église comme société parfaite et hiérarchique
L’Église catholique, instituée par Notre-Seigneur Jésus-Christ, est une société parfaite, hiérarchique et indéfectible, ordonnée au salut éternel des âmes. Toute société, selon la philosophie de saint Thomas d’Aquin, requiert une autorité pour la gouverner, sans quoi elle devient une masse informe. De Regno, livre I, chapitres 1 à 3.
Le cardinal Louis Billot écrit : « Ecclesia est societas divina et humana, a Christo Domino immediate instituta ad hominum salutem; atque, sicut omnis societas perfecta, indiget potestate regiminis. »
Traduction : « L’Église est une société divine et humaine, instituée immédiatement par le Seigneur pour le salut des hommes ; et, comme toute société parfaite, elle a besoin d’un pouvoir de gouvernement. »
Tractatus de Ecclesia Christi, tome I, question I, thèse I.
La juridiction ecclésiastique, d’origine divine, provient immédiatement du Christ. Saint Robert Bellarmin enseigne : « Papa jurisdictionem suam immediate a Christo accipit; nec a Concilio, nec a Cardinalibus, nec ab ullo homine. »
Traduction : « Le Pape reçoit sa juridiction immédiatement du Christ ; non d’un concile, ni des cardinaux, ni d’aucun homme. »
De Romano Pontifice, livre IV, chapitre 25.
- Le contexte de la vacance depuis 1964
Selon la démonstration présentée (Tome I) dans l’étude consacrée à la perte de l’autorité pontificale par hérésie publique, le Siège apostolique est vacant depuis 1964,
notamment depuis la publique hérésie manifeste de Paul VI en 1964.
Saint Robert Bellarmin enseigne : « Nam priusquam depositus fuerit, (haereticus manifestus) ipso facto caret omni iurisdictione. »
Traduction : « Déjà avant que l’hérétique manifeste soit déposé de son office, il est privé ipso facto de toute autorité. »
De Romano Pontifice, livre II, chapitre XXX, Opera Omnia, édition Neapoli, 1857, tome I, p. 418.
Conformément à la promesse du Christ, l’Église ne peut jamais être privée des moyens nécessaires au salut des âmes. La la suppléance de juridiction, ancrée dans le canon 209 du Code de Droit canonique de 1917, et le principe canonique de dévolution des pouvoirs en cas d’absence durable de l’autorité supérieure, garantissent que l’Église demeure une société hiérarchique et salvifique, ordonnée au salut des âmes.
- L’objet de la présente étude
La présente étude expose la doctrine catholique traditionnelle sur la juridiction des évêques catholiques fidèles à la Tradition en temps de vacance prolongée du Siège apostolique. Elle s’appuie exclusivement sur les sources magistérielles, conciliaires, canoniques et théologiques antérieures à 1962 : le Codex Iuris Canonici de 1917, le Concile de Trente, le Concile Vatican I, les traités des cardinaux Billot, Cajetan, Bellarmin, ainsi que les canonistes et moralistes classiques.
Elle traite de la persistance nécessaire du pouvoir de juridiction, de la suppléance, de la dévolution, du Concile Général Imparfait et de la nécessité de la soumission hiérarchique.
Liste des sources principales
Évangile selon saint Matthieu, chapitre 16, verset 18 et chapitre 28, verset 20 (texte latin de la Vulgate).
Saint Augustin, De Civitate Dei, livre XX
Saint Thomas d’Aquin, De Regno, livre I, chapitres 1 à 3.
Saint Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, livre II, chapitre XXX et livre IV, chapitre 25, Opera Omnia, édition Neapoli, 1857, tome I.
Cardinal Louis Billot, Tractatus de Ecclesia Christi, tome I, question I, thèse I.
Code de Droit canonique de 1917, canon 209.
Concile de Trente, session XXIII.
Concile Vatican I, Constitution dogmatique Pastor Aeternus.
Cajetan, De Comparatione Auctoritatis Papae et Concilii.
Wernz-Vidal, Ius Canonicum.
Coronata, Institutiones Iuris Canonici.
Franzelin, De Ecclesia Christi.
Journet, L’Église du Verbe incarné (si vous acceptez cette source).
Pie XII, Mystici Corporis.
Léon XIII, Satis Cognitum.
Vatican I, Dei Filius.