45 L’Infiltration des Ennemis cause la Crise de l’Eglise – Les francmaçons

L’infiltration des ennemis,

cause de la crise de l’Église

Les francmaçons

 

L’infiltration maçonnique est-elle responsable de l’apostasie répandue parmi le clergé catholique ?

 

Texte réunissant un dossier sur les condamnations pontificales de la franc-maçonnerie et l’article de Raymund Maria, LifeSiteNews.

 

Table des matières

  1. Introduction : quelque chose a gravement mal tourné au sein de la hiérarchie
  2. Portée du rapport
  3. Les condamnations pontificales de la franc-maçonnerie et des sociétés secrètes

3.1. Au XVIIIe siècle : Clément XII et Benoît XIV

3.2. Au XIXe siècle : la ligne reprise et étendue aux carbonari

3.3. Pie IX

3.4. Léon XIII

3.5. Saint Pie X : l’ennemi à l’intérieur de l’Église

3.6. Conclusion de ce point

  1. L’Alta Vendita (Haute Vente) : un plan maçonnique exposé

4.1. Les documents de la Haute Vente et leur publication par Crétineau-Joly

4.2. Le sens de l’Instruction permanente

4.3. Extraits de l’Instruction permanente

  1. Pie IX

5.1. Les allégations d’appartenance maçonnique

5.2. Du libéralisme de 1846 à la condamnation du libéralisme

  1. La franc-maçonnerie italienne contre la papauté (1877-1917)

6.1. La loge Propaganda Massonica (1877)

6.2. Le cardinal Rampolla au conclave de 1903

6.3. Le défilé de 1917 sur la place Saint-Pierre

  1. Le père Luigi Villa
  2. Le plan des séminaires de 1961 et les lettres de Mgr Francesco Marchisano

8.1. Le plan et la publication des lettres

8.2. Les trois lettres

8.3. Les identifications des noms de code

  1. La Propaganda Due et Licio Gelli
  2. L’année 1978 : le rapport Gagnon, la liste de Pecorelli et la mort de Jean-Paul Ier

10.1. Le rapport Gagnon : commission, conclusions, Bugnini et Baggio

10.2. La liste de Pecorelli : 120 responsables du Vatican désignés comme francs-maçons

10.3. Qui était Pecorelli, et pourquoi il a pu publier la liste

10.4. Le pontificat d’un mois de Jean-Paul Ier et sa mort

10.5. L’assassinat de Pecorelli

  1. Noms notables de la liste de Pecorelli

11.1. Mgr Annibale Bugnini

11.2. Le cardinal Sebastiano Baggio

11.3. La demande de renonciation à 75 ans

11.4. Évêques nommés de cette époque aux États-Unis

11.5. Le cardinal Villot, Mgr Paul Marcinkus, le cardinal Agostino Casaroli

11.6. Mgr Pio Vito Pinto

  1. Conclusion
  2. Liste des sources

13.1. Actes pontificaux

13.2. Ouvrages et documents historiques

13.3. Sources de l’article de LifeSiteNews et documents complémentaires

 

 

 

  1. Introduction : quelque chose a gravement mal tourné au sein de la hiérarchie

 

Comme cela devrait être clair pour quiconque examine les faits entourant la liste de Pecorelli, la franc-maçonnerie est certainement entrée dans les murs du Vatican il y a au moins plusieurs décennies.

(LifeSiteNews) Quelque chose a gravement mal tourné au sein de la hiérarchie de l’Église. L’hérésie, le scandale, la corruption et l’apostasie répandus des pasteurs que le Christ a justement condamnés comme des « loups revêtus de peaux de brebis » sont trop systématiques, et désormais trop ouverts, pour être survenus par simple hasard ou par faiblesse humaine.

Une planification ingénieuse et une exécution impitoyable et calculée ont amené la hiérarchie de l’Église à un tel état que des évêques mauvais ne cachent plus leur rejet du dépôt de la foi, leur haine de la morale chrétienne, ni leur mépris envers les catholiques croyants et fidèles.

Le programme favorable aux personnes LGBT, à la contraception, à l’avortement et aux femmes prêtres de la « voie synodale » des évêques allemands, le « rite de bénédiction » des évêques flamands pour les couples homosexuels, le qualificatif dérisoire du cardinal Arthur Roche traitant les catholiques traditionnels de plus protestants que catholiques, l’élévation par le pape de nombreux évêques promoteurs du mouvement LGBT au collège des cardinaux, l’étouffement de l’affaire infâme McCarrick, le réseau répandu du lobby homosexuel parmi les évêques et dans les murs de Rome, la remise de l’Église souterraine de Chine au Parti communiste chinois par le Vatican, l’approbation et l’adhésion du Saint-Siège à l’Accord de Paris sur le climat, fortement favorable à l’avortement, le culte de la Pachamama et la participation à des invocations indigènes des esprits des morts… la liste continue encore et encore.

L’apostasie de masse que nous voyons aujourd’hui dans les rangs des plus hauts membres de l’Église n’a toutefois pas été l’œuvre d’un seul jour ni d’une seule année. À cet égard, quelques faits aideront à mettre la situation présente en perspective : d’abord le jugement constant des papes sur les sociétés secrètes, puis les plans de ces sociétés et leur exécution, jusqu’à l’occupation des structures romaines.

2. Portée du rapport

Le rapport ci-dessous comprendra ce qui suit :

  1. Les actes des papes, de 1738 à saint Pie X, condamnant la franc-maçonnerie, les carbonari et les sociétés secrètes du même genre comme ennemies de l’Église et de la société humaine.
  2. Le plan maçonnique d’infiltration de la hiérarchie de l’Église exposé dans l’« Alta Vendita » (Haute Vente), publié par Jacques Crétineau-Joly à la demande de Grégoire XVI puis de Pie IX.
  3. Les allégations d’appartenance maçonnique concernant Pie IX, et son passage du libéralisme initial à la condamnation définitive du libéralisme.
  4. La franc-maçonnerie italienne de 1877 à 1917, y compris l’exclusive prononcée contre le cardinal Rampolla au conclave de 1903.
  5. Le travail clandestin du père Luigi Villa contre les francs-maçons au Vatican, mission assignée par Padre Pio et confirmée par Pie XII.
  6. Une correspondance vaticane et maçonnique attestant une tentative de prise de contrôle des séminaires italiens dans les années 1960.
  7. Des faits sur la loge maçonnique romaine Propaganda Due (P2) et sur son chef Licio Gelli, comme arrière-plan de la liste de Pecorelli.
  8. L’enquête Gagnon commandée par le Vatican au sujet de l’infiltration de francs-maçons au sein du Saint-Siège, la liste de Pecorelli de 1978 identifiant 120 responsables du Vatican qui étaient membres de la franc-maçonnerie, y compris leurs dates d’entrée, leurs numéros de code et leurs acronymes, et les circonstances entourant la mort de Jean-Paul Ier.
  9. Des noms notables de la liste de Pecorelli et le dommage causé à l’Église par des prélats maçons.

3. Les condamnations pontificales de la franc-maçonnerie et des sociétés secrètes

3.1. Au XVIIIe siècle : Clément XII et Benoît XIV

La condamnation commence avant le XIXe siècle et se poursuit sans rupture.

Clément XII, constitution In eminenti apostolatus specula, 28 avril 1738 (date courante ; le texte porte « le 4 des kalendes de mai », huitième année du pontificat). Il interdit à tous les fidèles, clercs et laïcs, d’entrer dans les sociétés dites francs-maçons ou « liberi muratori », sous quelque nom que ce soit, sous peine d’excommunication encourue ipso facto.

Motif déclaré : secret juré, admission de toute religion, et jugement des hommes prudents que ces conventicules sont dépravés, car « si elles ne faisaient pas le mal, elles n’auraient pas une si grande haine de la lumière » (In eminenti, § 1 ; traduction du latin).

Benoît XIV confirme cette constitution par Providas Romanorum, 18 mai 1751.

3.2. Au XIXe siècle : la ligne reprise et étendue aux carbonari

Au XIXe siècle, la ligne est reprise et étendue aux carbonari et aux sociétés du même genre. Il faut d’abord préciser que ces condamnations ne sont pas toutes des encycliques : certaines sont des constitutions apostoliques ou des allocutions.

Pie VII, constitution Ecclesiam a Jesu Christo, 13 septembre 1821 : condamnation et anathème contre la secte des carbonari, récemment née et répandue surtout en Italie, contre leurs doctrines et contre leur utilisation trompeuse d’un langage religieux. Pie IX le rappelle expressément dans l’allocution Multiplices inter du 25 septembre 1865.

Léon XII, constitution apostolique Quo graviora, 13 mars 1825 (Codicis iuris canonici fontes, vol. II, n° 481, pp. 727–733) : renouvellement des condamnations des sociétés secrètes, notamment maçonniques et carbonaristes. Il reprend les actes de ses prédécesseurs et les confirme à perpétuité, contre toute société secrète conspirant contre l’Église ou le pouvoir civil.

Pie VIII, encyclique Traditi humilitati, 24 mai 1829 : dénonciation des sociétés clandestines menaçant l’Église et l’ordre civil, avec une attention particulière à la corruption de la jeunesse.

Les textes de Pie VII, de Léon XII et de Pie VIII sont consultables dans les éditions du Vatican. Ils établissent une continuité de condamnation, tout en distinguant les organisations visées : carbonari et franc-maçonnerie ne sont pas des appellations parfaitement interchangeables.

Grégoire XVI, encyclique Mirari vos, 15 août 1832, contre l’indifférentisme et les nouveautés liées au même esprit.

3.3. Pie IX

Pie IX intervient plusieurs fois.

Encyclique Qui pluribus, 9 novembre 1846 : condamnation des sociétés secrètes dès le commencement du pontificat.

Encyclique Quanta cura, 8 décembre 1864, avec le Syllabus : condamnation des erreurs modernes (indifférentisme, séparation de l’Église et de l’État, liberté de culte entendue comme droit), qui sont le programme public des mêmes sectes.

Allocution Multiplices inter, consistoire secret du 25 septembre 1865 : condamnation explicite de la société maçonnique et confirmation des censures antérieures. Acta Sanctae Sedis, vol. I (1865–1866), pp. 193–196, ici p. 193 :

« recensenda procul dubio est, Venerabiles Fratres, perversa illa hominum societas, quae Massonica vulgo nuncupatur, quaeque in latebris primum, tenebrisque coacta in communem exinde perniciem religionis, humanaeque societatis erupit. »

Traduction : il faut sans aucun doute compter, Vénérables Frères, parmi les machinations des ennemis du nom chrétien cette société perverse communément appelée maçonnique, d’abord réunie dans les cachettes et les ténèbres, puis sortie au dommage commun de la religion et de la société humaine. La société maçonnique est ainsi présentée comme agissant « pour la ruine commune de la religion et de la Société humaine ». Le pape confirme les constitutions antérieures, réprouve et condamne la secte maçonnique et les sociétés du même genre qui conspirent contre l’Église ou les pouvoirs légitimes, et interdit aux fidèles d’y entrer sous les peines déjà portées, dont l’excommunication réservée.

3.4. Léon XIII

Encyclique Quod apostolici muneris (28 décembre 1878), contre le socialisme et le communisme.

Encyclique Humanum genus, 20 avril 1884 : exposé doctrinal majeur contre la franc-maçonnerie et le naturalisme. Le pape parle de « cet ennemi capital » et d’« une association criminelle, non moins pernicieuse aux intérêts du christianisme qu’à ceux de la société civile ». La qualification d’hostilité envers l’Église et la société humaine correspond donc bien à la substance du texte pontifical. L’encyclique développe notamment la critique du naturalisme et de ses conséquences religieuses, morales et politiques.

Il dit que les partisans du mal se coalisent, conduits ou aidés par l’association fortement organisée et répandue des francs-maçons, qui s’élèvent ouvertement contre Dieu.

Il résume la chaîne Clément XII, Benoît XIV, Pie VII, Léon XII, Pie VIII, Grégoire XVI, Pie IX. Il déclare la secte constituée contre le droit et l’honnêteté, pernicieuse aussi bien à la chose chrétienne qu’à la cité, et interdit d’y donner son nom sous les peines dont l’Église frappe les coupables.

Il ordonne d’arracher le masque, et répète qu’aucun homme ne doit penser pouvoir, pour quelque motif que ce soit, entrer dans la secte maçonnique s’il estime son nom catholique et son salut éternel.

Lettre Dall’alto dell’Apostolico Seggio, 15 octobre 1890 : dénonciation de l’action maçonnique dans la politique antireligieuse italienne.

Inimica vis (8 décembre 1892).

Custodi di quella fede, 8 décembre 1892 : mise en garde adressée aux catholiques italiens contre les organisations et l’influence maçonniques. La franc-maçonnerie y est qualifiée d’ennemie de Dieu, de l’Église et de la patrie. Mais le même texte invite à ne pas exagérer sa puissance en attribuant tous les maux à son action directe et immédiate. Cette précision appartient elle aussi au jugement du pape.

3.5. Saint Pie X : l’ennemi à l’intérieur de l’Église

Sur l’existence d’ennemis à l’intérieur de l’Église, un texte ultérieur est particulièrement explicite : saint Pie X, encyclique Pascendi dominici gregis, 8 septembre 1907, décrit les modernistes comme présents « dans le sein même et au cœur de l’Église, ennemis d’autant plus redoutables qu’ils le sont moins ouvertement ». C’est une dénonciation certaine d’une subversion intérieure ; ce passage n’identifie cependant pas tous les modernistes à des francs-maçons.

3.6. Conclusion de ce point

Le magistère du XIXe siècle, dans la continuité de 1738, tient la franc-maçonnerie et les sectes apparentées pour ennemies de l’Église et de la société humaine, et en fait une cause d’excommunication. Ce n’est pas une opinion d’historiens. C’est l’enseignement pontifical.

4. L’Alta Vendita (Haute Vente) : un plan maçonnique exposé

4.1. Les documents de la Haute Vente et leur publication par Crétineau-Joly

La publication est due à une demande de Grégoire XVI puis de Pie IX.

Jacques Crétineau-Joly, L’Église romaine en face de la Révolution, ouvrage composé sur des documents inédits, Paris, Henri Plon, 1859, deux tomes, t. II, pp. 82–90. Le tome II contient la correspondance saisie, attribuée à la Haute Vente (Alta Vendita) des carbonari, avec le texte connu sous le nom d’Instruction permanente. Grégoire XVI aurait remis ces papiers à l’historien. Pie IX adressa à l’auteur un bref d’approbation le 25 février 1861. Maynard présente ce bref comme une garantie de l’authenticité des documents publiés ; cette appréciation appartient à son commentaire. La traduction publiée du bref ne contient pas l’interdiction de révéler les vrais noms cachés sous les pseudonymes, notamment Nubius. Pie IX, bref à Jacques Crétineau-Joly du 25 février 1861, dans U. Maynard, Jacques Crétineau-Joly. Sa vie politique, religieuse et littéraire d’après ses mémoires, sa correspondance et autres documents inédits, Paris, Firmin-Didot et Cie, 1875, pp. 400–402 et 421–422.

L’article de LifeSiteNews situe le document « à la fin du dix-neuvième siècle » ; l’édition de Crétineau-Joly date toutefois de 1859, et les papiers furent remis à l’historien sous Grégoire XVI. Le texte fut repris en anglais en 1885 par George F. Dillon, The War of Antichrist with the Church and Christian Civilization, Dublin, M. H. Gill & Son ; Londres et New York, Burns and Oates, 1885, chap. XIV, pp. 65–72.

4.2. Le sens de l’Instruction permanente

« L’Instruction permanente de l’Alta Vendita » ordonnait aux membres de la loge maçonnique d’entreprendre un effort de longue durée pour miner l’Église catholique de l’intérieur. Elle envisageait une durée pouvant atteindre un siècle, sans imposer un programme d’une durée fixe de cent ans (Crétineau-Joly, L’Église romaine en face de la Révolution, 1859, t. II, p. 84).

D’après les reproductions du texte publié en 1859 et repris en 1885, la Haute Vente dit que le pape, quel qu’il soit, ne viendra pas aux sociétés secrètes. Ce sont les sociétés secrètes qui doivent aller à l’Église pour la conquérir. Le moyen n’est pas un coup de force, mais une corruption lente du clergé par les idées libérales, jusqu’à obtenir un clergé et, à terme, un pape gagnés à la révolution, de sorte que la révolution passe par le sommet. Formule souvent citée, à prendre comme traduction du sens, non comme citation latine : il faut le triomphe de l’idée révolutionnaire par un pape (Nubius à Volpe, 3 avril 1824, dans Crétineau-Joly, L’Église romaine en face de la Révolution, 1859, t. II, p. 129). Le travail est celui d’une génération, non d’un jour. L’instruction doit rester secrète pour les simples initiés et ne pas paraître un ordre venu de la Haute Vente.

4.3. Extraits de l’Instruction permanente

Le document déclarait :

« Le Pape, quel qu’il soit, ne viendra jamais aux Sociétés secrètes : c’est aux Sociétés secrètes à faire le premier pas vers l’Église […] Le travail que nous allons entreprendre n’est l’œuvre ni d’un jour, ni d’un mois, ni d’un an ; il peut durer plusieurs années, un siècle peut-être ; mais dans nos rangs le soldat meurt et le combat continue. […]

Une fois votre réputation établie, dans les collèges, […] et dans les séminaires, une fois que vous aurez capté la confiance des professeurs et des étudiants, faites que ceux qui principalement s’engagent dans la milice cléricale aiment à rechercher vos entretiens. […] puis peu à peu vous amenez vos dupes au degré de cuisson voulu. Quand sur tous les points à la fois de l’État ecclésiastique ce travail de tous les jours aura répandu nos idées comme la lumière, alors vous pourrez apprécier la sagesse du conseil dont nous prenons l’initiative. […]

Cette réputation donnera accès à nos doctrines au sein du jeune clergé comme au fond des couvents. Dans quelques années, ce jeune Clergé aura, par la force des choses, envahi toutes les fonctions ; il gouvernera, il administrera, il jugera, il formera le conseil du souverain, il sera appelé à choisir le Pontife qui devra régner, et ce Pontife, comme la plupart de ses contemporains, sera nécessairement plus ou moins imbu des principes […] humanitaires que nous allons commencer à mettre en circulation. […]

Que le Clergé marche sous votre étendard en croyant toujours marcher sous la bannière des Clefs apostoliques. Vous voulez faire disparaître le dernier vestige des tyrans et des oppresseurs, tendez vos filets comme Simon Barjone ; tendez-les au fond des sacristies, des séminaires et des couvents plutôt qu’au fond de la mer […] vous, vous amènerez des amis autour de la Chaire apostolique. » (Jacques Crétineau-Joly, L’Église romaine en face de la Révolution, Paris, Henri Plon, 1859, t. II, p. 84 et pp. 88–90.)

5. Pie IX

5.1. Les allégations d’appartenance maçonnique

Plusieurs auteurs et historiens, principalement issus des obédiences maçonniques, ont publié des textes soutenant l’appartenance de Giovanni Maria Mastai-Ferretti à la franc-maçonnerie.

L’auteur maçonnique Dudley Wright, dans son livre « Roman Catholicism and Freemasonry » (Le catholicisme romain et la franc-maçonnerie, Londres, William Rider & Son, 1922, pp. 172–175), affirme que Pie IX a été initié le 15 août 1839 au sein de la loge « Eterna Catena » (Chaîne Éternelle) à Palerme.

L’auteur J. W. Horsley, dans « Pius IX and Freemasonry », publié dans la revue de recherche maçonnique « Ars Quatuor Coronatorum » (Les Arts des Quatre Couronnés), volume 26, publié en 1913, aux pages 218 et 219, affirme que la signature du futur pape se trouve dans les registres d’une loge italienne située à Montevideo, en Uruguay, à la suite de son passage en Amérique du Sud comme auditeur apostolique.

Le chercheur maçonnique James A. Marples (The Great Likelihood of Pope Pius IX Being a Freemason, s. d., pp. 1 et 6) a également publié des études dans lesquelles il soutient et valide la thèse selon laquelle Giovanni Mastai-Ferretti était franc-maçon.

5.2. Du libéralisme de 1846 à la condamnation du libéralisme

En revanche, il est historiquement avéré par la plupart des historiens qu’il passait au moins pour libéral à son élection en 1846, époque où il a accordé une amnistie aux prisonniers politiques. Face aux révolutions de 1848 et après l’assassinat de son ministre Pellegrino Rossi, il a fui Rome pour Gaëte. À la suite de cela, il a condamné définitivement le libéralisme. Il a promulgué l’encyclique Quanta cura et le Syllabus (1864), et a défini de son autorité suprême les dogmes de l’Immaculée Conception (1854) et de l’infaillibilité pontificale (1870). Pie IX n’a jamais été prouvé franc-maçon, mais il a bel et bien rompu avec les idées libérales pour devenir l’un des papes les plus fermement opposés aux erreurs de son temps.

6. La franc-maçonnerie italienne contre la papauté (1877-1917)

6.1. La loge Propaganda Massonica (1877)

Au moment de la publication de l’Alta Vendita, la franc-maçonnerie italienne portait une animosité particulièrement anticléricale et une haine de la papauté et de l’Église. En 1877, la loge Propaganda Massonica, également connue sous le nom de Propaganda Due (P2), fut établie à Rome pour des personnes politiques dont l’appartenance était tenue entièrement secrète, en raison des condamnations papales de la maçonnerie, de leur fonction publique et de leur proximité avec la papauté.

6.2. Le cardinal Rampolla au conclave de 1903

Mariano Rampolla del Tindaro, secrétaire d’État sous Léon XIII, était le favori pour devenir pape lors du conclave de 1903. Il fut bloqué lors du conclave, et l’accusation d’appartenance sectaire est documentée. Le 2 août 1903, le cardinal Puzyna prononça contre sa candidature l’exclusive (veto) de l’empereur d’Autriche-Hongrie, François-Joseph ; il ne s’agissait pas d’annuler une élection déjà acquise (Un témoin, « Les Derniers jours de Léon XIII et le Conclave de 1903 », Revue des Deux Mondes, 15 mars 1904, section IV). Selon les travaux documentés par les revues catholiques antimaçonniques de l’époque et les milieux traditionnels, ce veto dramatique fut prononcé parce que des preuves de l’appartenance secrète de Rampolla à la franc-maçonnerie (ou à l’Ordo Templi Orientis) avaient été portées à la connaissance de l’empereur. L’intervention du pouvoir civil catholique en 1903 a empêché un candidat accusé avec de lourds soupçons de franc-maçonnerie de s’asseoir sur le siège de Pierre.

6.3. Le défilé de 1917 sur la place Saint-Pierre

En 1917, pour célébrer leur deux-centième anniversaire, les maçons défilèrent ouvertement sur la place Saint-Pierre en brandissant une bannière qui disait : « Satan gouvernera au Vatican et le pape le servira comme garde suisse. »

7. Le père Luigi Villa

Pour ajouter à l’intrigue maçonnique au sein de l’Église, outre le travail de Mgr Gagnon dans l’enquête sur la franc-maçonnerie au Vatican (voir le chapitre 10), il y eut un autre prêtre qui, pendant plusieurs décennies, tant avant qu’après, fut aussi engagé dans la même mission.

En 1956, le père Luigi Villa, lors d’une visite à Padre Pio, reçut du saint la mission de consacrer toute sa vie à défendre l’Église contre l’œuvre des francs-maçons, surtout ceux qui étaient au sein de l’Église. Par la suite, le pape Pie XII confirma personnellement cette mission en donnant à Villa un mandat papal de faire exactement cela. Le pape plaça le prêtre sous la protection des cardinaux Alfredo Ottaviani, préfet du Saint-Office, Pietro Parente et Pietro Palazzini (Franco Adessa, Chi era realmente don Luigi Villa?, pp. 6–8).

Villa travailla sans relâche au cours de sa carrière sacerdotale pour découvrir et entraver les manœuvres des francs-maçons qui s’étaient infiltrés dans les rangs de la hiérarchie, subissant sept tentatives d’assassinat à cause des ennemis qu’il s’était faits (Franco Adessa, Chi era realmente don Luigi Villa?, p. 98).

En 1971, Villa fonda la revue Chiesa Viva (L’Église vivante), avec des correspondants de tous les continents, pour exposer l’œuvre des maçons au sein de l’Église. Villa conduisit lui-même des enquêtes sur l’appartenance de prélats et de prêtres à la franc-maçonnerie, vérifiant des documents au moyen de dossiers de police et de listes de loges maçonniques. En 1992, Chiesa Viva republia la liste de Pecorelli (voir le chapitre 10) avec une présentation du magistrat Carlo Alberto Agnoli, auteur de « La massoneria alla conquista della Chiesa » (La franc-maçonnerie à la conquête de l’Église, Rome, E.I.L.E.S., 1996, p. 3 et pp. 14–29), qui souligna la fiabilité de la liste (Chiesa viva, no 231, juillet-août 1992 ; lettre republiée sous le titre « La “Lista Pecorelli” », no 420, octobre 2009, pp. 52–53).

8. Le plan des séminaires de 1961 et les lettres de Mgr Francesco Marchisano

8.1. Le plan et la publication des lettres

Plusieurs décennies plus tard, suivant les incitations de l’Alta Vendita, les francs-maçons en Italie commencèrent à exécuter un plan concret pour miner l’Église de l’intérieur. Mgr Francesco Marchisano, qui devint ultérieurement président de la Commission pontificale pour le patrimoine culturel de l’Église et qui portait le nom de code maçonnique FRAMA, écrivit trois lettres au grand maître du Grand Orient d’Italie (G.O.I.) au sujet d’un plan pour prendre le contrôle des séminaires sacerdotaux dans les régions italiennes du Piémont et de la Lombardie. Les deux premières sont datées de 1961 ; la troisième porte la date du 14 octobre, sans indication d’année.

Les séminaires de Trente, de Turin et d’Udine furent identifiés comme des lieux idéaux pour la tentative, où un bon nombre de confrères francs-maçons étaient déjà connus pour s’être infiltrés.

Les lettres furent obtenues et publiées en septembre 2002 par le père Luigi Villa, dans un dossier intitulé « Una nomina scandalo! » (Une nomination scandaleuse !), et de nouveau en septembre 2019 dans Chiesa Viva. La publication de 2002 vint en réponse à la nomination de Marchisano au poste de vicaire général pour la Cité du Vatican et de président des Travaux de Saint-Pierre. Villa avait auparavant exposé les données complètes d’inscription maçonnique du monsignore en juin 1981 dans Chiesa Viva.

8.2. Les trois lettres

Les lettres du monsignore au grand maître se lisent comme suit (Chiesa viva, nº 420, octobre 2009, pp. 42–44 ; traduction de l’italien) :

 

23 mai 1961

Illustre et vénérable Grand Maître,

C’est avec une grande joie que j’ai reçu, par l’intermédiaire de F. MAPA (Mgr Pasquale Macchi, secrétaire du pape Paul VI), votre délicate tâche : organiser silencieusement, dans tout le Piémont et la Lombardie, la désagrégation des études et de la discipline dans les séminaires. Je ne vous cache pas que la tâche est immense et que j’ai besoin de nombreux collaborateurs, surtout parmi le personnel enseignant. Vous devriez me les signaler afin que je puisse les approcher le plus tôt possible et étudier ensemble la tactique. Je me réserve des communications plus précises après une rencontre et un entretien personnel avec MAPA.

En attendant, veuillez accepter mon salut dévoué.

Frama

Au vénérable Grand Maître du G.O. (remis en main propre)

 

12 septembre 1961

Illustre et vénérable Grand Maître,

Après avoir approché et contacté plusieurs fois les F.F. (confrères francs-maçons) Pelmi (Michele Pellegrino, selon le tableau publié dans Chiesa viva) et Bifra (Franco Biffi, recteur de l’Université du Latran), je suis retourné auprès de MAPA pour soumettre un premier plan de travail. Il recommande de commencer par la désintégration des programmes d’études, en pressant nos enseignants fidèles pour qu’avec des arguments de nouvelle pseudo-théologie et de pseudo-philosophie, ils jettent la semence chez les étudiants, désormais assoiffés de nouveautés. Ainsi, la rupture disciplinaire sera une simple conséquence qui en résultera spontanément, sans que nous ayons à nous en occuper : les étudiants eux-mêmes s’en chargeront. Il est donc essentiel que vous payiez bien ces enseignants, dont vous avez déjà la liste. Je serai un surveillant diligent et je vous rapporterai tout, fidèlement.

Avec le salut le plus dévoué et amical

Frama

Au Grand Maître – Palazzo Giustiniani (remis en main propre)

 

14 octobre

Illustre et vénérable Grand Maître,

Lors de la réunion, hier soir, les F.F. (confrères francs-maçons) Pelmi, Mapa, Bifra, Salma (Salvatore Marsili, O.S.B., abbé de Finalpia), Buan (Mgr Annibale Bugnini, Commission de la liturgie), Algo (Alessandro Gottardi, archevêque de Trente) et Vino (Virgilio Noè, maître des cérémonies) étaient présents ; j’ai pu conclure que : premièrement, nous devrions commencer des expériences dans certains séminaires d’Italie, ceux de Trente et de Turin, ou celui d’Udine où nous avons un bon nombre de F.F. (confrères francs-maçons) ; deuxièmement, nous devons répandre notre concept de liberté et de dignité de la personne humaine dans tous les séminaires, sans aucune entrave, ni de la part des supérieurs, ni de celle d’aucune loi. Il faut une large diffusion d’imprimés. À ce point, une réunion avec vous tous est urgente pour décider comment agir et à qui confier les diverses tâches.

Avec mon salut dévoué

Frama

Au Grand Maître – Palazzo Giustiniani (remis en main propre)

8.3. Les identifications des noms de code

Les identifications entre parenthèses, à l’exception de celle de Pelmi, sont celles de l’article source : MAPA comme Mgr Pasquale Macchi, secrétaire du pape Paul VI ; Bifra comme Franco Biffi, recteur de l’Université du Latran ; Salma comme Salvatore Marsili, O.S.B., abbé de Finalpia ; Buan comme Mgr Annibale Bugnini, Commission de la liturgie ; Algo comme Alessandro Gottardi, archevêque de Trente ; Vino comme Virgilio Noè, maître des cérémonies. Le tableau publié dans Chiesa viva identifie Pelmi à Michele Pellegrino (nº 420, octobre 2009, pp. 44–45). Cette identification éditoriale ne prouve pas l’affiliation maçonnique alléguée. La troisième lettre n’est datée que du « 14 octobre » ; son année demeure indéterminée.

9. La Propaganda Due et Licio Gelli

Licio Gelli n’avait rejoint la franc-maçonnerie italienne qu’en 1965. Toutefois, il s’éleva rapidement à un rôle d’un pouvoir incroyable au sein de la maçonnerie et en Italie lorsque, en 1970, Lino Salvini, alors grand maître de la loge du Grand Orient d’Italie, chargea Gelli de restructurer la loge Propaganda Due de Rome, dont il devint le vénérable maître en 1975. Cette loge, fondée à l’origine en 1877 (voir 6.1), passa d’un simple effectif de 14 membres au milieu des années 1960 à près de 1 000 à la fin des années 1970 sous la direction de Gelli.

Le 17 mars 1981, la police italienne perquisitionna le domicile de Gelli dans le cadre d’une enquête sur l’enlèvement allégué du banquier sicilien Michele Sindona. Les autorités découvrirent des listes de 962 membres de la loge maçonnique Propaganda Due, regroupés par fonction politique, tous sous la coupe de Licio Gelli, vénérable maître de la loge. La loge comptait des membres de haut rang de presque toutes les branches du gouvernement du pays, y compris la défense nationale. Les noms comprenaient 43 membres du Parlement, 3 membres du cabinet, 43 généraux, 8 amiraux, les chefs de toutes les forces armées d’Italie, les chefs des services de sécurité, des diplomates, les chefs de police des quatre plus grandes villes d’Italie, et des responsables du Vatican, pour ne donner que quelques-unes des personnalités politiques les plus en vue.

Pour les autorités italiennes qui ne figuraient pas parmi les membres de la P2, le vaste réseau de maçons de Gelli, secrètement responsables devant lui, constituait un « État dans l’État » et menaçait la stabilité et la souveraineté de la nation. S’étant jetée dans la mêlée de la politique italienne, la P2 fut impliquée dans des affaires telles que l’attentat du train « Italicus » de 1974, dans lequel 12 personnes furent tuées, et le massacre de la gare de Bologne, dans lequel 85 personnes furent tuées.

Ses membres furent aussi trouvés avoir pris le contrôle de la Banque du Vatican, amenant le Saint-Siège presque à la faillite dans un scandale financier qui éclata au milieu des années 1980 et dont le Vatican ne s’est pas encore entièrement dégagé. Dans les années 1970, les activités de la P2 causèrent même une agitation au sein de la franc-maçonnerie, aboutissant finalement à la dissolution officielle de la loge Propaganda Due en 1981 par le Grand Orient d’Italie.

10. L’année 1978 : le rapport Gagnon, la liste de Pecorelli et la mort de Jean-Paul Ier

10.1. Le rapport Gagnon : commission, conclusions, Bugnini et Baggio

L’enquête de Mgr Édouard Gagnon sur la franc-maçonnerie au sein de la Curie romaine avait été officiellement commandée par Paul VI en réponse à l’accusation particulière selon laquelle deux prélats de haut rang étaient francs-maçons : Annibale Bugnini et Sebastiano Baggio (Charles Theodore Murr, Murder in the 33rd Degree, 2022, p. xvi et pp. 81–82). Bugnini était chargé de la Commission pour la réforme de la liturgie latine après le concile Vatican II, qui produisit le Novus Ordo Missale Romanum (le nouveau missel romain). Baggio était préfet de la Congrégation pour les évêques, responsable de la nomination et du choix des évêques dans tout le monde catholique.

Il s’agissait d’un audit officiel de trois ans de tous les bureaux du Saint-Siège, concernant des allégations selon lesquelles certains prélats et clercs de la Curie romaine étaient secrètement membres de la franc-maçonnerie. En même temps que la publication de la liste de Pecorelli, dans les murs du Vatican, ses conclusions furent présentées en personne au pape Jean-Paul Ier. Selon les mémoires récemment publiés du secrétaire de Gagnon, le père Charles Murr : « Mgr Gagnon compila un dossier exhaustif qui ne lui laissa aucun doute que ces allégations choquantes étaient en fait vraies. » (Charles Theodore Murr, Murder in the 33rd Degree, 2022, p. xvi.)

Bien que le contenu complet de l’enquête de Gagnon ne soit pas publiquement connu, certains détails sur l’affaire ont été divulgués. Parmi ces détails figure le fait que Gagnon fit savoir qu’il avait effectivement des preuves confirmant que Mgr Bugnini et le cardinal Baggio étaient membres de la franc-maçonnerie. Ces preuves comprenaient l’authentification de documents par INTERPOL, l’Organisation internationale de police criminelle, chargée de l’enquête sur les crimes internationaux (Charles Theodore Murr, Murder in the 33rd Degree, 2022, p. 123). Les conclusions de Gagnon corroboraient ainsi la liste de Pecorelli, qui comprenait aussi les noms de ces cardinaux.

À la suite de l’enquête de Gagnon, Bugnini fut envoyé dans les dernières années de sa vie en Iran comme nonce apostolique, où il ferait ostensiblement le moins de mal à l’Église, étant donné la rareté des catholiques en Iran et l’interaction presque inexistante entre le Saint-Siège et le gouvernement islamique de l’Iran.

Baggio, toutefois, se révéla plus difficile à écarter. Il resterait en fait à la tête de la Congrégation pour les évêques jusqu’au 8 avril 1984, plusieurs années après le début du pontificat du pape Jean-Paul II, occupant cette fonction depuis le 26 février 1973, soit pendant environ onze ans (Acta Apostolicae Sedis, vol. LXV, 1973, p. 111 ; vol. LXXVI, 1984, pp. 507–508). La longueur de son mandat contribuerait considérablement au dommage incalculable causé à l’Église par ce faiseur de rois épiscopal maçon (voir 11.2 et 11.3).

10.2. La liste de Pecorelli : 120 responsables du Vatican désignés comme francs-maçons

Le 12 septembre 1978, près d’un siècle après la publication de l’Alta Vendita et un peu moins de deux décennies après le lancement du complot visant à prendre le contrôle des séminaires d’Italie, l’avocat et journaliste d’investigation italien Carmine « Mino » Pecorelli (l’article de LifeSiteNews écrit « Carmine Minor Pecorelli »), directeur d’une agence de presse et d’une revue spécialisées dans les scandales politiques et les crimes, l’Osservatore Politico (« L’Osservatorio Politico », L’Observatoire politique, dans l’article de LifeSiteNews), publia une liste de cardinaux, d’évêques, de prêtres de haut rang et d’officiels du Vatican qu’il identifiait comme membres de loges maçonniques. La liste en vint à être connue sous le nom de « liste de Pecorelli », et comprenait les noms, les dates d’entrée (d’initiation) dans la franc-maçonnerie, les numéros de code (numéros de matricule maçonnique) et les acronymes de 120 responsables du Vatican, soit plus de cent prélats, cardinaux et officiels.

Ces événements et l’occupation des structures romaines par des réseaux ennemis se sont produits après la défection de Paul VI, le dernier pape, dont le pontificat légitime s’est achevé par son hérésie publique en 1964. La liste Pecorelli est un fait documenté prouvant l’occupation maçonnique des institutions vaticanes post-conciliaires, une révélation qui a coûté la vie à son auteur (voir 10.5).

10.3. Qui était Pecorelli, et pourquoi il a pu publier la liste

Pecorelli appartenait lui-même à la loge maçonnique romaine Propaganda Due (P2), décrite au chapitre 9.

Pourquoi Pecorelli publia une liste de membres de haut rang du Vatican dont il affirmait qu’ils figuraient aussi parmi les francs-maçons ne sera peut-être jamais connu. Était-ce une calomnie ? Était-ce pour discréditer l’Église ? Ou était-ce parce que sa liste aurait justement exposé le plus grand scandale dans les murs du Vatican de son temps, ou du nôtre, une œuvre qui n’était pas sans attrait pour un journaliste politique disposant d’informations internes sensibles.

10.4. Le pontificat d’un mois de Jean-Paul Ier et sa mort

En prenant un peu de recul, quelques faits frappants sur le pontificat d’un mois de Jean-Paul Ier soulèvent la question de la profondeur des complots maçonniques au sein du Vatican. Le 12 septembre 1978, Pecorelli publia sa liste. Le 25 septembre 1978, Mgr Gagnon rencontra en privé Jean-Paul Ier pour lui présenter les conclusions de son enquête de trois ans sur la même matière. L’archevêque portait un volumineux dossier et fit savoir à son secrétaire qu’il avait abordé avec le Pontife le sujet de l’appartenance de Baggio à la loge maçonnique. Il dit aussi à son secrétaire que le pape avait accepté de s’occuper du cardinal maçon. (Charles Theodore Murr, Murder in the 33rd Degree, 2022, pp. 117–128.)

Le 28 septembre, Jean-Paul Ier appela personnellement Baggio pour qu’il vienne rencontrer le Pontife dans son bureau ce jour-là. Baggio rencontra le pape en privé dans son appartement personnel plus tard dans la soirée, à 20 heures, pendant environ une heure, et fut entendu en train de crier contre le pape par les gardes suisses qui se tenaient à l’extérieur de la pièce, ce dont ils témoignèrent plus tard (Charles Theodore Murr, Murder in the 33rd Degree, 2022, pp. 129–132). Le lendemain matin, le 29 septembre, Jean-Paul Ier fut trouvé mort dans sa chambre. Le médecin déclara qu’il était mort vers 23 heures la nuit précédente.

Étant donné les circonstances et les questions entourant la mort de Jean-Paul Ier — le fait que le Pontife mourut si soudainement à peine deux semaines après la publication de la liste de Pecorelli, trois jours après avoir reçu en audience privée le rapport de Gagnon, et seulement deux heures après sa confrontation avec Baggio, le maçon qui nommait les évêques de l’Église et le dernier homme à avoir vu le Pontife avant qu’il ne fût trouvé mort —, le père Luigi Villa, un responsable du Vatican travaillant sous la protection du Saint-Office (voir le chapitre 7), ordonna au cardinal Palazzini de faire procéder à une autopsie. Trois autopsies, officiellement appelées « examens médicaux », furent conduites, le verdict de chacune confirmant que le pape avait été assassiné (Franco Adessa, Who Really Was Father Luigi Villa?, Oconomowoc, The Apostolate of Our Lady of Good Success, s. d., p. 28). Les résultats des autopsies ne furent pas publiés par le Vatican, qui donna officiellement une « crise cardiaque » comme cause de la mort du pape, après avoir changé plusieurs fois le récit.

La chronologie propre de l’article est conservée telle qu’elle est écrite : l’article dit que la mort eut lieu « seulement deux heures après sa confrontation avec Baggio », et dit aussi que la rencontre eut lieu à 20 heures et que le médecin déclara la mort vers 23 heures. Les deux affirmations sont conservées. Selon la vue sédévacantiste, Jean-Paul Ier n’était pas pape.

10.5. L’assassinat de Pecorelli

Ce qui est connu, c’est que Pecorelli fut mystérieusement assassiné à Rome six mois après la publication de sa liste, presque jour pour jour, le 20 mars 1979. Il fut tué de quatre coups de feu dans le quartier Prati de Rome. Le jugement décrit deux projectiles Fiocchi et deux projectiles Gevelot (Corte di assise di Perugia, jugement nº 3/99 du 24 septembre 1999, pp. 42–46). Les projectiles Gevelot étaient d’un type particulièrement rare, difficile à trouver tant sur les marchés légaux que clandestins. Ce même type de balle Gevelot fut découvert dans le stock d’armes de la « Banda della Magliana » (la Bande de la Magliana), dissimulé dans le sous-sol du ministère italien de la Santé. Parmi les personnes visées par les enquêtes de police figurait le chef de la Propaganda Due, Licio Gelli.

11. Noms notables de la liste de Pecorelli

Des volumes pourraient être écrits sur le dommage causé à l’Église par les cardinaux, les évêques et les prêtres nommés comme francs-maçons sur la liste de Pecorelli. Je me limite à n’en considérer que quelques-uns.

11.1. Mgr Annibale Bugnini

Dans la liste imprimée, Mgr Annibale Bugnini est indiqué comme ayant rejoint la franc-maçonnerie le 23 avril 1963, avec le numéro de code 1365/75 et l’acronyme BUAN (OP — Osservatore Politico, 12 septembre 1978, p. 4). Cette date est celle portée par la liste, indépendamment de l’authenticité de celle-ci. Il figure aussi, sous ce nom de code, parmi les présents à la réunion décrite dans la lettre de Marchisano du 14 octobre (voir 8.2). Bugnini fut l’homme qui mena les changements apportés à la liturgie, changements dont les buts étaient de retirer du rite romain de la messe tout ce qui serait objectionnable pour les protestants. Les textes des prières anciennes de l’Église et ses choix dans l’Écriture furent dépouillés d’une grande partie de leur contenu doctrinal ainsi que de l’accent tridentin, si prisé, sur le caractère sacrificiel de la messe, si crucial pour combattre les hérésies protestantes. Les changements dans l’aménagement du sanctuaire furent modelés sur le style du temple maçonnique, dans lequel l’autel se tient au centre plutôt que tourné vers l’Orient.

Les accents anthropocentriques relevés de la liturgie du Novus Ordo et le déplacement radical vers une libéralisation de la doctrine et de la pratique dans l’Église, qui a accompagné les changements liturgiques de la messe, sont le fruit peu surprenant du travail d’un franc-maçon autorisé à changer sans scrupule, à sa volonté, tout ce qui lui plaisait et qu’il pensait pouvoir imposer impunément à toute l’Église latine.

11.2. Le cardinal Sebastiano Baggio

Tout aussi dommageable pour l’Église fut le long mandat du cardinal Sebastiano Baggio dans son rôle de préfet de la Congrégation pour les évêques, ce qui fit effectivement de lui une sorte de marionnettiste maçon. Selon la liste de Pecorelli, Baggio s’inscrivit dans la loge maçonnique le 14 août 1957, avec le numéro de code 85/2640 et l’acronyme SEBA. Il fut nommé préfet de la Congrégation pour les évêques le 26 février 1973 (Acta Apostolicae Sedis, vol. LXV, 1973, p. 111). Selon l’article, cette nomination intervint après que le cardinal Jean Villot — également indiqué par Pecorelli comme maçon, et qui servait alors comme secrétaire d’État sous Paul VI depuis 1969 — eut fortement fait pression pour obtenir la nomination de Baggio à ce rôle. Il aurait déjà été assez grave qu’un franc-maçon eût la moindre part dans le choix d’un évêque, mais que Baggio fût fait préfet de la Congrégation pour les évêques et fût ainsi libre de nommer, dans le monde entier et pendant plus d’une décennie, des évêques libéraux, modernistes, homosexuels et maçons, est insondable.

Dans une lettre à son vénérable grand maître, datée du 4 janvier 1969, Baggio remercia la loge maçonnique d’avoir assuré son élévation au Sacré Collège des cardinaux, assurant ses confrères maçons de sa coopération continue à pénétrer les milieux ecclésiastiques, surtout les rôles de direction, en vue de « ruiner toute l’Église de l’intérieur dans tous les secteurs ». Cette lettre fut photographiée et récemment publiée en 2019 dans Chiesa Viva (nº 529, septembre 2019, p. 4 ; nº 465, novembre 2013, p. 18) :

4 janvier 1969

Au Vénérable Grand Maître

Aux très estimés Assistants

Je viens de recevoir la communication de Mapa concernant ma nomination comme cardinal, obtenue par Vous grâce à tous Vos moyens puissants. Je m’empresse d’exprimer à vous tous, Frères bien-aimés et estimés, mes remerciements reconnaissants et dévoués. Comme par le passé, je suis toujours à Votre disposition concernant nos programmes d’expansion et de pénétration dans les milieux ecclésiastiques, surtout dans ces sphères de direction qui seront, demain, les points principaux pour ruiner toute l’Église de l’intérieur dans tous les secteurs.

Avec une loyauté renouvelée, V.F. vous salue.

SB (Sebastiano Baggio)

« Mapa » est le même nom de code que dans les lettres de Marchisano (Mgr Pasquale Macchi, voir 8.3). V.F. n’est pas développé dans l’article.

11.3. La demande de renonciation à 75 ans

Pour ajouter l’insulte à l’injure faite à l’Épouse du Christ et assurer le retrait en masse de l’arrière-garde des évêques orthodoxes dans l’Église, ce fut avant le gouvernement de Baggio comme faiseur d’évêques que fut formulée, pour la première fois dans l’histoire de l’Église, la demande faite aux évêques de présenter leur renonciation à 75 ans. Paul VI la formula dans le motu proprio Ecclesiae Sanctae du 6 août 1966, I, nº 11 (Acta Apostolicae Sedis, vol. LVIII, 1966, p. 763). Cette demande ne produisait pas automatiquement la vacance du siège : la renonciation devait être acceptée. De nombreux sièges épiscopaux dans le monde devinrent ainsi vacants après l’acceptation des renonciations présentées par des évêques de plus de 75 ans. Cette situation permit ultérieurement uniquement à Baggio d’avoir largement les mains libres pour remplacer presque tout l’épiscopat de l’Église en un temps très court et pour tenter de le remodeler à son image. Rarement un homme, pape ou évêque, s’est trouvé dans une telle position pour influencer une si vaste partie de l’épiscopat catholique en si peu de temps.

11.4. Évêques nommés de cette époque aux États-Unis

C’est de cette époque que l’Église aux États-Unis reçut des évêques tels que McCarrick, Weakland, Mahony, Brown et Bernadin. Les crimes et les péchés sur les mains de ces hommes comprennent le viol homosexuel, une liaison homosexuelle, l’abus sexuel de mineurs, l’étouffement de prêtres abuseurs, la promotion des femmes prêtres, un piétinement militant de la musique et de la liturgie traditionnelles de l’Église, l’interdiction faite aux catholiques de s’agenouiller devant le Saint-Sacrement pour la sainte communion, et l’édulcoration de l’enseignement de l’Église sur le caractère sacré de la vie humaine pour l’enfant à naître, pour ne mettre que quelques péchés et scandales à leur nom.

11.5. Le cardinal Villot, Mgr Paul Marcinkus, le cardinal Agostino Casaroli

D’autres personnes nommées sur la liste de Pecorelli comprennent le cardinal Villot, secrétaire d’État du Saint-Siège sous Paul VI, qui agit comme une sorte de patron pour Baggio, obtenant sa nomination à la Congrégation pour les évêques. Fut aussi nommé Mgr Paul Marcinkus, chef de la Banque du Vatican, qui rejoignit la maçonnerie le 21 août 1967, avec le numéro de code 43/649 et l’acronyme MARPA, et qui fut impliqué dans le scandale bancaire qui faillit renverser financièrement le Saint-Siège dans les années 1980 (voir le chapitre 9).

Un autre nom en vue fut le cardinal Agostino Casaroli, ministre des Affaires étrangères sous Paul VI et secrétaire d’État sous Jean-Paul II. Casaroli entra dans la maçonnerie le 28 septembre 1957, avec le numéro de code 41/076, sous l’acronyme CASA. Ce fut Casaroli qui fut responsable de l’attitude ouverte du Vatican envers les communistes pendant le pontificat de Paul VI, une politique appelée Ostpolitik (politique de l’Est), qui conduisit le pape à relever le cardinal József Mindszenty de sa charge de primat de Hongrie, aboutissant à l’établissement d’une Église d’État sous le contrôle des dirigeants communistes de Hongrie. Cette politique fut plus tard rejetée par Jean-Paul II, venant comme il venait de derrière le rideau de fer, mais le dommage causé à l’Église en Europe de l’Est avait déjà été fait.

11.6. Mgr Pio Vito Pinto

Or, de peur que l’on pense que les maçons nommés sur la liste de Pecorelli sont une chose du passé, il faut signaler qu’au cours de la dernière décennie des noms de sa liste continuent d’apparaître dans les affaires du Vatican. Un seul cas de ce genre est Mgr Pio Vito Pinto, que Pecorelli identifia comme étant entré dans la maçonnerie le 2 avril 1970, avec le numéro de code 3317/42 et l’acronyme PIPIVI. Pinto régna comme doyen du plus haut tribunal de l’Église, la Rote romaine, de septembre 2012 à mars 2021, faisant les titres lorsqu’il prit sur lui de critiquer les quatre cardinaux qui avaient soumis les « dubia » (doutes) au pape François concernant son enseignement dans Amoris Laetitia (La joie de l’amour) sur l’admission des divorcés remariés à la sainte communion.

12. Conclusion

Le magistère pontifical, de Clément XII en 1738 jusqu’à saint Pie X, a constamment tenu la franc-maçonnerie et les sectes apparentées pour ennemies de l’Église et de la société humaine, et saint Pie X a dénoncé des ennemis présents « dans le sein même et au cœur de l’Église ». L’Instruction permanente de la Haute Vente avait exposé le dessein de conquérir l’Église par la corruption lente du clergé, jusqu’à un pape gagné à la révolution ; le plan des séminaires de 1961, la liste de Pecorelli, le rapport Gagnon et les enquêtes du père Villa montrent ce dessein à l’œuvre.

Comme cela devrait être clair pour quiconque examine les faits entourant la liste de Pecorelli, la franc-maçonnerie est certainement entrée dans les murs du Vatican il y a au moins plusieurs décennies. La vérification complète de la liste, bien que difficile, est certainement possible, étant donné la saisie policière des documents de Licio Gelli nommant tous les membres de la loge maçonnique de Rome, la Propaganda Due. Le rapport de Mgr Gagnon demeure aussi inédit dans les archives du Vatican. Outre ces sources, il y a les enquêtes conduites par le père Luigi Villa, dont certaines furent publiées dans la revue Chiesa Viva.

Alors que des prélats italiens tels que Mgr Francesco Soddu de Terni se permettent récemment d’assister publiquement à l’inauguration d’une nouvelle entrée de la loge maçonnique du Grand Orient d’Italie, une nouvelle enquête sur la franc-maçonnerie dans les rangs de la hiérarchie de l’Église est depuis longtemps due. Alors seulement le dommage que la maçonnerie a causé et cause au Corps du Christ commencera à être mis en lumière.

13. Liste des sources

 

13.1. Actes pontificaux

  1. Clément XII, constitution In eminenti apostolatus specula, 28 avril 1738, § 1–4 ; Codicis iuris canonici fontes, vol. I, n° 299, pp. 656–658. Latin.
  2. Benoît XIV, constitution Providas Romanorum, 18 mai 1751 ; Magnum Bullarium Romanum, t. XVIII, Luxembourg, Henri-Albert Gosse et Cie, 1754, constitution XLVIII, pp. 212–214. Latin.
  3. Pie VII, constitution Ecclesiam a Jesu Christo, 13 septembre 1821 ; Codicis iuris canonici fontes, vol. II, n° 479, pp. 721–725. Latin.
  4. Léon XII, constitution apostolique Quo graviora, 13 mars 1825 ; Codicis iuris canonici fontes, vol. II, n° 481, pp. 727–733. Latin.
  5. Pie VIII, encyclique Traditi humilitati, 24 mai 1829. Latin.
  6. Grégoire XVI, encyclique Mirari vos, 15 août 1832 ; Codicis iuris canonici fontes, vol. II, n° 485, pp. 744–752. Latin.
  7. Pie IX, encyclique Qui pluribus, 9 novembre 1846 ; Codicis iuris canonici fontes, vol. II, n° 504, pp. 807–817. Latin.
  8. Pie IX, encyclique Quanta cura et Syllabus, 8 décembre 1864 ; Codicis iuris canonici fontes, vol. II, n° 542, pp. 993–999, et n° 543, pp. 1000–1009. Latin.
  9. Pie IX, allocution Multiplices inter, consistoire secret du 25 septembre 1865 ; Acta Sanctae Sedis, vol. I (1865–1866), pp. 193–196. Latin.
  10. Pie IX, bref à Jacques Crétineau-Joly du 25 février 1861, traduction française dans U. Maynard, Jacques Crétineau-Joly. Sa vie politique, religieuse et littéraire d’après ses mémoires, sa correspondance et autres documents inédits, Paris, Firmin-Didot et Cie, 1875, pp. 421–422.
  11. Léon XIII, encyclique Quod apostolici muneris, 28 décembre 1878 ; Acta Sanctae Sedis, vol. XI (1878), pp. 372–379. Latin.
  12. Léon XIII, encyclique Humanum genus, 20 avril 1884 ; Acta Sanctae Sedis, vol. XVI (1883–1884), pp. 417–433 ; traduction française publiée par le Saint-Siège.
  13. Léon XIII, lettre encyclique Dall’alto dell’Apostolico Seggio, 15 octobre 1890 ; Acta Sanctae Sedis, vol. XXIII (1890–1891), pp. 193–206.
  14. Léon XIII, Inimica vis, 8 décembre 1892 ; Acta Sanctae Sedis, vol. XXV (1892–1893), pp. 274–277. Latin.
  15. Léon XIII, Custodi di quella fede, 8 décembre 1892.
  16. Saint Pie X, encyclique Pascendi dominici gregis, 8 septembre 1907, § 2 ; Acta Sanctae Sedis, vol. XL (1907), pp. 593–650 ; traduction française publiée par le Saint-Siège.

13.2. Ouvrages et documents historiques

  1. Jacques Crétineau-Joly, L’Église romaine en face de la Révolution, ouvrage composé sur des documents inédits, Paris, Henri Plon, 1859, deux tomes ; t. II, pp. 82–90 : Instruction permanente de la Haute Vente ; p. 129 : lettre de Nubius à Volpe, 3 avril 1824. Pie IX, bref à Jacques Crétineau-Joly du 25 février 1861, dans U. Maynard, Jacques Crétineau-Joly. Sa vie politique, religieuse et littéraire d’après ses mémoires, sa correspondance et autres documents inédits, Paris, Firmin-Didot et Cie, 1875, pp. 421–422 ; commentaire de Maynard sur l’authenticité des documents, pp. 400–402.
  2. George F. Dillon, The War of Antichrist with the Church and Christian Civilization. Lectures Delivered in Edinburgh in October, 1884 (La guerre de l’Antéchrist contre l’Église et la civilisation chrétienne. Conférences prononcées à Édimbourg en octobre 1884), Dublin, M. H. Gill & Son ; Londres et New York, Burns and Oates, 1885, chap. XIV, « Permanent Instruction of the Alta Vendita » (Instruction permanente de la Haute Vente), pp. 65–72. Anglais.
  3. Instruction permanente de la Haute Vente, datée de 1819, traduction française publiée dans Jacques Crétineau-Joly, L’Église romaine en face de la Révolution, Paris, Henri Plon, 1859, t. II, pp. 82–90 ; extraits cités : p. 84 et pp. 88–90. Traduction française de l’italien.
  4. Dudley Wright, Roman Catholicism and Freemasonry (Le catholicisme romain et la franc-maçonnerie), Londres, William Rider & Son, Limited, 1922, pp. 172–175. Anglais.
  5. J. W. Horsley, « Pius IX and Freemasonry » (Pie IX et la franc-maçonnerie), Ars Quatuor Coronatorum, vol. XXVI, 1913, pp. 218–219. Anglais.
  6. James A. Marples, The Great Likelihood of Pope Pius IX Being a Freemason (La grande probabilité que Pie IX ait été franc-maçon), s. d., pp. 1 et 6. Anglais.
  7. Un témoin [cardinal François-Désiré Mathieu], « Les Derniers jours de Léon XIII et le Conclave de 1903 », Revue des Deux Mondes, cinquième période, t. XX, livraison du 15 mars 1904, section IV. Français.

13.3. Sources de l’article de LifeSiteNews et documents complémentaires

  1. Raymund Maria, « Is Masonic infiltration responsible for the widespread apostasy among Catholic clergy? » (L’infiltration maçonnique est-elle responsable de l’apostasie répandue parmi le clergé catholique ?), LifeSiteNews, 20 octobre 2022. Anglais.
  2. Edoardo Stolper, « I riti nella storia della massoneria italiana » (Les rites dans l’histoire de la franc-maçonnerie italienne), troisième partie : « 1870–1880. La Gran Maestranza Mazzoni » (1870–1880. La grande maîtrise de Mazzoni), L’Acacia. Notiziario del Rito Simbolico, Rome, Serenissima Gran Loggia di Rito Simbolico, nº 9, mars 1982, pp. 20–30, spécialement pp. 26–27. Italien.
  3. Maximilien-Marie Kolbe, « La storia » (L’histoire), Niepokalanów, juin 1939, Scritti (Écrits), nº 1328, section « Gli inizi » (Les débuts). Traduction italienne.
  4. Trois lettres de Mgr Francesco Marchisano, nom de code FRAMA, au grand maître du Grand Orient d’Italie, datées du 23 mai 1961, du 12 septembre 1961 et du 14 octobre (année non indiquée pour la troisième), dites avoir été remises en main propre, les dernières adressées au Grand Maître au Palazzo Giustiniani. Facsimilés et transcriptions dans Chiesa viva, année XXXIX, n° 420, octobre 2009, p. 42-44 ; tableau des identifications, pp. 44–45 ; transcriptions dans Chiesa viva, année XLIX, n° 529, septembre 2019, p. 3-4. Italien.
  5. Centre d’études catholiques « Mater Ecclesiae », Una nomina scandalo! (Une nomination scandaleuse !), Brescia, Operaie di Maria Immacolata e Editrice Civiltà, septembre 2002, 24 p. Italien.
  6. Chiesa viva, revue fondée par le père Luigi Villa en 1971, Brescia, Operaie di Maria Immacolata e Editrice Civiltà : n° 109, juin 1981 ; n° 231, juillet-août 1992 ; n° 342, septembre 2002, p. 15 ; n° 420, octobre 2009, p. 41-45 et 52-55 ; n° 465, novembre 2013, p. 18 ; n° 529, septembre 2019, p. 2-4.
  7. Mino Pecorelli (dir.), « La gran loggia vaticana » (La grande loge vaticane), OP — Osservatore Politico, Rome, OP Editrice, 12 septembre 1978, pp. 2–3 ; « La lista dei presunti massoni » (La liste des francs-maçons présumés), ibid., pp. 4–5. Italien.
  8. Camera dei deputati et Senato della Repubblica, Relazione della Commissione parlamentare d’inchiesta sulla Loggia massonica P2 (Rapport de la commission parlementaire d’enquête sur la loge maçonnique P2), rapporteure Tina Anselmi, IXe législature, Doc. XXIII, no 2, 12 juillet 1984, pp. 12–15, 21, 33–46. Italien.
  9. Charles Theodore Murr, Murder in the 33rd Degree: The Gagnon Investigation into Vatican Freemasonry (Meurtre au 33e degré : l’enquête Gagnon sur la franc-maçonnerie au Vatican), s. l., édition indépendante, 2022, ISBN 9798432706935, p. xvi ; pp. 81–82, 117–128 et 129–132. Anglais.
  10. Mgr Édouard Gagnon, audit de trois ans des bureaux du Saint-Siège, dit avoir été commandé par Paul VI et présenté à Jean-Paul Ier le 25 septembre 1978. Dit demeurer inédit dans les archives du Vatican. Pour l’authentification de documents attribuée à INTERPOL : Charles Theodore Murr, Murder in the 33rd Degree, 2022, p. 123.
  11. Lettre attribuée à Sebastiano Baggio, 4 janvier 1969, au Vénérable Grand Maître et aux assistants, reproduite dans Chiesa viva, année XLIII, n° 465, novembre 2013, p. 18, et dans Chiesa viva, année XLIX, n° 529, septembre 2019, p. 4. Italien.
  12. Carlo Alberto Agnoli, La massoneria alla conquista della Chiesa (La franc-maçonnerie à la conquête de l’Église), Rome, E.I.L.E.S. — Edizioni Internazionali di Letteratura e Scienze, 1re édition, 1996, p. 3 et pp. 14–29. Du même auteur, lettre de présentation de la liste de Pecorelli, Chiesa viva, no 231, juillet-août 1992, republiée sous le titre « La “Lista Pecorelli” » (La liste Pecorelli), Chiesa viva, no 420, octobre 2009, pp. 52–53. Italien.
  13. Corte di assise di Perugia, jugement nº 3/99 du 24 septembre 1999, pp. 42–46, 267–274 et 441 ; Commissione parlamentare d’inchiesta sulla Loggia massonica P2, rapport Anselmi, Doc. XXIII, nº 2, 12 juillet 1984, pp. 93–94 ; Corte suprema di cassazione, VIe section pénale, arrêt nº 1869/2026, audience du 1er juillet 2025, dépôt du 16 janvier 2026, pp. 16 et 109 ; République italienne, loi nº 17 du 25 janvier 1982, art. 5, Gazzetta Ufficiale, nº 27, 28 janvier 1982. Italien.
  14. Franco Adessa, Chi era realmente don Luigi Villa? (Qui était réellement don Luigi Villa ?), Brescia, Operaie di Maria Immacolata – Editrice Civiltà, s. d., 100 p., spécialement pp. 6–8, 45–46 et 98. Italien.
  15. Franco Adessa, Who Really Was Father Luigi Villa? (Qui était réellement le père Luigi Villa ?), Oconomowoc (Wisconsin), The Apostolate of Our Lady of Good Success, s. d., p. 28. Traduction anglaise.
  16. Paul VI, motu proprio Ecclesiae Sanctae, 6 août 1966, I, nº 11 ; Acta Apostolicae Sedis, vol. LVIII, 1966, p. 763. Latin.
  17. Secrétairerie d’État, « Nomine » (Nominations), nomination du 22 septembre 2012 ; Acta Apostolicae Sedis, vol. CIV, 2012, p. 861. Italien.
  18. Secrétairerie d’État du Saint-Siège, Report on the Holy See’s Institutional Knowledge and Decision-Making Related to Former Cardinal Theodore Edgar McCarrick (1930 to 2017) (Rapport sur les connaissances institutionnelles et les décisions du Saint-Siège concernant l’ancien cardinal Theodore Edgar McCarrick, 1930–2017), État de la Cité du Vatican, 10 novembre 2020, chap. III–IV, pp. 21–28. Anglais.
  19. Acta Apostolicae Sedis, vol. LXV, 1973, p. 111 : nomination de Sebastiano Baggio comme préfet de la Congrégation pour les évêques, 26 février 1973.
  20. Acta Apostolicae Sedis, vol. LXXVI, 1984, pp. 507–508 : fin du préfectorat de Sebastiano Baggio, 8 avril 1984.

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