Un pape hérétique est présumé être hérétique formel
Étude théologique et canonique
Table des matières
- La distinction traditionnelle entre hérésie matérielle et hérésie formelle
- L’ignorance invincible chez le simple fidèle
- Le docteur public de la foi : une situation objectivement différente
- La doctrine morale sur les espèces d’ignorance
- Bellarmin et l’hérétique manifeste
- Suárez et la responsabilité doctrinale des pasteurs
- Billot et l’hérésie notoire
- Paul IV et la signification de l’ipso facto
- Le for interne et le for externe
- La pertinacité et le péché public d’hérésie
- Distinction entre l’aspect moral et canonique
- 12. Conclusions doctrinales
- 13. Conclusion générale
- 14. Importante remarque sur Mgr Lefebvre
Sources
1. La distinction traditionnelle entre hérésie matérielle et hérésie formelle
La distinction enseignée par saint Thomas d’Aquin peut se résumer ainsi :
Ad haeresim duo requiruntur : primo quidem corruptio fidei ; secundo autem pertinacia.
Deux éléments sont requis pour l’hérésie : d’abord la corruption de la foi ; ensuite la pertinacité.
Thomas d’Aquin, Summa theologiae, II-II, q. 11, a. 1 et a. 2, ad 3 ; Opera omnia, édition léonine, t. VIII, Rome, Ex Typographia Polyglotta S. C. de Propaganda Fide, 1895, p. 97–99.
L’hérésie matérielle désigne l’adhésion objective à une proposition contraire à la foi sans faute subjective de pertinacité. L’hérésie formelle implique, outre l’erreur objective, le refus volontaire de se soumettre à l’autorité doctrinale de l’Église après connaissance suffisante de l’obligation de croire. Cette distinction est admise unanimement par la théologie scolastique.
2. L’ignorance invincible chez le simple fidèle
Le fidèle ordinaire ne reçoit aucune mission officielle d’enseigner. Les théologiens reconnaissent donc qu’il peut adhérer objectivement à une erreur hérétique par ignorance invincible. Dans ce cas, il peut demeurer intérieurement uni à l’âme de l’Église par la grâce sanctifiante, tout en étant extérieurement séparé du corps visible s’il professe publiquement l’erreur.
Mgr Gerardus Van Noort admet explicitement cette possibilité pour les hérétiques matériels publics. Dogmatic Theology, vol. II, Christ’s Church, 1959, n° 150g, p. 226–227, et n° 153, p. 241–242. Le cardinal Billot et le cardinal Charles Journet développent longuement la même doctrine en distinguant soigneusement l’ordre visible (corps) et l’ordre invisible (âme) de l’Église. Billot, Tractatus de Ecclesia Christi, t. I, 3e éd., 1909, thèse XI, p. 292–293 ; Journet, Le Traité de l’Église, transcription numérique, chapitres VI et VIII, p. 144–147 et 204–206 du PDF.
3. Le docteur public de la foi : une situation objectivement différente
L’évêque, le prêtre chargé d’enseigner et, à plus forte raison, le Pontife romain, ne sont pas de simples fidèles. Ils sont constitués docteurs publics. Le Code de 1917 rappelle :
Episcopi quoque, licet singuli vel etiam in Conciliis particularibus congregati infallibilitate docendi non polleant, fidelium tamen suis curis commissorum, sub auctoritate Romani Pontificis, veri doctores seu magistri sunt.
Les évêques aussi, bien que, pris individuellement ou même réunis en conciles particuliers, ils ne jouissent pas de l’infaillibilité dans l’enseignement, sont cependant, sous l’autorité du Pontife romain, les véritables docteurs ou maîtres des fidèles confiés à leurs soins.
Codex iuris canonici (1917), can. 1326, dans Acta Apostolicae Sedis, vol. IX, deuxième partie, Rome, Typis Polyglottis Vaticanis, 1917, p. 257.
Leur office comporte une obligation grave : connaître la doctrine catholique, la défendre, la transmettre fidèlement, réfuter les erreurs. L’ignorance concernant les vérités dont ils sont précisément les gardiens apparaît donc difficilement conciliable avec les devoirs propres à leur charge.
4. La doctrine morale sur les espèces d’ignorance
La théologie morale distingue l’ignorance invincible, l’ignorance vincible, l’ignorance affectée, l’ignorance crasse ou supine. La doctrine de saint Alphonse de Liguori peut se résumer ainsi :
Ignorantia affectata non excusat a peccato.
L’ignorance affectée n’excuse pas du péché.
Alphonse-Marie de Liguori, Theologia moralis, editio nova, éd. Leonardus Gaudé, t. I, Rome, Ex Typographia Vaticana, 1905, réimpression photomécanique de 1953, livre I, traité II, chapitre IV, doute I, nos 168–171, p. 146–148.
L’office de docteur impose précisément l’obligation grave d’acquérir la science nécessaire. Une ignorance alléguée dans ces conditions paraît dès lors difficilement invincible.
5. Bellarmin et l’hérétique manifeste
Saint Robert Bellarmin écrit :
Est ergo quinta opinio vera, papam haereticum manifestum per se desinere esse papam et caput, sicut per se desinit esse christianus et membrum corporis Ecclesiae; quare, ab Ecclesia posse eum judicari et puniri.
La cinquième opinion est donc vraie : un pape manifestement hérétique cesse par lui-même d’être pape et tête, de même qu’il cesse par lui-même d’être chrétien et membre du corps de l’Église ; c’est pourquoi l’Église peut le juger et le punir.
Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, livre II, chapitre XXX, dans les Disputationes, t. I, première édition napolitaine, Naples, Josephus Giuliano, p. 420.
Bellarmin ne traite pas directement de la psychologie de l’ignorance invincible chez les clercs. Cependant, son raisonnement suppose une hérésie extérieure suffisamment manifeste pour produire ses effets juridiques. Il ne requiert ni sentence dépositive constitutive ni enquête ultérieure sur la conscience interne de l’intéressé. L’hérésie manifeste suffit dans le for externe.
6. Suárez et la responsabilité doctrinale des pasteurs
Francisco Suárez insiste sur la responsabilité particulière des pasteurs et docteurs publics dans la conservation de la foi. L’autorité enseignante implique une connaissance adéquate des vérités révélées. Une profession publique d’erreur chez un docteur officiel constitue dès lors un indice particulièrement grave de pertinacité. De fide, disputatio XIII, sectio VI, nos 5–7, Opera omnia, t. XII, Paris, Louis Vivès, 1858, p. 380–381 ; Defensio fidei, Coimbra, 1613, livre III, chapitre VI, n° 15, p. 249–250, et chapitre XXIX, n° 11, p. 366.
7. Billot et l’hérésie notoire
Le cardinal Billot enseigne que l’hérésie extérieure et notoire sépare du corps visible de l’Église.
Louis Billot, Tractatus de Ecclesia Christi, t. I, 3e édition, Prato, Giachetti, Filii et Soc., 1909, question XIV, thèse XXIX, p. 609–621, spécialement p. 617 ; voir aussi question VII, thèse XI, p. 292–293.
L’appartenance visible suppose la profession externe de la foi catholique. Chez un docteur public, l’invocation d’une ignorance invincible apparaît moralement peu soutenable et tend à relever d’une ignorance affectée, crasse ou gravement négligente.
8. Paul IV et la signification de l’ipso facto
La bulle Cum ex Apostolatus Officio (15 février 1559) déclare :
si ullo unquam tempore apparuerit aliquem Episcopum […] seu etiam Romanum Pontificem ante eius promotionem, vel in Cardinalem, seu Romanum Pontificem assumptionem a fide Catholica deviasse, aut in aliquam haeresim incidisse, promotio, seu assumptio de eo […] facta, nulla, irrita, et inanis existat
s’il apparaît jamais qu’un évêque […] ou même le Pontife romain, avant sa promotion ou son élévation au cardinalat ou au pontificat romain, a dévié de la foi catholique ou est tombé dans quelque hérésie, que la promotion ou l’élévation de cet homme […] soit nulle, invalide et sans effet.
La bulle ajoute que ces effets surviennent eo ipso absque aliqua desuper facienda declaratione, par le fait même, sans qu’aucune déclaration soit à faire à ce sujet. Elle utilise à plusieurs reprises l’expression eo ipso, par le fait même. Paul IV ne développe pas une théorie explicite de l’hérésie matérielle et formelle. Cependant, sa législation présuppose qu’une déviation publique de la foi chez ceux qui occupent les plus hautes charges ecclésiastiques suffit à entraîner immédiatement les effets juridiques prévus. Aucune enquête psychologique sur une éventuelle ignorance invincible n’est envisagée.
9. Le for interne et le for externe
Une distinction essentielle doit être maintenue. Dans le for interne, Dieu seul connaît avec certitude la culpabilité subjective. Une ignorance invincible absolument exceptionnelle demeure concevable en théorie. Dans le for externe, l’Église juge selon les faits publics. La profession persistante, publique et notoire d’une hérésie par un docteur officiel constitue normalement une preuve morale suffisante de formalisme hérétique pour les effets juridiques externes. Un hérétique seulement dans le for interne commet bien le péché d’hérésie mais ne perd pas la papauté. Seule l’hérésie publique entraîne la perte de l’office.
10. La pertinacité et le péché public d’hérésie
Il convient ici d’intégrer une précision canonique importante concernant la pertinacité. Certains auteurs ont soulevé l’objection suivante : Personne ne peut devenir un vrai hérétique à moins que l’autorité de l’Église ne l’avertisse ou ne l’admoneste d’abord qu’il rejette un dogme. Ce n’est qu’après cela qu’il a la pertinacité requise pour l’hérésie. Personne n’a adressé d’avertissements aux papes post-conciliaires concernant leurs erreurs, donc ils ne sont pas pertinaces. Ainsi, ils ne peuvent pas être de vrais hérétiques.
11. Distinction entre l’aspect moral et canonique
Cet argument confond une distinction que les canonistes font entre deux aspects de l’hérésie : moral, l’hérésie en tant que péché contre la loi divine, et canonique, l’hérésie en tant que délit contre la loi canonique. La distinction moral/canonique est facile à saisir en l’appliquant à l’avortement. Il y a deux aspects sous lesquels nous pouvons considérer l’avortement : moral, péché contre le cinquième commandement qui entraîne la perte de la grâce sanctifiante, et canonique, délit contre le canon 2350 § 1 du Code de Droit Canonique qui entraîne l’excommunication automatique.
Dans le cas de l’hérésie, les avertissements n’interviennent que pour le délit canonique d’hérésie. Ils ne sont pas requis comme condition pour commettre le péché d’hérésie contre la loi divine. Le canoniste Michel établit pour nous la distinction claire : « Il faut observer, avec Cajetan, In IIam IIae, q. XI, a. 2, et Suarez, loc. cit., n. 8, que cette pertinacité n’inclut pas nécessairement une longue obstination de la part de l’hérétique et des monitions de la part de l’Église. Autre est la condition du péché d’hérésie, autre est celle du délit, punissable par les lois canoniques ». A. Michel, « Hérésie. Hérétique », Dictionnaire de théologie catholique, t. VI, deuxième partie, Paris, Letouzey et Ané, col. 2222.
C’est le péché public d’hérésie d’un pape, en ce sens, qui le dépouille de l’autorité du Christ. Le canoniste Coronata écrit : « Si cependant le cas se produit, il [le Pontife romain] déchoit de sa charge par le droit divin, sans aucune sentence, même déclaratoire. » Institutiones iuris canonici, vol. I, Turin, Marietti, 1928, n° 316, IV, 2°, c), p. 367.
12. Conclusions doctrinales
Première conclusion. Il n’est pas démontré avec certitude absolue qu’un clerc ne puisse jamais, en aucun cas imaginable, être hérétique purement matériel.
Deuxième conclusion. La théologie classique établit une présomption morale extrêmement forte selon laquelle les docteurs publics ne bénéficient pas, dans le for externe, de la présomption d’ignorance invincible reconnue aux simples fidèles.
Troisième conclusion. La profession publique, persistante et notoire d’une erreur contraire à un dogme constitue normalement, chez un docteur public, une preuve morale suffisante de formalisme hérétique.
Quatrième conclusion. Cette présomption éclaire l’usage des expressions eo ipso et absque aliqua desuper facienda declaratione dans Cum ex Apostolatus Officio et fournit l’un des fondements doctrinaux des thèses classiques relatives à la perte d’office par hérésie manifeste.
13. Conclusion générale
La tradition théologique et canonique antérieure à 1962 ne permet pas d’affirmer comme une certitude absolue l’impossibilité d’une hérésie purement matérielle chez un clerc. Elle enseigne néanmoins avec une grande force qu’un docteur public de la foi, en raison des obligations attachées à son office, ne peut être assimilé au simple fidèle quant à la présomption d’ignorance invincible. Dans l’ordre externe, la profession publique et persistante d’une hérésie est tenue pour un signe moralement suffisant de formalisme hérétique, justifiant les conséquences juridiques prévues par la tradition canonique. Ainsi se trouve conciliée la distinction scolastique entre hérésie matérielle et formelle avec les affirmations de Paul IV, de Bellarmin et des grands théologiens de l’époque post-tridentine.
Cette présomption revêt une actualité particulière dans la crise actuelle de l’Église, où la vacance du Siège apostolique depuis la publique hérésie de Paul VI en 1964 impose aux fidèles de reconnaître les faits manifestes selon le for externe, sans prétendre sonder les consciences internes que Dieu seul juge avec certitude.
14. Importante remarque sur Mgr Lefebvre
Cette étude contraste avec la position de Mgr Lefebvre, qui affirmait dans les années 1980 qu’un pape pouvait certes être hérétique, mais non formellement ; seulement matériellement. Selon lui, un pape hérétique demeurait donc membre de l’Église, puisque seule l’hérésie formelle exclut quelqu’un de l’Église.
Or, la Tradition ecclésiastique enseigne le contraire. Mgr Lefebvre a d’ailleurs reconnu en privé que Paul VI se trouvait hors de l’Église, ce qui implique qu’il le considérait comme hérétique formel.
Liste des sources principales
– Thomas d’Aquin, Opera omnia iussu impensaque Leonis XIII P. M. edita, t. VIII, Secunda secundae Summae theologiae a quaestione I ad quaestionem LVI, Rome, Ex Typographia Polyglotta S. C. de Propaganda Fide, 1895, q. 11, a. 1, p. 97–98, et a. 2, ad 3, p. 99. Texte original latin.
– Codex iuris canonici Pii X Pontificis Maximi iussu digestus, Benedicti Papae XV auctoritate promulgatus, dans Acta Apostolicae Sedis, vol. IX, deuxième partie, Rome, Typis Polyglottis Vaticanis, 1917. Can. 1326, p. 257 ; can. 2200 § 2, p. 413 ; can. 2314 § 1, p. 438 ; can. 2350 § 1, p. 445. Texte original latin.
– Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, livre II, chapitre XXX, dans Disputationum Roberti Bellarmini […] de controversiis christianae fidei adversus hujus temporis haereticos, t. I, editio prima neapolitana juxta Venetam anni MDCCXXI, Naples, Josephus Giuliano, p. 418–420. Texte original latin.
– Alphonse-Marie de Liguori, Theologia moralis, editio nova, éd. Leonardus Gaudé, t. I, Rome, Ex Typographia Vaticana, 1905, réimpression photomécanique de 1953, livre I, traité II, chapitre IV, doute I, nos 168–171, p. 146–148. Texte original latin.
– Louis Billot, Tractatus de Ecclesia Christi sive continuatio theologiae de Verbo incarnato, t. I, De credibilitate Ecclesiae et de intima ejus constitutione, 3e édition, Prato, Ex Officina Libraria Giachetti, Filii et Soc., 1909, question VII, thèse XI, p. 292–293 ; question XIV, thèse XXIX, p. 609–621, spécialement p. 617. Texte original latin.
– Paul IV, constitution Cum ex apostolatus officio, 15 février 1559, dans Pietro Gasparri, éd., Codicis Iuris Canonici Fontes, vol. I, Concilia generalia — Romani Pontifices usque ad annum 1745, nos 1–364, Rome, Typis Polyglottis Vaticanis, 1926, document n° 94, p. 163–166, spécialement § 6, p. 166. Texte original latin.
– Francisco Suárez, Opera omnia, éd. Charles Berton, t. XII, Paris, Louis Vivès, 1858, De fide, disputatio XIII, sectio VI, nos 5–7, p. 380–381 ; disputatio XIX, sectio III, nos 17–19, p. 476. Francisco Suárez, Defensio fidei catholicae et apostolicae adversus Anglicanae sectae errores, cum responsione ad Apologiam pro iuramento fidelitatis et Praefationem monitoriam Serenissimi Iacobi Angliae Regis, Coimbra, apud Didacum Gomez de Loureyro Academiae Typographum, 1613, livre III, chapitre VI, n° 15, p. 249–250 ; chapitre XVIII, n° 12, p. 312–313 ; chapitre XXIX, n° 11, p. 366. Textes originaux latins.
– Gerardus Van Noort, Dogmatic Theology, vol. II, Christ’s Church, traduction et révision de John J. Castelot et William R. Murphy, Westminster, Maryland, The Newman Press, deuxième impression, juillet 1959, n° 150g, p. 226–227 ; n° 153, p. 241–242 ; n° 156, p. 245–246. Texte anglais traduit et révisé à partir du latin.
– Charles Journet, Le Traité de l’Église, transcription numérique, chapitre VI, I, 1, p. 144–147 du PDF ; chapitre VIII, II, 1, p. 204–206 ; chapitre IX, p. 265 et 275–276. Texte français.
– A. Michel, « Hérésie. Hérétique », Dictionnaire de théologie catholique contenant l’exposé des doctrines de la théologie catholique, leurs preuves et leur histoire, t. VI, deuxième partie, Paris, Librairie Letouzey et Ané, col. 2222–2223 ; signature col. 2257. Texte original français.
– Matthaeus Conte a Coronata, Institutiones iuris canonici ad usum utriusque cleri et scholarum, vol. I, Normae generales — De Clericis — De Religiosis — De Laicis, Turin, Marietti, 1928, livre II, première partie, section II, titre VII, chapitre I, n° 316, IV, 2°, c), p. 367. Texte original latin.
– Autres auteurs classiques : Cajetan, Jean de Saint-Thomas, Wernz-Vidal (selon leurs traités respectifs cités dans la tradition).
– Marcel Lefebvre, « Après les ralliements sonnera l’heure de vérité », Fideliter, n° 68, mars-avril 1989, d’après la republication de La Porte Latine du 16 juillet 2021, intertitre « Le Bon Dieu peut convertir le Pape ». https://laportelatine.org/formation/crise-eglise/rapports-rome-fsspx/apres-les-ralliements-sonnera-lheure-de-verite Texte original français.