36 Jean XXIII (2) Election et Acceptation (A.U.P.)

Jean XXIII pape (2)

Son Election et Acceptation Universelle Pacifique (A.U.P.)

 

Table des matières 

  1. Préliminaires  Plan d’examen de la papauté de Jean XXIII  
  2. Introduction  
  3. Principe certain de théologie et de droit canonique  
  4. Faits historiques certains  

4.1. Election du 28 octobre 1958  

4.2. Acceptation immédiate et universelle  

4.2.1. Par les cardinaux  

4.2.2. Par le clergé et les fidèles  

4.2.3. Par les États  

4.3. Absence d opposition notable  

4.3.1. Aucune dissidence organisée  

4.3.2. L Eglise entière agit comme si Jean XXIII était le pape légitime  

  1. Conclusion logique

  

 

  1. Préliminaires

 

Pour savoir si Cardinal Joseph Roncalli est bel et bien devenu et resté pape, nous allons vérifier chez lui toutes les conditions de la papauté en quelques chapitres

 

1.1. Chapitre  Election et Acceptation A.U.P.   d abord, un pape doit être élu par le conclave et accepté par l Eglise, pour recevoir immédiatement de Dieu la juridiction pontificale, donc la papauté.

 

1.2. Chapitre  Empêchements et causes de perte de la papauté   ensuite nous allons vérifier les empêchements et causes de perte, nous avons vu en effet dans un chapitre précédent les causes d empêchement ou de perte de l office de pape. Elles sont six, selon l opinion commune des canonistes et théologiens classiques  le Décès, l Abdication, la Folie, l Hérésie Publique, l Apostasie Publique et le Schisme Public. Ce deuxième chapitre porte sur Mgr Roncalli avant son élection

 

1.3. Chapitre  Jean XXIII après son élection

 

1.4. Chapitre  Jean XXIII Hérétique occulte, découvert après la mort   enfin nous examinerons des preuves, avancées après sa mort, que Jean XXIII aurait été initié dans une secte hérétique avant son élection.

 

Donc commençons avec ce 1. Chapitre   Election et Acceptation A.U.P.

 

  1. Introduction

 

Nous allons rechercher si Cardinal Joseph Roncalli a été accepté par l Eglise, car l A.U.P., l Acceptation Universelle Pacifique d un pape  voir le chapitre sur l A.U.P.  constitue un fait dogmatique qui donne une certitude  voir le chapitre sur les Faits Dogmatiques .

 

  1. Principe certain de théologie et de droit canonique

 

Saint Thomas d Aquin enseigne que l autorité papale procède immédiatement de Dieu, mais que la désignation de la personne du pontife est médiate par l Eglise, via l election canonique. La doctrine postérieure, développée notamment par les théologiens classiques, montre que cette légitimité est ensuite rendue certaine par l acceptation universelle et pacifique de l Eglise. Le pape est légitime si, après son élection, il est reconnu comme tel par l ensemble de l Eglise sans opposition notable et durable.

 

Le Code de droit canonique de 1917 le canon 109 enseigne que le Pontificat est reçu immédiatement de droit divin après l election légitime acceptée par l élu. La théologie classique montre ensuite que l acceptation universelle et pacifique de l Eglise rend ce fait moralement certain.

 

Ceux qui sont admis dans la hiérarchie ecclésiastique ne tirent pas leur pouvoir du consentement du peuple ni de la désignation par l autorité séculière  mais ils sont constitués dans les degrés du pouvoir d ordre par la sainte ordination  dans le souverain pontificat, directement par droit divin, moyennant élection légitime et acceptation de l election  dans les autres degrés de juridiction, par la mission canonique.

 

Cela est confirmé par la doctrine du cardinal Billot avec clarté en posant que l adhésion universelle et pacifique de l Eglise à Pierre désigné est un signe infaillible que celui-ci est le vrai Pierre.

 

Cardinal Louis Billot, S.J., De Ecclesia Christi, tome I, quaestio XIV, thesis XXIX, paragraphe 3   ..il faut tenir au moins comme absolument inébranlable et posé hors de tout doute ceci   l adhésion de l Eglise universelle est par elle-même un signe infaillible de la légitimité de la personne du Pontife et de l existence de toutes les conditions requises pour la légitimité elle-même. Et il n est pas besoin d en rechercher longuement la raison. Car cela découle immédiatement de la promesse infaillible et de la providence du Christ   Les portes de l enfer ne prévaudront pas contre elle , et encore   Voici que je suis avec vous tous les jours.  Il en résulterait en effet que l Eglise adhérerait à un faux pontife et adhérerait à une règle fausse de la foi, puisque le Pape est la règle vivante que l Eglise doit suivre dans la foi et qu elle a de fait toujours suivie, comme il apparaîtra plus clairement par ce qui sera dit plus loin. Certes, Dieu peut permettre que la vacance du Siège se prolonge quelquefois longtemps. Il peut aussi permettre qu un doute surgisse au sujet de la légitimité de l un ou l autre élu. Mais il ne peut permettre que l Eglise tout entière accepte un pontife qui ne soit pas vrai et légitime. D où il suit que, celui-ci une fois reçu et uni à l Eglise comme la tête au corps, il ne subsiste plus de question à soulever concernant un vice possible de l election ou un défaut de quelque condition nécessaire à la légitimité  car l adhésion susdite de l Eglise guérit radicalement tout vice d election et manifeste infailliblement l existence de toutes les conditions requises.

 

Pie XII  Constitutio Apostolica Vacantis Apostolicae Sedes  donne au numéro 34   Aucun cardinal ne peut être exclu de quelque manière que ce soit, sous prétexte ou pour cause d excommunication, de suspension, d interdit ou d autre empêchement ecclésiastique, de l election active et passive du Souverain Pontife   Nous suspendons ces censures uniquement pour l effet de cette élection, tout en les laissant subsister dans leur force pour le reste.

 

C est intéressant de lire que Pie XII qui voulait arrêter toute fraude, simonie et complot sous peine d excommunication latae sententiae , a levé toute excommunication mais  comme vous lisez ci-dessus  juste pour le vote actif  voter  et passif  être élu pape , pas pour les autres conséquences que donnerait cette peine. Cette disposition montre au moins que Pie XII voulait empêcher que des censures ecclésiastiques puissent devenir un motif de contestation de l election pontificale, donc pour éviter des schismes après coup.  Certains historiens relatent qu il se rendait déjà compte que l Eglise était infiltrée, surtout à Rome et que par conséquent le danger de schisme était réel.

 

 

  1. Faits historiques certains

 

Election du 28 octobre 1958   Angelo Roncalli est élu au conclave par les cardinaux présents  51 votants, majorité requise   35 voix . Il accepte immédiatement l election et annonce son nom    Accipio electionem et vocabo me Ioannem XXIII   J accepte l élection et je m appellerai Jean XXIII.   Acta Apostolicae Sedis, volume 50, 1958, page 909 . Aucun cardinal connu ne formula publiquement une contestation.

 

4.2. Acceptation immédiate et universelle

4.2.1. Par les cardinaux   Tous les cardinaux présents au conclave lui prêtent obéissance dans la Chapelle Sixtine, selon le rite traditionnel  voir les comptes rendus officiels dans L Osservatore Romano du 29 octobre 1958 .

4.2.2. Par le clergé et les fidèles   Dès le 29 octobre 1958, les diocèses du monde entier annoncent son élection et ordonnent des prières pour le nouveau pontife. Et durant les mois qui suivirent l election, tous les évêques résidentiels du monde continuèrent la communion hiérarchique avec Jean XXIII, mentionnèrent son nom dans la liturgie et exercèrent leur juridiction en communion avec lui. Il s agit précisément du phénomène que les théologiens désignent par l Acceptation Universelle Pacifique.

 

4.2.3. Exemples

4.2.3.1. À Paris, le cardinal Feltin célèbre une messe d action de grâces et insère le nom de Jean XXIII dans le canon de la messe dès le 30 octobre  La Croix, 30 octobre 1958 .

4.2.3.2. À New York, le cardinal Spellman fait de même  The New York Times, 29 octobre 1958 .

4.2.3.3. En Amérique latine, en Afrique et en Asie, les nonciatures apostoliques reçoivent des télégrammes d allégeance de tous les évêques

4.2.4. Par les États   Plus de 80 chefs d Etat et de gouvernement envoient des félicitations officielles et reconnaissent Jean XXIII comme Souverain Pontife  Acta Apostolicae Sedis, volume 50, 1958, pages 915-920 . Aucun Etat catholique ne conteste.Cette reconnaissance civile ne fonde évidemment pas la légitimité pontificale  elle confirme seulement qu aucune contestation publique importante n existait alors.

 

4.3. Absence d opposition notable

Aucun cardinal, aucun évêque résidentiel, aucun patriarche catholique, aucun concile particulier ni aucune conférence épiscopale ne contesta publiquement sa qualité de pape.

Aucune dissidence organisée n apparaît en 1958-1959. Les rares voix isolées  comme celle du père Saenz y Arriaga, qui contestera plus tard  n émergent qu en 1963 et restent marginales, sans adhésion d évêques ou de fidèles en nombre significatif.

L Eglise entière  clergé, fidèles, hiérarchie  agit comme si Jean XXIII était le pape légitime   insertion de son nom dans le canon de la messe partout, publication d encycliques acceptées  Mater et Magistra, 1961   Pacem in Terris, 1963 , et convocation du concile annoncée le 25 janvier 1959 et préparée sans contestation.

 

  1. Conclusion logique

 

Puisque l acceptation pacifique universelle est un fait historique certain  reconnaissance par tous les évêques, insertion dans la liturgie, obéissance effective sans schisme notable , Angelo Roncalli a été constitué pape légitime par l A.U.P., selon la doctrine catholique traditionnelle. Toute contestation ultérieure  postérieure à 1959  ne peut rétroactivement infirmer cette acceptation pacifique initiale, car la légitimité est acquise au moment de l A.U.P. La question de savoir si Jean XXIII conserva ensuite le Pontificat est entièrement distincte. L A.U.P. démontre seulement qu il fut véritablement élu et reconnu comme pape légitime en 1958. Les éventuelles causes postérieures de perte du Pontificat doivent donc être examinées séparément.

 

 

Note

Puisque dans le monde sedevacantiste plusieurs confrères, dont un certain nombre d’évêques et prêtres, tiennent une opinion différente de la mienne, j’accepte et applique l’adage “in fide unitas, in opiniis libertas, in omnibus caritas”.

Puisqu’ils sont assez nombreux, il faut tenir compte avec une “évidence extrinsèque” en leur faveur, quoique la force des arguments que j’emploie dans le texte ci-dessus lui semble donner la vealeur d’une “évidence intrinsèque”. En tout cas je me soumets en avance à toute décision de l’Eglise dans cette matière.

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