FSSPX est Inacceptable

Pourquoi la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X

et ses positions sont inacceptables

 

Table des matières

 

  1. Introduction  
  2. La doctrine catholique d’avant 1964 sur l’hérésie publique et la perte de l’office  
  3. La reconnaissance des occupants du Siège de Pierre par la FSSPX  
  4. La pratique de la prière una cum dans les messes de la FSSPX  
  5. L’incompatibilité avec la communion de l’Église  
  6. Les expériences vécues au sein de la FSSPX par un prêtre
  7. Conclusion  
  8. Liste des sources  

 

  1. Introduction

 

La position de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) est incompatible avec la doctrine catholique telle qu’elle était enseignée et pratiquée avant 1964. Pour un sedevacantiste qui tient que le Siège apostolique est vacant depuis la première hérésie publique de Paul VI dans la constitution Lumen Gentium, les principes de reconnaissance et de résistance de la FSSPX constituent une contradiction formelle avec la nature même de l’Église et de la primauté de Pierre.

 

  1. La doctrine catholique d’avant 1964 sur l’hérésie publique et la perte de l’office

 

Selon la doctrine catholique traditionnelle, un hérétique public cesse d’être membre de l’Église et perd ipso facto tout office ecclésiastique. Saint Robert Bellarmin l’enseigne clairement dans les Disputationes de Controversiis Christianae Fidei adversus huius temporis Haereticos, Liber II, Caput XXX : un pape hérétique manifeste n’est plus pape, de même qu’il n’est plus chrétien ni membre de l’Église, et peut donc être jugé et puni par l’Église.

 

Le Code de droit canonique de 1917, Canon 188 §4, confirme ce principe : tout office devient vacant de plein droit et sans déclaration lorsqu’un clerc a publiquement abandonné la foi catholique.

 

Cette doctrine s’applique pleinement à la situation ouverte par la constitution Lumen Gentium. Le pontificat est perdu avec la première hérésie publique de Paul VI. Toute reconnaissance ultérieure d’un occupant du Siège comme pape légitime est donc impossible.

 

  1. La reconnaissance des occupants du Siège de Pierre par la FSSPX

 

La FSSPX a toujours affirmé la légitimité des occupants du Siège depuis Paul VI. Dans sa Déclaration du 21 novembre 1974, Mgr Marcel Lefebvre écrit explicitement qu’il demeure fidèle « à l’Église catholique romaine et à tous les successeurs de Pierre ». Il parle du « Saint-Père » et du « Souverain Pontife » en désignant les occupants post-conciliaires.

 

Cette reconnaissance n’a jamais été abandonnée. La Fraternité continue de considérer les occupants actuels comme papes légitimes tout en prétendant résister à leurs enseignements et à leurs réformes. Cette attitude, appelée « reconnaître et résister », contredit directement la doctrine de la perte automatique de l’office pour hérésie publique.

 

  1. La pratique de la prière una cum dans les messes de la FSSPX

 

Dans le Canon de la messe traditionnelle, la formule « una cum famulo tuo Papa nostro N. » est une affirmation publique de communion avec le pontife romain. Les prêtres de la FSSPX insèrent systématiquement le nom de l’occupant contemporain dans cette formule.

 

Par cette prière una cum, ils nomment « pape » celui qui ne l’est pas. Ils attribuent publiquement le titre et la dignité de Souverain Pontife à un homme qui, selon la doctrine d’avant 1964, a perdu l’office par hérésie publique et n’est plus membre de l’Église.

 

Cette insertion n’est pas une simple formalité. Elle constitue une déclaration liturgique fausse et une communion avec un non-pape. Une telle prière est incompatible avec la profession de foi catholique.

 

  1. L’incompatibilité avec la communion de l’Église

 

L’Église d’avant 1964 enseigne que les hérétiques publics sont hors de l’Église. Communier avec eux dans le Canon de la messe et reconnaître leur autorité, même sous réserve de résistance, place le prêtre et les fidèles dans une situation de communion avec des non-membres de l’Église.

 

Cette position ne peut se justifier ni par la doctrine de Bellarmin, ni par le Canon 188 §4, ni par la tradition constante de l’Église. Elle introduit une contradiction interne : on affirme l’autorité d’un homme tout en refusant de lui obéir dans les matières les plus graves de la foi et de la discipline, et l’on donne le nom de pape à celui qui ne l’est pas.

 

  1. Les expériences vécues au sein de la FSSPX par un prêtre

 

“Mon passage de la FSSPX au sédévacantisme, souffrir pour la vérité – Raisons de mon entrée et de ma sortie de la FSSPX”,

par Eric Jacqmin, prêtre de l’Église catholique

 

 

Avant mon renvoi le 15 août 2015, j’ai passé vingt-six ans dans la FSSPX, ayant exercé plusieurs charges dans différents pays, et je me suis dépensé sans compter et avec l’intention sincère de servir Dieu, l’Église et les âmes. Je ne me rendais aucunement compte que j’étais dans l’erreur quant à la situation du Siège suprême, et que j’ignorais l’infidélité, et même une certaine perversité, de mes supérieurs.

 

J’avais bien sûr réfléchi, avant d’entrer dans cette congrégation, à quelle doctrine ou opinion était la vraie : le sédévacantisme ou la position « accepter les papes après 1964 et résister » de la FSSPX.

 

L’argument de Monseigneur Archevêque Marcel Lefebvre que je trouvais dans mes recherches était alors celui-ci : un hérétique formel se trouve hors de l’Église, mais pas un hérétique matériel. Pour être formel, l’hérétique doit avoir été admonesté deux fois par ses supérieurs et persévérer dans son erreur. Puisque les papes n’ont pas de supérieurs, ils ne peuvent pas être admonestés convenablement ; donc, même après avoir exprimé publiquement une hérésie, ils ne peuvent jamais devenir hérétiques formels. Par conséquent, ils ne peuvent jamais être considérés ni mis hors de l’Église. Et considérer un vrai pape comme antipape est schismatique, ce qui est à éviter comme l’enfer.

 

En 2015, ayant été nommé aumônier au Carmel de Quiévrain, j’avais plus de temps pour étudier. Je trouvai dans le Dictionnaire de Théologie Catholique des articles qui démontrent que, selon la Tradition de l’Église, en effet « le Siège suprême n’est jugé par personne », mais qu’il y a cette exception : « sauf si l’on constate qu’il a dévié de la foi ».

 

Je cherchai plus loin et trouvai que cette doctrine est commune dans l’Église. On ne m’en avait jamais parlé dans la FSSPX.

 

Je décidai de consulter l’Église enseignante, c’est-à-dire les évêques de la FSSPX. Il y en avait trois en 2015 :

 

6.1. Au début du mois de juillet, Mgr Tissier de Mallerais venait visiter le Carmel et prenait les repas avec moi. Je lui fis part de mes trouvailles. Il me répondit que j’avais raison, que Vatican II est hérétique, que Paul VI était hérétique et donc qu’il n’était pas pape jusqu’à sa mort (position sédévacantiste). Mais il m’assura qu’il n’en parlerait pas, ni les autres supérieurs, car sinon la FSSPX perdrait trop de fidèles et de prêtres qui ne voudraient pas suivre. Il m’avertit que je n’avais pas le droit d’en parler aux fidèles ni aux autres prêtres.

 

6.2. Je téléphonai ensuite à Mgr Bernard Fellay, le supérieur général de la FSSPX à l’époque, pour lui demander ce qui se passait. Il me dit personnellement, en juillet 2015, que j’étais autorisé à être sédévacantiste en privé et à célébrer la messe « non una cum », à condition que : je n’en parle à personne et surtout pas publiquement, et que je mentionne le nom de « François » dans la prière publique (comme pendant le Salut au Très Saint Sacrement ou dans les prières solennelles du Vendredi saint), avec la restriction mentale suivante : « François, pape (comme les gens le pensent) ».

 

Il me disait que les erreurs de Vatican II ne sont pas des hérésies et donc pas assez graves pour considérer un pape comme déchu. Mais il avouait que si un pape profère une hérésie publique, il perdrait sa papauté.

 

Quelque temps plus tard, Mgr Fellay signait une lettre d’accusation d’hérésies adressée au « pape ». La « Correction filiale » (septembre 2017), signée par 250 théologiens, prêtres et universitaires traditionalistes, accusait en effet le « pape » François d’avoir soutenu et propagé sept propositions hérétiques, notamment dans son exhortation apostolique Amoris Laetitia concernant la famille et les sacrements. Mgr Fellay était le signataire le plus en vue de cette démarche.

 

Mgr Fellay n’a jamais proclamé que François était donc hérétique et antipape. Comportement illogique de la part du supérieur général.

 

6.3. Mgr de Galarreta avait visité le Carmel quelques semaines plus tard, en ce même mois de juillet 2015, et il se plaignait que les pourparlers et discussions théologiques entre la FSSPX et Rome étaient bloqués sur le point suivant : les théologiens de la FSSPX avaient prouvé que Vatican II est contraire à la Tradition et donc hérétique, mais les théologiens de Rome répondaient : « Nous sommes le magistère vivant, donc nous décidons comment la Tradition doit être comprise, et nous déclarons que Vatican II est en accord avec la Tradition, et inversement. »

 

Je répondis à Mgr de Galarreta qu’il y avait une issue : à savoir que, si la partie saine de l’Église constate que Rome a dévié de la foi, nous pouvons déclarer que le pape est hors de l’Église. Mgr de Galarreta me demanda mes sources. Je les ai toutes imprimées et lui ai remises et Mgr de Galarreta m’a remercié plus tard en disant que c’était très intéressant.

 

Les sœurs du Carmel se rendaient compte après un certain temps que je ne disais plus les prières pour le « pape » au Salut du Très Saint Sacrement comme habituellement, mais que je les changeais en une autre formule. Elles me menaçaient de me mettre dehors. Elles ont consulté Mgr de Galarreta, mais il leur dit : « Laissez-le faire. »

 

6.4. Plus tard avant de me renvoyer pour ces “deux causes de sedevacantisme et de critique des supérieurs”, l’évêque Fellay m’avait également dit : « Vous avez besoin de la FSSPX plus que vous ne le pensez. » Oui, j’avais soixante-trois ans, sans épargne, sans famille aisée, avec seulement une poignée de fidèles prêts à me suivre. Je n’avais pas d’allocations de chômage ni de pension. Je n’avais que l’Évangile, qui dit : « Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données par surcroît. » J’ai donc fait confiance à Jésus plus qu’à cet évêque indigne et… je n’ai jamais manqué de rien. Apparemment, c’est quelque chose que Mgr Fellay n’avait pas prévu.

Saint Jean de la Croix, Docteur de l’Eglise et le plus grand auteur mystique de tous les temps,  avertissait avec gravité que lorsqu’on n’ose plus dire aux supérieurs ce qu’il convient de dire, par faiblesse, pusillanimité ou crainte de leur déplaire, il faut considérer l’Ordre comme gravement malade, voire le pleurer comme perdu.

Selon le témoignage du P. Élisée des Martyrs, il disait : « Si no osaren decir lo que conviene… tengan la Orden por perdida. » — « Si l’on n’ose pas dire ce qu’il convient de dire… qu’on tienne l’Ordre pour perdu. » Cette parole rappelle qu’une véritable vie religieuse exige non seulement l’obéissance, mais aussi la franchise respectueuse et le courage de la vérité et que les supérieurs doivent recevoir des remarques justes et prendre les mesures appropriées.

Source : témoignage de Fr. Eliseo de los Mártires, « Dictámenes » sur saint Jean de la Croix, traditionnellement cité comme Dictamen 13, espagnol.

 

6.5. La Mère Supérieure du Carmel de Quiévrain, pour lequel j’ai servi comme aumônier, m’a réprimandé et menacé à la mi-août 2015 : « Nous prions pour que vous mouriez avant de commettre un péché mortel en devenant sédévacantiste. » Elle a refusé d’écouter mes arguments et elle m’a même menacé que, pendant le sermon, elle ferait chanter le Credo très fortement à toutes les sœurs si j’osais dire quoi que ce soit aux fidèles, pour empêcher qu’il soit entendu. J’ai abandonné le sermon pour ne pas faire de guerre pendant la Messe, ce que je considérais comme un sacrilège. J’ai parlé avec les fidèles à part à l’occasion.

 

Elle a ajouté plus tard avant que je quitte : « Nous avions déjà prié pour un autre prêtre qui était sur le point de tomber dans le péché mortel, et il est mort. »

 

… Je suis toujours en vie à soixante-treize ans et en bonne santé. J’avais oublié de lui répondre : « Priez pour la même grâce pour vous-même. »

 

6.6. D’autres membres de la Fraternité en dessous de la mesure…

Mgr Lefebvre avouait à l’époque que 15 pour cent des fidèles traditionnels sont sédévacantistes. Et Mgr Fellay me disait que plusieurs prêtres dans la FSSPX ont accepté la « restriction mentale ». En effet, je connais un prêtre de la FSSPX qui célèbre secrètement la messe non una cum, mais qui n’a pas le courage de quitter la FSSPX. D’autres m’ont dit : « Nous pensons comme vous, mais nous ne le prenons pas autant au sérieux. » Je ne comprends pas comment les prêtres peuvent être si laxistes.

 

Je peux attester tout cela sous serment si nécessaire. Bien sûr, j’ai refusé d’agir ainsi, car ce serait un péché mortel de tromper les fidèles sur une question aussi importante, et ce serait mentir en face de Dieu Lui-même pendant la Sainte Liturgie. Accepter un antipape comme pape est schismatique. Ensuite il faudrait dire aux fidèles qu’une heure de jeûne suffit pour communier (selon Paul VI après son hérésie) au lieu des trois heures prescrites par Pie XII, ainsi que modifier le jeûne et l’abstinence aux jours prescrits. Tout cela est matière grave ; donc j’aurais plongé les fidèles et moi-même dans des péchés mortels en obéissant à mes supérieurs.

 

L’obéissance s’arrête au péché, d’autant plus au péchés mortels, bien sûr.

Ô mon Dieu, donnez-nous le courage de toujours chercher votre volonté et de plutôt mourir que de trahir votre vérité.

Notre Dame gardienne de la foi, sauvez-nous.

Fin du témoignage

 

  1. Conclusion

 

Les positions de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X sont inacceptables pour un sedevacantiste. Elles reposent sur la reconnaissance de papes qui ont perdu l’office par hérésie publique, et sur une prière liturgique qui nomme « pape » celui qui ne l’est pas.

 

Les expériences vécues au sein de cette société confirment que ses supérieurs savent la vérité sur la vacance du Siège, mais choisissent le silence et la restriction mentale pour conserver les fidèles et les prêtres.

 

La fidélité à la doctrine catholique d’avant 1964 exige de refuser cette reconnaissance et cette prière. Seule la constatation de la vacance du Siège apostolique depuis Lumen Gentium est cohérente avec les principes traditionnels de l’Église.

 

Ô mon Dieu, donnez-nous le courage de toujours chercher votre volonté et de plutôt mourir que de trahir votre vérité.

Notre Dame gardienne de la foi, sauvez-nous.

 

  1. Liste des sources

 

  1. Bellarmin, Robert. Disputationes de Controversiis Christianae Fidei adversus huius temporis Haereticos, Liber II, Caput XXX. Ingolstadt, 1586-1593, langue latine.

 

  1. Codex Iuris Canonici. Typis Polyglottis Vaticanis, Romae, 1917, langue latine, Canon 188 §4.

 

  1. Lefebvre, Marcel. Déclaration du 21 novembre 1974. Albano, 1974, langue française. Texte publié par la Maison Générale de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X.

 

  1. Constitutio dogmatica de Ecclesia Lumen Gentium. Acta Apostolicae Sedis 57 (1965), pages 5-67, langue latine.

 

  1. Dictionnaire de Théologie Catholique, articles sur le jugement du Siège apostolique et l’hérésie du pape.

 

  1. Témoignage personnel d’Éric Jacqmin, prêtre, sur son passage de la FSSPX au sédévacantisme (2015 et années suivantes).

 

  1. Témoignage de Fr. Eliseo de los Mártires, Dictámenes sur saint Jean de la Croix, traditionnellement cité comme Dictamen 13, langue espagnole.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*