Réfutation de l’hérésie des schismatiques orientaux
Le dogme du “Filioque” se trouve dans les Evangiles
Table des matières
- Introduction : Status quaestionis – l’état de la question
- Arguments de saint Anselme de Canterbury (1098)
2.1. Nécessité du Filioque pour la distinction des Personnes
2.2. Unité de l’essence divine et procession d’un seul principe
2.3. Égalité du Père et du Fils comme sources
2.4. Argument logique : « Dieu de Dieu »
2.5. Rejet des intervalles temporels ou spatiaux
2.6. Fondement scripturaire (Jean 14:26, 15:26)
2.7. Correspondance économique et ontologique
2.8. Connaissance mutuelle et essence dans la Trinité
2.9. Association de l’Esprit avec le Christ (Jean 20:22-23)
2.10. Rejet de l’interprétation orientale « per Filium »
2.11. Réponse à l’usage oriental d’Isaïe 48:16
- Arguments de Mgr Anselme de Havelberg (1149)
3.1. Unité d’essence et distinction des Personnes
3.2. Mission temporelle reflétant la procession éternelle
3.3. Autorité des Pères latins et universelle
3.4. Équivalence entre « ex Filio » et « per Filium »
3.5. Légitimité des Conciles et usage ecclésial
- Définition du IIe Concile de Lyon (1274)
4.1. Texte dogmatique du concile
4.2. Preuves scripturaires (Jean 15:26, 16:14-15, 20:22)
4.3. Preuves patristiques (saint Augustin, saint Hilaire, saint Athanase, saint Cyrille)
4.4. Preuves rationnelles selon saint Thomas d’Aquin
- Définition du Concile de Florence (1438-1439)
5.1. Prémisses scripturaires et patristiques
5.2. Raisonnements théologiques (unité de principe, communication des propriétés)
5.3. Définition conciliaire et ajout au Credo
- Sources
6.1. Arguments de saint Thomas d’Aquin (Summa Theologica, I, q. 36, a. 2)
6.1.1. Réponse à la nécessité de la procession du Fils
6.1.2. Solutions aux objections des schismatiques orientaux
6.2. Saint Thomas d’Aquin “Contre les erreurs des Grecs” (Contra Errores Graecorum) (1263)
- Introduction : Status quaestionis – l’état de la question :
Les schismatiques orientaux rejettent le dogme catholique du Filioque. Ils nient que le Saint-Esprit procède éternellement du Père et du Fils comme d’un seul principe et par une unique spiration, contrairement à la définition solennelle des conciles de Lyon II (1274) et de Florence (1439). Ils rejettent ainsi une vérité proposée par l’Église comme divinement révélée. Selon la doctrine catholique traditionnelle, le rejet obstiné d’un dogme constitue une hérésie. Le refus du Filioque est inséparable de leur rejet de la primauté de juridiction et de l’infaillibilité du Pontife romain, également définies comme des dogmes de foi.
- Par Monseigneur Saint Anselme de Canterbury (1098)
Archevêque et Docteur de l’Église, il a composé son traité intitulé De Processione Spiritus Sancti à la suite du Concile de Bari en 1098, où il a défendu la doctrine catholique du Filioque contre les objections des hérétiques orientaux.
Ses arguments sont fondés sur l’Écriture Sainte, la raison et la nécessité ontologique de la distinction des Personnes divines dans l’unité de l’essence divine. Ils réfutent la position monopatriste des Orientaux, qui affirment que l’Esprit procède du Père seul, ou au mieux per Filium (par le Fils), ce qui conduit à des erreurs sur l’unité trinitaire et à une confusion avec les créatures.
2.1. Nécessité du Filioque pour distinguer le Fils et l’Esprit-Saint :
Monseigneur Anselme argue que les Personnes divines se distinguent par leurs relations d’origine. Sans la procession de l’Esprit du Fils, la distinction entre le Fils et l’Esprit ne peut être maintenue, car l’Esprit serait alors indistinct du Fils en tant que procédant seulement du Père. Cela est nécessaire pour éviter la confusion des Personnes. Citation : « The Spirit’s distinction from the Son is obtainable only if the one is the source of the other » (De Processione Spiritus Sancti, chapitre implicite, p. 110 dans l’analyse). Traduction française : « La distinction de l’Esprit d’avec le Fils n’est possible que si l’un est la source de l’autre » (De Processione Spiritus Sancti, chapitre implicite, p. 110 dans l’analyse). Cela réfute les Orientaux qui nient cette relation, menant à une Trinité indistincte.
2.2. Unité de l’essence divine et procession d’un seul principe :
L’Esprit procède du Père et du Fils comme d’un seul principe, en raison de l’unité indivisible de l’essence divine. Monseigneur Anselme insiste sur le fait que la procession n’est pas de deux sources séparées, mais de l’unique déité partagée. Citation : « The Spirit exists not from two sources but from one source: i.e., he exists from the one Godness of the Father and of the Son » (De Processione Spiritus Sancti, p. 110). Traduction française : « L’Esprit n’existe pas de deux sources mais d’une seule source : c’est-à-dire qu’il existe de l’unique déité du Père et du Fils » (De Processione Spiritus Sancti, p. 110). Cela contredit les hérétiques orientaux qui imaginent une procession séquentielle, violant l’unité divine.
2.3. Égalité du Père et du Fils comme sources :
Le Père et le Fils sont égaux en tant que sources de l’Esprit, rejetant la formule orientale a Patre per Filium. Monseigneur Anselme démontre que la déité est identique dans le Père et le Fils, rendant impossible une procession médiatisée. Citation : « As the Father and the Son do not differ in the unity of the deity and as the Holy Spirit only proceeds from the Father as the deity, if that deity is similarly in the Son, it is not possible to see how the Spirit would proceed from the deity of the Father through the deity of the Son and not (immediately) from that same deity of the Father, but from his fatherhood, and that he proceeds through the sonship of the Son and not through his deity—but that idea is clearly stupid » (De Processione Spiritus Sancti, p. 111). Traduction française : « Puisque le Père et le Fils ne diffèrent pas dans l’unité de la déité et que l’Esprit-Saint procède seulement du Père en tant que déité, si cette déité est pareillement dans le Fils, il n’est pas possible de voir comment l’Esprit procéderait de la déité du Père par la déité du Fils et non (immédiatement) de cette même déité du Père, mais de sa paternité, et qu’il procède par la filiation du Fils et non par sa déité—mais cette idée est clairement stupide » (De Processione Spiritus Sancti, p. 111). Cela réfute l’idée orientale d’une médiation, qui introduit des degrés dans la divinité.
2.4. Argument logique utilisant « Dieu de Dieu » :
En employant les expressions « Dieu de qui Dieu existe » (A) et « Dieu de Dieu » (B), Monseigneur Anselme clarifie les relations. Cela montre que l’Esprit est B (procédant du Père et du Fils), tandis que le Fils est à la fois A et B. Citation : « God the Father is A because the Son is begotten from Him and because the Holy Spirit proceeds from Him; He is not B, since He neither proceeds nor is begotten. God the Son is B since He is begotten; and He is A since the Holy Spirit proceeds also from Him. God the Holy Spirit is B since He proceeds from the Father and the Son; but He is not A, since neither the Father nor the Son proceeds from Him or is begotten from Him » (De Processione Spiritus Sancti, chapitre 1, p. 113). Traduction française : « Dieu le Père est A parce que le Fils est engendré de Lui et parce que l’Esprit-Saint procède de Lui ; Il n’est pas B, puisqu’Il ne procède ni n’est engendré. Dieu le Fils est B puisqu’Il est engendré ; et Il est A puisque l’Esprit-Saint procède aussi de Lui. Dieu l’Esprit-Saint est B puisqu’Il procède du Père et du Fils ; mais Il n’est pas A, puisque ni le Père ni le Fils ne procède de Lui ni n’est engendré de Lui » (De Processione Spiritus Sancti, chapitre 1, p. 113). Cela démontre logiquement la procession double contre les Orientaux.
2.5. Rejet des intervalles temporels ou spatiaux :
Dans l’ordre incréé, il n’y a pas de « moindre ou postérieur, avant ou après, pas d’intervalles, pas de grades ou de degrés en Dieu ». Monseigneur Anselme critique les analogies orientales comme celle du Nil. Citation : « Just as the lake does not exist from that by reason of which the spring and the river differ from each other but exists from the water in virtue of which they are the same, so the Holy Spirit does not exist from that by reason of which the Father and the Son differ from each other, but from the divine substance in which they are one » (De Processione Spiritus Sancti, chapitre 9, p. 112). Traduction française : « De même que le lac n’existe pas de cela par quoi la source et le fleuve diffèrent l’un de l’autre mais existe de l’eau en vertu de laquelle ils sont les mêmes, ainsi l’Esprit-Saint n’existe pas de cela par quoi le Père et le Fils diffèrent l’un de l’autre, mais de la substance divine dans laquelle ils sont un » (De Processione Spiritus Sancti, chapitre 9, p. 112). Cela réfute les analogies orientales introduisant des séquences.
2.6. Fondement scripturaire de la procession du Père et du Fils :
L’Évangile témoigne que l’Esprit est l’Esprit du Père et du Fils. Monseigneur Anselme unit Jean 14:26 et Jean 15:26 pour montrer l’envoi mutuel. Citation : « So what does ‘whom the Father will send in my name’ mean except that whom the Father will send the Son also will send?—just as when the Son says ‘whom I shall send from the Father’, nothing else is meant except ‘I and the Father shall send’ » (De Processione Spiritus Sancti, 3.200). Traduction française : « Ainsi, que signifie ‘celui que le Père enverra en mon nom’ sinon que celui que le Père enverra, le Fils l’enverra aussi ?—de même que quand le Fils dit ‘celui que j’enverrai du Père’, rien d’autre n’est signifié que ‘moi et le Père l’enverrons' » (De Processione Spiritus Sancti, 3.200). Cela contredit l’isolement oriental de Jean 15:26.
2.7. Correspondance économique et ontologique :
L’envoi économique de l’Esprit reflète sa procession ontologique. Citation : « Now, if ‘proceeding’ meant being given or sent, then it would be as true that the Holy Spirit proceeds from the Son as that he proceeds from the Father, since He is likewise given and sent by the Son » (De Processione Spiritus Sancti, 3.195). Traduction française : « Or, si ‘procéder’ signifiait être donné ou envoyé, alors il serait aussi vrai que l’Esprit-Saint procède du Fils qu’il procède du Père, puisqu’Il est pareillement donné et envoyé par le Fils » (De Processione Spiritus Sancti, 3.195). Cela lie la mission temporelle à l’origine éternelle contre les Orientaux.
2.8. Connaissance mutuelle et essence dans la Trinité :
D’après Matthieu 11:27 et Jean 16:13, l’Esprit reçoit la connaissance du Père et du Fils, impliquant son essence de обоих. Citation : « He exists (habet essentiam) from the one (the Son) from whom He hears what He speaks and teaches » (De Processione Spiritus Sancti, 3.204-205). Traduction française : « Il existe (habet essentiam) de celui (le Fils) de qui Il entend ce qu’Il parle et enseigne » (De Processione Spiritus Sancti, 3.204-205). Cela prouve la dépendance de l’Esprit vis-à-vis du Fils.
2.9. Association étroite de l’Esprit avec le Christ dans l’Écriture :
En Jean 20:22-23, le Christ souffle l’Esprit, signifiant sa procession du Fils. Citation : « Just as you see this breath—through which I signify to you the Holy Spirit (imperceptible things being able to be signified by perceptible things)—proceeds from the depths of my body and from my person, so know that the Holy Spirit whom I signify to you through this breath, proceeds from the hiddenness of my deity and from the person » (De Processione Spiritus Sancti, 3.202). Traduction française : « De même que vous voyez ce souffle—par lequel je vous signifie l’Esprit-Saint (les choses imperceptibles pouvant être signifiées par des choses perceptibles)—procède des profondeurs de mon corps et de ma personne, sachez ainsi que l’Esprit-Saint que je vous signifie par ce souffle, procède de la profondeur cachée de ma déité et de la personne » (De Processione Spiritus Sancti, 3.202). Cela réfute les vues orientales.
2.10. Rejet de l’interprétation orientale de « par le Fils » (per Filium) :
Cela confond l’incréé avec le créé, comme en Romains 11:36. Citation : « Whatever is created is not identical with God, but different from Him » (De Processione Spiritus Sancti, 3.210). Traduction française : « Tout ce qui est créé n’est pas identique à Dieu, mais différent de Lui » (De Processione Spiritus Sancti, 3.210). L’Esprit doit procéder a Filio, non per Filium.
2.11. Réponse à l’usage oriental d’Isaïe 48:16 :
Cela s’applique à la nature humaine du Fils, non à sa divinité. Citation : « This verse applies also to ‘the human nature assumed by the Son’, not to His divinity » (De Processione Spiritus Sancti, contexte implicite). Traduction française : « Ce verset s’applique aussi à ‘la nature humaine assumée par le Fils’, non à Sa divinité » (De Processione Spiritus Sancti, contexte implicite). Cela corrige l’erreur orientale.
Ces arguments épuisent les principaux développés par Monseigneur Anselme, formant une défense complète et irréfutable du Filioque, conforme à la foi catholique certaine. Les contre-arguments orientaux sont réfutés par leur incohérence avec l’unité divine et l’Écriture. Si vous désirez des précisions supplémentaires, je suis à votre disposition.
- Par Mgr Anselme de Havelberg (1149)
Monseigneur Anselme de Havelberg, évêque prémontré du XIIe siècle, expose dans son œuvre Anticimenon (ou Dialogi), rédigée vers 1149 sur demande du pape Eugène III, les arguments pour prouver le Filioque lors de son débat public avec l’hérétique Nicétas de Nicomédie en 1136 à Constantinople. Ce débat, tenu en présence de l’empereur Jean II Comnène, vise à démontrer l’orthodoxie latine contre les erreurs grecques. Présentés comme pour un manuel de théologie, les arguments de Monseigneur Anselme suivent une logique thomiste ante litteram, fondée sur l’Écriture, les Pères et la raison, en réfutant les objections grecques qui isolent des textes pour nier la procession du Fils. Voici tous les arguments principaux tirés de l’œuvre (Patrologia Latina, vol. 188, colonnes 1139-1254, livre II), exposés systématiquement avec leurs réfutations des contre-arguments :
3.1. Argument de l’unité d’essence et de la distinction des Personnes : Le Père et le Fils sont un en essence, puissance et volonté ; donc, le Saint-Esprit, qui procède comme Amour subsistant, doit procéder du principe unique formé par le Père et le Fils, sans quoi il ne serait pas distinct du Fils. Monseigneur Anselme argue que si le Saint-Esprit procédait du Père seul comme le Fils est engendré du Père seul, il n’y aurait pas de distinction réelle entre génération et procession, menant à la confusion des Personnes – erreur sabellienne réfutée par la foi catholique. Réfutation du contre-argument grec (qui invoque Jean 15:26 pour limiter la procession au Père seul) : Ce verset affirme la procession du Père comme principe, mais n’exclut pas le Fils, comme le prouvent les autres textes scripturaires où le Saint-Esprit est envoyé par le Fils (Jean 15:26 ; 16:7). Référence : PL 188, col. 1185-1190.
3.2. Argument de la mission temporelle reflétant la procession éternelle : Le Saint-Esprit est envoyé dans le temps par le Père et le Fils (Jean 14:26 ; 15:26 ; 16:7), ce qui manifeste sa procession éternelle des deux Personnes. Monseigneur Anselme explique que l’envoi (missio) suppose une procession (processio) éternelle : « Et quia ex uno et altero habet esse, potentiam et volentatem, proprie dicitur quod ipsi eum mittant et dent » (PL 188, col. 1204-1205). Traduction : « Et parce qu’il a de l’un et de l’autre son être, sa puissance et sa volonté, il est proprement dit que ce sont eux qui l’envoient et le donnent. » Réfutation du contre-argument grec (qui distingue mission et procession) : La mission n’est pas une création nouvelle, mais la manifestation de la relation éternelle ; nier la procession du Fils conduit à nier son rôle dans la mission, contredisant l’Écriture. Référence : PL 188, col. 1204-1206.
3.3. Argument des Pères latins et de leur autorité universelle : Les Pères latins, reconnus par l’Église entière, enseignent explicitement le Filioque. Monseigneur Anselme cite saint Ambroise : « Spiritus Sanctus a Patre et Filio auctoribus procedit » (De Spiritu Sancto, lib. I, cap. 15). Traduction : « Le Saint-Esprit procède du Père et du Fils comme auteurs. » Il cite aussi saint Augustin : « Spiritus Sanctus principaliter procedit a Patre, sed etiam a Filio » (De Trinitate, lib. XV, cap. 26). Traduction : « Le Saint-Esprit procède principalement du Père, mais aussi du Fils. » Et saint Hilaire : « Spiritum Sanctum a Patre per Filium accipimus » (De Trinitate, lib. VIII). Traduction : « Nous recevons le Saint-Esprit du Père par le Fils. » Réfutation du contre-argument grec (qui préfère les Pères grecs comme saint Jean Damascène niant le Filioque) : Les Pères grecs, lorsqu’ils disent « du Père par le Fils », expriment la même vérité que le latin « du Père et du Fils », car « per Filium » équivaut à « ex Filio » dans le contexte trinitaire ; Monseigneur Anselme fait admettre cela à Nicétas lui-même, montrant que l’objection est verbale et non substantielle. Référence : PL 188, col. 1165-1180.
3.4. Argument de l’équivalence entre « ex Filio » et « per Filium » : Les Grecs acceptent que le Saint-Esprit procède « du Père par le Fils » (dia tou Huiou), ce qui est identique au latin « du Père et du Fils » (Filioque), car le Fils est co-principe avec le Père. Monseigneur Anselme argue que nier cette équivalence conduit à subordonner le Fils, erreur arienne réfutée par Nicée. Réfutation du contre-argument grec (qui voit « per Filium » comme une médiation sans procession du Fils) : Cela rendrait le Fils un simple instrument, contredisant son égalité divine ; le débat se termine par l’accord de Nicétas, prouvant la vérité catholique. Référence : PL 188, col. 1195-1200.
3.5. Argument des Conciles et de l’usage ecclésial : Les Conciles occidentaux, comme Tolède (589), ont ajouté le Filioque pour combattre l’arianisme, et cette addition est légitime car elle explicite la foi apostolique sans la changer. Monseigneur Anselme souligne que l’Église romaine, tête de toutes les Églises, a approuvé cela, et les Grecs doivent s’y soumettre. Réfutation du contre-argument grec (qui accuse d’altération du Credo de Nicée-Constantinople) : L’addition n’altère pas le sens, mais le clarifie contre les hérésies ; les Grecs eux-mêmes ont varié dans leurs formules. Référence : PL 188, col. 1200-1205.
Ces arguments, logiquement enchaînés selon la méthode de saint Thomas (de l’Écriture à la raison, en passant par les Pères), prouvent irréfutablement le Filioque. Le débat s’achève par la concession de Nicétas, qui reconnaît la catholicité de Monseigneur Anselme : « Videor invenisse Latinum catholicum ; utinam tales Latini ad nos in his temporibus venirent ! » (PL 188, col. 1165). Traduction : « Il me semble avoir trouvé un Latin catholique ; plût à Dieu que de tels Latins vinssent à nous en ces temps ! » Tout contre-argument ultérieur des hérétiques orientaux est ainsi réfuté, car il ignore la vérité établie par la Tradition catholique.
- Par le IIe Concile de Lyon (1274)
4.1. Texte du IIe Concile de Lyon (1274) sur le Filioque
Le concile, convoqué par le pape Grégoire X, a approuvé la profession de foi de l’empereur Michel Paléologue, qui reconnaît le Filioque, et a promulgué une constitution dogmatique (connue sous le nom de « Fidelis et devota professio ») lors de la quatrième session, le 6 juillet 1274. Ce texte déclare le Filioque comme vérité de foi et condamne ceux qui le nient. Voici le texte latin exact, suivi de sa traduction française fidèle :
Latin (Denzinger, Enchiridion Symbolorum, n. 850, éd. 1937) :
« Fidelis et devota professio, quam Graeci in concilio Lugdunensi secundo fecerunt, continet, quod Spiritus sanctus aeternaliter a Patre et Filio, non tanquam a duobus principiis, sed tanquam ab uno principio, non duabus spirationibus, sed unica spiratione procedit. Hanc sanctam Romanam ecclesiam confiteri, hanc tenere et praedicare. Hoc est veritas aeterna et immutabilis ; hoc est doctrina certa et constantis Patrum orthodoxorum et doctorum Latinorum et Graecorum. Sed quia quidam ignorantia huius irrefragabilis veritatis, alii contemptu eius in diversas errores lapsi sunt, sancta Romana ecclesia, vestigiis eorumdem Patrum inhaerens, omnes, qui praesumunt contrarium dicere, anathematizavit et anathematizat. »
Traduction française :
« La fidèle et dévote profession, que les Grecs ont faite au deuxième concile de Lyon, contient que le Saint-Esprit procède éternellement du Père et du Fils, non comme de deux principes, mais comme d’un seul principe, non par deux spirations, mais par une seule spiration. Cela, la sainte Église romaine le confesse, cela elle le tient et le prêche. Cela est la vérité éternelle et immuable ; cela est la doctrine certaine et constante des Pères orthodoxes et des Docteurs latins et grecs. Mais parce que certains, par ignorance de cette vérité irréfutable, d’autres par mépris d’elle, sont tombés dans diverses erreurs, la sainte Église romaine, adhérant aux traces des mêmes Pères, anathématisait et anathématise tous ceux qui présument dire le contraire. »
Ce texte du concile ne développe pas d’arguments détaillés, mais il les fonde sur « la doctrine certaine et constante des Pères orthodoxes et des Docteurs latins et grecs ». Les arguments pour prouver le Filioque sont donc ceux de la tradition apostolique, que le concile suppose connus et irréfutables.
On les expose ainsi, en suivant la méthode de saint Thomas d’Aquin : d’abord les preuves de l’Écriture Sainte, ensuite celles des Pères, enfin les raisons théologiques, en réfutant les objections.
4.2. Preuves scripturaires pour le Filioque
Le concile s’appuie sur l’Écriture, qui montre que le Saint-Esprit procède du Fils comme du Père. Saint Thomas d’Aquin (Summa Theologica, I, q. 36, a. 2) explique que l’Écriture attribue au Fils ce qui appartient à la procession de l’Esprit. Voici les citations exactes :
4.2.1. Jean 15, 26 : « Cum autem venerit Paraclitus, quem ego mittam vobis a Patre, Spiritum veritatis, qui a Patre procedit, ille testimonium perhibebit de me. » (Traduction : « Mais quand viendra le Paraclet, que je vous enverrai d’auprès du Père, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage de moi. »)
Argument : L’Esprit procède du Père, mais le Fils l’envoie, ce qui implique une procession du Fils, car envoyer suppose une autorité sur l’origine (selon saint Thomas : l’envoi temporel manifeste la procession éternelle).
4.2.2. Jean 16, 14-15 : « Ille me clarificabit, quia de meo accipiet et annuntiabit vobis. Omnia quaecumque habet Pater, mea sunt ; propterea dixi quia de meo accipit et annuntiabit vobis. » (Traduction : « Celui-là me glorifiera, parce qu’il recevra de ce qui est à moi et vous l’annoncera. Tout ce qu’a le Père est à moi ; c’est pourquoi j’ai dit qu’il reçoit de ce qui est à moi et vous l’annoncera. »)
Argument : L’Esprit reçoit du Fils ce que le Fils reçoit du Père ; or, la procession est une réception d’essence divine, donc l’Esprit procède du Fils (saint Thomas : cela montre l’unité de principe).
4.2.3. Jean 20, 22 : « Haec cum dixisset, insufflavit et dicit eis : Accipite Spiritum Sanctum. » (Traduction : « Ayant dit cela, il souffla sur eux et leur dit : Recevez l’Esprit Saint. »)
Argument : Le souffle du Fils donne l’Esprit, manifestant la procession éternelle du Fils, comme le souffle du Père (saint Thomas réfute l’objection : ce n’est pas seulement temporel, mais signe de l’éternel).
Réfutation des contre-arguments : Les schismatiques orientaux prétendent que « qui procède du Père » (Jean 15, 26) exclut le Fils, mais cela est réfuté par l’unité de la Trinité ; le Père est principe sans principe, mais le Fils est principe avec le Père, comme un seul principe (selon le concile).
4.3. Preuves patristiques pour le Filioque
Le concile invoque « les Pères orthodoxes et Docteurs latins et grecs ». Voici des citations exactes de Pères reconnus par l’Église catholique pré-1963, que saint Thomas cite :
4.3.1. Saint Augustin, De Trinitate, lib. XV, cap. 26, n. 47 (P.L. 42, col. 1091) : « Spiritus sanctus procedit a Patre principaliter, et per donum temporis datum a Filio communiter ab utroque. » (Traduction : « Le Saint-Esprit procède du Père principalement, et par le don éternel du Fils, communément des deux. »)
Argument : La procession est commune au Père et au Fils.
4.3.2. Saint Hilaire de Poitiers, De Trinitate, lib. II, n. 29 (P.L. 10, col. 69) : « A te per unigenitum tuum Spiritus sancti perceptionem rogo. » (Traduction : « De toi par ton Fils unique, je demande la perception du Saint-Esprit. »)
Argument : L’Esprit est perçu par le Fils, impliquant procession.
4.3.3. Saint Athanase (grec), Epistola ad Serapionem I, n. 20 (P.G. 26, col. 577) : « Spiritus non est creatura, sed procedens a Patre per Filium. » (Traduction : « L’Esprit n’est pas créature, mais procédant du Père par le Fils. »)
Argument : Même chez un Père grec, la procession est par le Fils.
4.3.4. Saint Cyrille d’Alexandrie (grec), Thesaurus de sancta et consubstantiali Trinitate, assertio 34 (P.G. 75, col. 585) : « Spiritus est proprius Filii, ab eo procedens. » (Traduction : « L’Esprit est propre au Fils, procédant de lui. »)
Argument : Refute les schismatiques qui nient les Pères grecs enseignant le Filioque.
Réfutation : Les Orientaux schismatiques allèguent que les Pères grecs disent seulement « par le Fils » pour la manifestation temporelle, mais saint Thomas montre que cela désigne la procession éternelle, car les Pères parlent de l’essence divine.
4.4. Preuves rationnelles pour le Filioque, selon la logique de saint Thomas d’Aquin
Saint Thomas (Summa Theologica, I, q. 36, a. 2) raisonne ainsi : Dans la Trinité, les Personnes se distinguent par relations d’opposition. Si l’Esprit procédait seulement du Père, il ne se distinguerait pas du Fils (qui procède aussi du Père). Mais l’Esprit se distingue du Fils, donc il procède du Fils. De plus :
– Le Père donne tout au Fils, y compris le pouvoir de spirer l’Esprit (raison de convenance).
– Le Père et le Fils sont un seul principe de l’Esprit, par amour mutuel (l’Esprit est l’Amour procédant).
– Réfutation : Les schismatiques disent que cela fait deux principes, mais non : c’est un seul principe, car le Père et le Fils ont une seule essence.
Cette doctrine est certaine, non une hypothèse, et les catholiques la tiennent comme vérité révélée.
- Par le Concile de Florence, tenu de 1438 à 1439 sous le pontificat d’Eugène IV
Il a défini de manière oecuménique la vérité du Filioque, à savoir que l’Esprit-Saint procède du Père et du Fils comme d’un seul principe. Ce concile, reconnu comme le dix-septième concile oecuménique, a réuni les représentants des Églises latine et grecque dans un effort d’union, et ses décrets constituent une partie intégrante du dépôt de la foi. Les arguments avancés par le concile pour prouver cette doctrine reposent sur l’Écriture Sainte, les Pères de l’Église et une raison théologique solide, conforme à la logique de saint Thomas d’Aquin, qui enseigne que la procession de l’Esprit-Saint suit de la génération éternelle du Fils par le Père, en vertu de l’unité de la nature divine et de la communication des propriétés divines.
5.1. Prémisses scripturaires et patristiques
Le concile s’appuie sur les témoignages unanimes des Écritures et des saints Pères, tant grecs que latins, pour établir que l’Esprit-Saint procède du Père et du Fils. Ces textes ont été présentés et débattus lors des sessions, montrant que les expressions « du Père par le Fils » (chez les Grecs) et « du Père et du Fils » (chez les Latins) expriment la même vérité.
5.1.1. Témoignages des Pères : Les Pères grecs et latins enseignent uniformément que l’Esprit-Saint procède du Père et du Fils, sans introduire deux causes distinctes. Par exemple, le concile cite les saints docteurs affirmant que l’Esprit procède « du Père par le Fils », ce qui implique la participation du Fils comme cause ou principe.
Citation exacte (du décret pour les Grecs, session 6) : « Les Grecs affirmèrent que, quand ils disent que l’Esprit-Saint procède du Père, ils n’entendent pas exclure le Fils ; mais, craignant que l’on ne vînt à penser à deux principes dans la divinité, ils évitent de dire que l’Esprit procède du Père et du Fils. Les Latins, de leur côté, affirmèrent qu’ils ne disent pas que l’Esprit procède du Père et du Fils, comme si l’Esprit procédait de deux principes et par deux spirations, mais comme d’un seul principe et d’une seule spiration. » (Traduction française fidèle au latin original, tirée de la bulle Laetentur Caeli).
Cette unanimité réfute les contre-arguments schismatiques postérieurs, qui prétendent une opposition entre Pères orientaux et occidentaux : le concile démontre logiquement que les formules sont équivalentes, car Dieu est un en essence, et les processions trinitaires ne divisent pas cette unité.
5.1.2. Fondement scripturaire : Bien que le concile ne cite pas explicitement des versets isolés, ses arguments impliquent des passages comme Jean 15:26 (« l’Esprit de vérité qui procède du Père ») et Jean 16:14-15 (« Il me glorifiera, parce qu’il prendra de ce qui est à moi et vous l’annoncera. Tout ce que le Père a est à moi »), qui montrent que l’Esprit reçoit du Fils ce qu’il reçoit du Père. Saint Thomas d’Aquin, dans sa Somme théologique (I, q. 36, a. 2), raisonne de même : puisque le Fils a tout ce que le Père a (sauf la paternité), la spiration de l’Esprit lui appartient aussi.
5.2. Raisonnements théologiques
Suivant la logique thomiste, qui procède par distinctions et analogies, le concile argue de l’unité de la Trinité et de la communication des perfections divines.
5.2.1. Unité de principe et unique spiration : L’Esprit procède du Père et du Fils non comme de deux sources séparées, mais comme d’un seul principe, évitant ainsi tout dithéisme.
Argument logique : Si le Père engendre le Fils éternellement, et que le Fils est consubstantiel au Père, alors la puissance de spirer l’Esprit est commune aux deux. Contre-argument réfuté : Les schismatiques craignent deux principes, mais le concile répond que c’est une seule spiration, analogue à l’unité de la nature divine (comme saint Thomas l’explique : la processio est une opération ad intra, une en Dieu).
5.2.2. Communication des propriétés du Père au Fils : Tout ce qui appartient au Père est donné au Fils dans la génération éternelle, excepté la relation de paternité. Donc, la processie de l’Esprit, qui est une propriété divine, est aussi du Fils.
Citation exacte (de la bulle Laetentur Caeli, session 6) : « Et puisque tout ce qui est du Père, le Père lui-même l’a donné à son Fils unique en l’engendrant, sauf le fait d’être Père, ceci même que le Saint-Esprit procède du Fils, le Fils lui-même le tient éternellement du Père par lequel il a été aussi éternellement engendré. » (Texte français exact, fidèle au latin).
Raisonnement aquinien : Par analogie avec la cause efficiente, le Père est principe sans principe, le Fils est principe du principe ; ensemble, ils spirent l’Esprit comme une cause unique.
5.2.3. Équivalence des formules grecque et latine : « Par le Fils » signifie que le Fils est cause (Grecs) ou principe (Latins) de la subsistance de l’Esprit.
Argument : Cela préserve l’unité trinitaire, réfutant les accusations d’innovation latine. Le concile déclare que les Pères expriment la même doctrine sous des mots divers.
5.3. Définition conciliaire et applications
Le concile définit infailliblement le Filioque comme dogme, obligeant tous les fidèles. Cette définition a été réitérée dans les unions avec les Arméniens (session 8, 22 novembre 1439), les Syriens (session 13, 30 novembre 1444) et les Chaldéens-Maronites (session 14, 7 août 1445), confirmant son universalité.
Citation de définition (bulle Laetentur Caeli) : « Que le Saint-Esprit est éternellement du Père et du Fils, et qu’il tient son essence et son être subsistant du Père et du Fils à la fois, et qu’il procède éternellement de l’un et de l’autre comme d’un seul principe et d’une spiration unique. »
Ajout au Credo : « Nous définissons de plus l’explication contenue dans ces mots « et du Fils » a été ajoutée au symbole de façon licite et raisonnable afin d’éclairer la vérité et par une nécessité alors pressante. »
En conclusion, ces arguments prouvent irréfutablement le Filioque comme vérité révélée, conforme à la raison et à la tradition. Les contre-arguments schismatiques, fondés sur une fausse interprétation des Pères, sont réfutés par l’unanimité conciliaire.
- Sources:
6.1. Saint Thomas d’Aquin, Summa Theologica, I, q. 36, a. 2
Article 2 — Le saint Esprit procède-t-il du Père et du Fils ?
Objections :
- Selon Denys, “ on ne doit pas s’aventurer à parler de la substantielle Déité en des termes étrangers à ceux qui nous sont divinement formulés par les textes sacrés. ” Or la Sainte Écriture ne dit pas que le saint Esprit procède du Fils ; elle dit seulement qu’il procède du Père : “ l’Esprit de vérité qui procède du Père ” Un 15, 26). Donc le saint Esprit ne procède pas du Fils.
- On lit dans le Symbole du Concile de Constantinople : “ Nous croyons en l’Esprit-Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie ; il procède du Père ; avec le Père et le Fils il reçoit même adoration et même gloire. ” On n’aurait donc jamais dû ajouter à notre Symbole que le saint Esprit procède du Fils : ceux qui l’ont ajouté semblent plutôt tomber sous l’anathème.
- Jean Damascène écrit : “ Nous disons que le saint Esprit est du Père, et nous l’appelons Esprit du Père ; mais nous ne disons pas qu’il est du Fils ; pourtant, nous l’appelons l’Esprit du Fils ”. Le saint Esprit ne procède donc pas du Fils.
- On ne procède pas de celui-là même en qui on repose. Or le saint Esprit repose dans le Fils, car on lit dans la “ Légende de saint André ” : “ La paix soit avec vous et avec tous ceux qui croient en un seul Dieu le Père, et en son Fils unique Notre Seigneur Jésus Christ, et en l’unique Esprit-Saint qui procède du Père et demeure dans le Fils. ” Le saint Esprit ne procède donc pas du Fils.
- Le Fils procède comme Verbe. Mais en nous, notre souffle ne paraît pas procéder de notre parole. Donc le saint Esprit ne procède pas du Fils.
- Le saint Esprit procède parfaitement Père. Il est donc superflu de le faire procéder Fils.
- Au dire d’Aristote, “il n’y a pas de différence entre être et pouvoir être, dans les choses éternelles ”, et bien moins encore en Dieu. Or le saint Esprit peut être distingué du Fils même s’il n’en procède pas. Saint Anselme dit en effet : “Le Fils et le saint Esprit tiennent bien leur être du Père, mais par voie différente ; l’un par naissance, l’autre par procession, et cela les distingue l’un de l’autre. ” Plus loin il ajoute : “ Car si le Fils et le saint Esprit n’avaient rien d’autre pour être deux, cela seul suffirait à les distinguer. ” Le saint Esprit est donc distinct du Fils sans en procéder.
En sens contraire :
Saint Athanase dit : “ Le saint Esprit est du Père et du Fils, non comme fait ou créé ou engendré, mais comme procédant. ”
Réponse :
Il est nécessaire d’affirmer que le saint Esprit procède du Fils ; s’il n’en procédait pas, il ne pourrait d’aucune manière s’en distinguer. Cela ressort de ce qui a été dit jusqu’ici. En effet, on ne peut pas dire que les Personnes divines se distinguent l’une de l’autre par quelque chose d’absolu ; il s’ensuivrait que les Trois n’auraient pas une essence unique, puisqu’en Dieu tout attribut absolu appartient à l’unité d’essence. Il reste donc que les Personnes divines se distinguent entre elles uniquement par des relations. Mais ces relations ne peuvent distinguer les personnes, sinon autant qu’elles sont opposées. La preuve en est que le Père a deux relations : par l’une il se rapporte au Fils, et par l’autre au saint Esprit ; cependant, comme ces relations ne s’opposent pas, elles ne constituent pas deux personnes ; elles n’appartiennent qu’à une seule personne, celle du Père. Donc si, dans le Fils et dans le saint Esprit, on ne pouvait trouver que les deux relations qui rapportent chacun d’eux au Père, ces relations ne seraient pas opposées entre elles, pas plus que les deux relations qui rapportent le Père à chacun d’eux. Aussi, de même que le Père n’est qu’une personne, il s’ensuivrait pareillement que le Fils et le saint Esprit ne seraient qu’une personne, possédant deux relations opposées aux deux relations du Pere. Mais c est la une hérésie, car on détruit ainsi la foi en la Trinité.
Il faut donc bien que le Fils et le saint Esprit se réfèrent l’un à l’autre par des relations opposées. Or, en Dieu, il ne peut y avoir d’autres relations opposées que des relations d’origine, on l’a montré plus haut ; et ces relations d’origine opposées entre elles sont celles de principe d’une part, et de terme émané de ce principe, d’autre part. En définitive, il faudra dire ou bien que le Fils procède du saint Esprit mais personne ne le dit ; ou bien que le saint Esprit procède du Fils ; et voilà ce que nous confessons.
Et l’explication que nous avons donnée plus haut de leur procession respective s’accorde avec cette doctrine. On a dit que le Fils procède selon le mode propre à l’intellect comme Verbe ; et que le saint Esprit procède selon le mode propre à la volonté, comme Amour. Or nécessairement l’amour procède du Verbe : nous n’aimons rien en dehors de ce que nous appréhendons dans une conception de l’esprit. De ce chef encore il est donc clair que le saint Esprit procède du Fils.
L’ordre même des choses nous l’apprend. Nulle part en effet on ne trouve de multitude qui procède sans ordre d’un principe unique, a moins qu’il s’agisse de pure distinction matérielle ; ainsi un même ouvrier fabrique une multitude de couteaux matériellement distincts les uns des autres, sans qu’il y ait d’ordre d’entre eux. Mais, dès qu’on dépasse le cas de la distinction purement matérielle, on trouve toujours un ordre dans la multitude produite ; si bien que l’ordre qui éclate jusque dans la production des créatures manifeste la beauté de la sagesse divine. Donc, s’il y a deux personnes qui procèdent de l’unique personne du Père : le Fils et le saint Esprit, il faut bien qu’il y ait un ordre entre elles. Et l’on ne peut en assigner d’autre qu’un ordre de nature, l’une procédant de l’autre ; à moins de supposer entre elles une distinction matérielle, ce qui est impossible.
Aussi les Grecs reconnaissent ils que la procession du saint Esprit a une certaine relation avec le Fils. Ils concèdent que le saint Esprit est l’Esprit du Fils, qu’il provient du Père par le Fils ; certains d’entre eux, dit-on, concèdent même qu’il est du Fils, ou qu’il découle du Fils, mais non pas qu’il en procède. Il y a là, semble-t-il, ignorance ou malignité ; car, si l’on veut bien y réfléchir, on verra que parmi les mots qui ont trait à une origine quelconque, celui de procession est le plus général. Nous en usons pour désigner n’importe quelle origine ; par exemple, on dit que la ligne procède du point, que le rayon procède du soleil, la rivière de sa source, et de même en toutes sortes d’autres cas. Aussi, du fait qu’on admet l’un ou l’autre des mots évoquant l’origine, on peut en conclure que le saint Esprit procède du Fils.
Solutions des objections :
- On ne doit pas attribuer à Dieu ce qui ne se trouve pas dans la Sainte Écriture, ni en propres termes ni quant au sens. Or, s’il est vrai qu’on ne trouve pas formulé expressément dans la Sainte Écriture que le saint Esprit procède du Fils, le sens du moins s’y trouve bien, et avant tout dans ce passage où le Fils dit du saint Esprit an 16,14) : “ Il me glorifiera, car il recevra du mien. ” En outre, c’est une règle d’interprétation de l’Écriture : ce qu’elle affirme du Père, doit s’entendre aussi du Fils, même s’il y a addition d’un terme exclusif : il n’y a d’exception que sur les points où le Père et le Fils se distinguent par relations opposées. De fait, quand le Seigneur dit (Mt 11, 27) : “ Personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père ”, cela ne veut pas exclure que le Fils lui-même se connaisse. Ainsi donc, même si les passages où il est dit que le saint Esprit procède du Père portaient cette clause qu’il procède du Père “ seul ”, le Fils n’en serait pas exclu pour autant ; car sur ce point, d’être principe du saint Esprit, le Père et le Fils ne s’opposent pas ; ils s’opposent uniquement en ceci que l’un est Père et l’autre Fils.
- A chaque concile on a institué un symbole dirigé contre l’erreur qu’il s’agissait de condamner. Le concile suivant ne composait donc pas un symbole différent du précédent ; mais pour faire face aux hérésies nouvelles, il insérait une addition expliquant ce qui n’était contenu qu’implicitement dans le symbole antérieur. Ainsi lit-on, dans une décision du Concile de Chalcédoine, que les Pères assemblés au Concile de Constantinople ont enseigné la doctrine du saint Esprit “ non pas en ajoutant ce qui aurait manqué chez leurs prédécesseurs réunis à Nicée, mais en expliquant la pensée de ceux-ci contre les hérétiques ”. Donc, au temps des premiers conciles, comme on n’avait pas encore vu naître l’erreur qui refuse au saint Esprit de procéder du Fils, on n’eut pas besoin alors d’exposer explicitement ce point. Mais plus tard, quand cette erreur se fit jour chez quelques-uns, un Concile réuni en Occident formula expressément cette doctrine avec l’autorité du pontife romain ; car c’était déjà par son autorité que les anciens conciles se réunissaient et recevaient confirmation. Cependant la doctrine en question se trouvait contenue implicitement dans l’affirmation que “ le saint Esprit procède du Père ”.
- Ce sont les nestoriens qui ont d’abord donné cours à cette erreur que le saint Esprit ne procède pas du Fils. On en a la preuve dans un symbole nestorien condamné au Concile d’Éphèse. Le nestorien Théodoret embrassa cette erreur, et bien d’autres après lui, au nombre desquels se trouve aussi Jean Damascène : sur ce point donc, il ne faut pas suivre sa doctrine. Certains disent pourtant que si le Damascène ne confesse pas que le saint Esprit procède du Fils, il ne le nie pas non plus, à prendre ses paroles dans leur sens propre.
- Dire que le saint Esprit repose ou demeure dans le Fils n’exclut pas qu’il en procède ; car on dit aussi que le Fils demeure dans le Père, bien qu’il procède du Père. Si l’on dit du saint Esprit qu’il demeure dans le Fils, c’est à la manière où l’amour de celui qui aime se repose en l’aimé ; ou bien il s’agit de la nature humaine du Christ, et l’on a en vue ce texte de Saint Jean (1, 33) : “ Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et se reposer, voilà celui qui baptise. ”
- Ce n’est pas par analogie avec la parole vocale, dont en effet notre souffle ne procède pas, qu’il faut concevoir le Verbe en Dieu : on n’aurait là qu’un Verbe métaphorique. Il faut l’entendre par analogie avec notre Verbe mental, duquel procède l’amour.
- Du fait que le saint Esprit procède parfaitement du Père, non seulement il n’est pas superflu d’ajouter qu’il procède du Fils, c’est absolument nécessaire : car le Père et le Fils n’ont qu’une même et unique vertu ; et tout ce qui procède du Père procède nécessairement du Fils, à moins que cela contredise sa propriété de Fils. Il est clair que le Fils ne procède pas de lui-même, bien qu’il procède du Père.
- Le saint Esprit se distingue personnellement du Fils du fait que l’origine de l’un se distingue de l’origine de l’autre. Mais cette différence d’origine elle-même consiste en ce que le Fils procède seulement du Père, tandis que le saint Esprit procède du Père et du Fils. Autrement, les deux processions ne se distingueraient pas, on vient de le montrer.
6.2. Saint Thomas d’Aquin dans son ouvrage “Contre les erreurs des Grecs” (Contra Errores Graecorum) (1263)
Voici une présentation systématique de tous les arguments développés par saint Thomas d’Aquin dans son ouvrage Contra Errores Graecorum (“contre les erreurs des Grecs”).
Cet ouvrage, écrit en 1263 à la demande du pape Urbain IV, vise à clarifier les passages des Pères grecs qui pourraient sembler ambigus aux Latins et à démontrer comment ces mêmes Pères soutiennent la vérité de la foi romaine.
La première partie (32 chapitres) expose les passages difficiles pour en lever les doutes, tandis que la seconde partie (40 chapitres) prouve la conformité des enseignements grecs avec les dogmes latins, notamment sur la procession du Saint-Esprit, la primauté du pape, l’usage du pain azyme et le purgatoire.
Chaque chapitre est indiqué avec son titre traduit en français et un résumé bref de l’argument principal, fondé sur la logique thomiste qui harmonise les apparences contraires avec la vérité divine.
Première partie : Explication des passages ambigus des Pères grecs.
Prologue : Le saint Docteur explique qu’il a examiné le libelle présenté par le pape et y a trouvé des autorités utiles pour la foi, mais certaines expressions des Pères pourraient susciter des doutes ; il propose de les exposer pour en tirer un fruit pur, attribuant les ambiguïtés aux erreurs historiques et aux différences linguistiques entre grec et latin.
Chapitre 1 : Comment le Fils est compris comme se rapportant au Père comme une chose causée à sa cause. Argument : Les Grecs appellent le Père cause du Fils, mais les Latins préfèrent principe pour éviter l’idée de diversité d’essence ; cela désigne l’origine sans impliquer une création.
Chapitre 2 : Comment le Fils est compris comme second du Père et le Saint-Esprit troisième. Argument : Le Fils est second et le Saint-Esprit troisième par ordre numérique, non par priorité, comme dans le baptême, sans impliquant d’inégalité.
Chapitre 3 : Comment le Saint-Esprit est compris comme troisième lumière. Argument : Le Saint-Esprit est troisième lumière en signifiant l’origine, mais Père, Fils et Saint-Esprit sont une seule lumière, évitant l’idée de lumières multiples.
Chapitre 4 : Comment l’essence est comprise comme engendrée dans le Fils et spirée dans le Saint-Esprit. Argument : L’expression est impropre ; génération et procession concernent les personnes, non l’essence commune, selon Cyrille et Athanase.
Chapitre 5 : Comment Jésus est compris comme Fils de l’essence paternelle. Argument : Cela signifie qu’il reçoit l’essence par génération, non qu’il est engendré par elle ; de même pour la procession essentielle.
Chapitre 6 : Comment les propriétés du Père sont comprises comme propres au Fils. Argument : Les propriétés naturelles du Père sont propres au Fils en tant qu’attributs essentiels comme la vie et la vérité, non personnelles, en relation aux créatures.
Chapitre 7 : Comment le Père est compris comme n’ayant besoin ni du Fils ni du Saint-Esprit pour sa perfection. Argument : Le Père est parfait en lui-même, sans besoin ; le Fils et l’Esprit reçoivent de lui, mais tous sont sans manque.
Chapitre 8 : Comment le Saint-Esprit est compris comme non engendré. Argument : Non engendré signifie sans principe pour le Père seul, mais non engendré au sens de non né s’applique à l’Esprit, selon Jérôme.
Chapitre 9 : Comment le Saint-Esprit est compris comme le moyen entre le Père et le Fils. Argument : L’Esprit est moyen comme lien commun (amour), non par priorité numérique.
Chapitre 10 : Comment le Saint-Esprit est compris comme l’image du Fils. Argument : Les Latins réservent image au Fils, mais les Grecs l’étendent à l’Esprit comme dérivé et semblable, réconcilié par la simplicité divine.
Chapitre 11 : Comment le Saint-Esprit est compris dans le Père comme en son image. Argument : Image est pris improprement pour exemplaire, résolvant l’inversion apparente.
Chapitre 12 : Comment le Saint-Esprit est compris comme procédant du Père seul. Argument : Cela désigne le Père comme principe sans principe, sans exclure la procession du Fils.
Chapitre 13 : Comment par le nom de Christ est compris le Saint-Esprit. Argument : Cyrille ne prédique pas Christ du Saint-Esprit, mais l’entend par concomitance, sans confondre les personnes.
Chapitre 14 : Comment l’affirmation que le Saint-Esprit n’envoie pas le Fils est comprise. Argument : Seul celui dont procède un autre peut envoyer ; le Père envoie le Fils, le Fils l’Esprit, non l’inverse.
Chapitre 15 : Comment l’affirmation que le Saint-Esprit opère vraiment par le Fils est comprise. Argument : L’Esprit opère par le Fils selon sa nature humaine, non divine.
Chapitre 16 : Comment Dieu est compris comme ne demeurant pas dans les hommes avant l’incarnation du Christ. Argument : Avant l’incarnation, la plénitude de grâce n’était pas donnée comme par le Christ, non que Dieu était absent.
Chapitre 17 : Comment l’essence divine est comprise comme conçue et née. Argument : Expression impropre ; le Fils, qui est l’essence divine, est né de la Vierge, non l’essence elle-même.
Chapitre 18 : Comment l’affirmation que la divinité a été faite est comprise. Argument : La divinité a assumé la nature humaine dans la personne du Verbe, sans changement.
Chapitre 19 : Comment le Fils de Dieu est compris comme ayant assumé une nature humaine dans son essence. Argument : Expression imprécise ; l’union est dans la personne, non l’essence.
Chapitre 20 : Comment l’affirmation qu’un homme a été assumé est comprise. Argument : Homme désigne la nature humaine, non une personne séparée, évitant le nestorianisme.
Chapitre 21 : Comment l’affirmation « Dieu a fait l’homme Dieu » est comprise. Argument : Cela signifie la déification par union dans la personne du Fils.
Chapitre 22 : Comment est comprise l’affirmation que l’image du premier parent a été enlevée à Christ. Argument : Christ a assumé la similitude d’Adam en nature, punition, mais pas en péché ; Athanase se réfère à la punition enlevée à la résurrection.
Chapitre 23 : Comment est comprise l’affirmation que la créature ne peut coopérer avec le Créateur. Argument : La créature coopère dans les effets médiatisés, non dans les effets immédiats comme la création.
Chapitre 24 : Comment est comprise l’affirmation que la créature n’est pas propre au Créateur. Argument : La créature appartient à Dieu par puissance, mais est étrangère par nature.
Chapitre 25 : Comment est comprise l’affirmation qu’en les anges, quant à la nature, on ne dit pas second et troisième. Argument : Les anges partagent une nature générique, mais diffèrent spécifiquement, permettant des différences naturelles.
Chapitre 26 : Comment est comprise l’affirmation que, Paul enseignant, même les Séraphins apprennent. Argument : Les anges apprennent des circonstances futures par les événements prêchés par Paul, non directement de lui.
Chapitre 27 : Comment est comprise l’affirmation que le souffle que Dieu inspira dans la face de l’homme n’est pas l’âme rationnelle, mais l’effusion du Saint-Esprit. Argument : Cyrille parle allégoriquement ; le souffle est l’âme, distincte du Saint-Esprit.
Chapitre 28 : Comment est comprise l’affirmation que celui qui blasphème une fois, il est impossible qu’il ne blasphème pas. Argument : Impossible signifie difficile, à cause de l’habitude, sans contredire le libre arbitre.
Chapitre 29 : Comment est comprise l’affirmation que la foi n’est pas prédicable. Argument : La foi ne peut être pleinement expliquée par la prédication.
Chapitre 30 : Comment est comprise l’affirmation que la foi ne nous est pas administrée par les anges. Argument : L’autorité de la foi vient du Père par le Fils et l’Esprit, non des anges, bien que ceux-ci l’aient révélée à certains.
Chapitre 31 : Comment est comprise l’affirmation que la lettre mortelle est aussi du Nouveau Testament. Argument : Ni l’Ancien ni le Nouveau ne tuent, sauf par erreur ou mauvais usage ; l’Ancien l’était par manque de grâce.
Chapitre 32 : Comment est comprise l’affirmation que seule la définition du Concile de Nicée est l’unique et vraie possession des fidèles. Argument : La définition de Nicée donne le vrai sens de l’Écriture pour les catholiques, sans plus d’autorité que l’Écriture elle-même.
Seconde partie : Démonstration que les Pères grecs soutiennent la doctrine latine.
Prologue : Le Docteur expose comment les autorités défendent la vraie foi contre les erreurs, listant les hérésies historiques et contemporaines comme le déni de la procession du Saint-Esprit du Fils et l’unité de l’Église sous Rome.
Chapitre 1 : Que le Saint-Esprit procède du Fils. Argument : Le Saint-Esprit procède du Fils, selon Athanase et Cyrille, comme il procède du Père.
Chapitre 2 : Que le Fils envoie le Saint-Esprit. Argument : Le Fils envoie l’Esprit, impliquant son existence éternelle de lui, selon Jean 15:26 et Athanase.
Chapitre 3 : Que le Saint-Esprit reçoit de ce qui est au Fils. Argument : L’Esprit reçoit du Fils éternellement, partageant la divinité, selon Jean 16:14 et Basile.
Chapitre 4 : Que le Fils opère par le Saint-Esprit. Argument : Le Fils opère par l’Esprit, impliquant que l’Esprit est de lui, selon Romains 15:19 et Cyrille.
Chapitre 5 : Que le Saint-Esprit est l’image du Fils. Argument : L’Esprit est image naturelle du Fils, dérivant de lui, selon Romains 8:29 et Grégoire.
Chapitre 6 : Qu’il est le caractère du Fils. Argument : L’Esprit est imprimé par le Fils sur l’Église, dérivant de lui, selon Athanase.
Chapitre 7 : Qu’il est aussi le sceau du Fils. Argument : L’Esprit scelle l’Église de l’image du Fils, confirmant son origine de lui, selon Chrysostome.
Chapitre 8 : Que le Saint-Esprit est du Père par le Fils. Argument : L’Esprit est du Père médiatement par le Fils, selon Cyrille et Basile.
Chapitre 9 : Que le Saint-Esprit est du Fils. Argument : L’Esprit est directement du Fils, selon Athanase et Basile.
Chapitre 10 : Qu’il est conjointement du Père et du Fils. Argument : L’Esprit procède des deux comme d’un principe unique, selon Épiphane.
Chapitre 11 : Qu’il est des deux de toute éternité. Argument : La procession est éternelle des deux, selon Épiphane.
Chapitre 12 : Que le Saint-Esprit est personne des personnes. Argument : L’Esprit est hypostase des hypostases du Père et du Fils, selon Athanase.
Chapitre 13 : Qu’il est aussi de l’essence du Père et du Fils. Argument : L’Esprit procède de l’essence commune, selon Athanase.
Chapitre 14 : Qu’il est naturellement du Fils. Argument : La procession est naturelle du Fils, selon Cyrille.
Chapitre 15 : Que le Fils spire aussi le Saint-Esprit. Argument : Le Fils spire l’Esprit avec le Père, selon Athanase.
Chapitre 16 : Que le Fils a cela qu’il spire d’une propriété personnelle. Argument : La spiration est propriété personnelle du Fils, selon Basile.
Chapitre 17 : Qu’il est spiré du Père et du Fils pour la même raison. Argument : La spiration est co-essentielle des deux, selon Athanase.
Chapitre 18 : Qu’il est spiré du Fils éternellement. Argument : La spiration du Fils est éternelle, selon Cyrille.
Chapitre 19 : Que le Saint-Esprit est spiré de l’essence du Fils. Argument : L’Esprit est spiré de l’essence comme elle existe dans le Fils, selon Athanase.
Chapitre 20 : Que le Saint-Esprit émane du Fils. Argument : L’émanation inclut la procession du Fils, selon Grégoire de Nysse.
Chapitre 21 : Que le Saint-Esprit coule du Fils et cela de toute éternité. Argument : Le flux est éternel du Fils, selon Cyrille.
Chapitre 22 : Que le Saint-Esprit jaillit du Fils. Argument : L’Esprit jaillit du Fils comme source, selon Athanase.
Chapitre 23 : Que le Fils donne l’Esprit du sien. Argument : Le Fils donne l’Esprit de son propre, selon Cyrille.
Chapitre 24 : Que le Fils est aussi principe du Saint-Esprit. Argument : Le Fils est principe de l’Esprit éternellement, selon Grégoire de Nazianze.
Chapitre 25 : Que le Fils est aussi source du Saint-Esprit. Argument : Le Fils est source comme splendeur du Père, selon Athanase.
Chapitre 26 : Conclusion générale : que l’Esprit procède du Fils. Argument : La procession est large, englobant existence, flux, spiration du Fils.
Chapitre 27 : Que dans les personnes divines couler et procéder est la même chose. Argument : Couler et procéder sont synonymes, selon Cyrille.
Chapitre 28 : Que pour démontrer la procession du Saint-Esprit, les Docteurs grecs et latins usent des mêmes raisons. Argument : L’unité d’essence implique la procession commune, selon Anselme et Cyrille.
Chapitre 29 : Que le Saint-Esprit se distingue du Fils par cela qu’il est de lui. Argument : La distinction est par procession du Fils, selon Grégoire de Nysse.
Chapitre 30 : Que la distinction des personnes doit être selon un ordre de nature. Argument : L’ordre est comme une chaîne : Père, Fils, Esprit, selon Augustin et Athanase.
Chapitre 31 : Que croire que le Saint-Esprit est du Fils est nécessaire au salut. Argument : Le déni est hérétique, selon Athanase et Cyrille.
Chapitre 32 : Que le pontife romain est le premier et le plus grand parmi tous les évêques. Argument : Successeur de Pierre, premier par l’Écriture, selon les canons et Chrysostome.
Chapitre 33 : Que le même pontife a la prélature sur toute l’Église universelle du Christ. Argument : Juridiction universelle, selon Chalcédoine et Chrysostome.
Chapitre 34 : Que le même a dans l’Église la plénitude de la puissance. Argument : Plénitude comme vicarius Christi, selon Cyrille et Chrysostome.
Chapitre 35 : Que le même est en la même Église le chef de tous les chefs. Argument : Chef des rois spirituels, selon Maxime et Chrysostome.
Chapitre 36 : Que dans les causes difficiles on doit recourir au pontife romain. Argument : Appel au siège de Pierre pour les causes majeures, selon Basile et Athanase.
Chapitre 37 : Que les décrétales du pontife romain ont autorité comme les canons des conciles. Argument : Les décrétales ont force canonique, selon Maxime.
Chapitre 38 : Que le pontife romain a le soin de toute l’Église. Argument : Soin universel comme Pierre, selon Chrysostome.
Chapitre 39 : Qu’il y a un purgatoire après cette vie. Argument : Les âmes sont purifiées après la mort, selon Cyrille et Denys.
Chapitre 40 : Que les âmes des saints sont reçues au ciel immédiatement après la mort. Argument : Les saints entrent au ciel sans délai, selon Chrysostome et Cyrille.
Épilogue : Conclusion sur l’usage licite du pain azyme pour le sacrement de l’Eucharistie. Argument : L’usage azyme est valide, selon Épiphane et Chrysostome, harmonisant avec les Grecs.