Luisa Piccarreta, fausse mystique

Luisa Piccarreta, fausse mystique

 

Table des matières

 

  1. Condamnation par le Saint-Office en 1938
  2. Subversion de la notion catholique d’union mystique et de grâce
  3. Erreur fondamentale sur la distinction entre volonté divine et volonté humaine
  4. Atteinte à la hiérarchie de l’Église et au sacerdoce ministériel
  5. Violation des critères traditionnels du discernement des esprits
  6. Autres erreurs relatives à la Révélation et conclusion

Liste de sources

 

 

  1. Condamnation par le Saint-Office en 1938

 

Oui, la condamnation de 1938 par le Saint-Office sous le pontificat de Pie XI est certaine et demeure valide. Le 13 juillet 1938, la Suprême Sacrée Congrégation du Saint-Office, après avis des consulteurs, a condamné et inscrit à l’Index des livres prohibés trois ouvrages associés à Luisa Piccarreta : L’Orologio della Passione di Nostro Signore Gesù Cristo, con un Trattato sulla Divina Volontà ; Nel Regno della Divina Volontà ; La Regina del Cielo nel Regno della Divina Volontà. Le lendemain, 14 juillet 1938, le pape Pie XI a approuvé, confirmé et ordonné la publication de cette décision. Le décret a été publié le 31 août 1938 dans les Acta Apostolicae Sedis, tome 30, page 318, sous la signature du notaire Romolo Pantanetti. L’Osservatore Romano du 11 septembre 1938 a qualifié cela de faux et dangereux mysticisme fréquent à l’époque, la Volonté Divine y étant conçue de manière exagérée et erronée, rendant opportun d’avertir les fidèles. Luisa Piccarreta a soumis une déclaration écrite d’obéissance, réprouvant et condamnant ce que le Saint-Office réprouvait et condamnait dans ces livres, dans le même sens et avec la même intention. Elle a cessé d’écrire sur ordre de son confesseur. Les manuscrits principaux, environ 36 volumes du Livre du Ciel, ont été confisqués ; ils n’étaient pas tous publiés ni tous expressément à l’Index, mais les ouvrages condamnés en contenaient des extraits ou des développements. Cette condamnation, émanant du Saint-Office sous un pape légitime, s’impose. L’abolition de l’Index en 1966 et les procédures ultérieures de béatification relèvent d’une hiérarchie postérieure à la vacance du Siège depuis la publicité de l’hérésie de Paul VI en 1964 et n’ont aucune autorité pour lever la censure ou approuver ces écrits dans la vraie Église.

 

  1. Subversion de la notion catholique d’union mystique et de grâce

 

Les écrits présentent des erreurs doctrinales graves incompatibles avec la doctrine catholique immuable antérieure à 1964. Elles portent d’abord sur la subversion de la notion catholique d’union mystique et de grâce. Les théologiens spirituels classiques, comme le père Antonio Royo Marín ou le cardinal John Bona, et plus fondamentalement saint Thomas d’Aquin, enseignent que l’union transformante ou mariage spirituel respecte et parachève la nature humaine créée, sans jamais abolir ou suspendre l’action propre des facultés humaines, intelligence et volonté. L’affirmation selon laquelle l’humanité de l’âme serait suspendue ou absorbée au point de ne plus agir par elle-même relève d’une confusion entre l’union mystique surnaturelle et l’anéantissement de la créature. Cela est théologiquement inacceptable, car la grâce ne détruit pas la nature, gratia non tollit naturam, sed perficit. Saint Jean de la Croix décrit les purifications et l’union en maintenant toujours l’activité propre, quoique transformée, des facultés.

 

  1. Erreur fondamentale sur la distinction entre volonté divine et volonté humaine

 

Elles portent ensuite sur l’erreur fondamentale concernant la distinction entre la volonté divine et la volonté humaine. Dans la doctrine catholique, la perfection consiste dans la conformité morale et amoureuse de notre volonté humaine libre avec la Volonté divine, sur le modèle de l’Agonie au Jardin des Oliviers : Non pas ma volonté, mais la Tienne. Les textes de la Divine Volonté exigent non pas une simple conformité, mais une prétendue substitution ou identité d’action où la créature opérerait directement par la Volonté divine elle-même. Sur le plan philosophique et théologique, cela frôle le monophysisme mystique ou l’équivocation panthéiste, car l’action propre de la créature libre est niée au profit d’une prétendue divinisation agissante de l’acte humain. La divinisation par la grâce reste une participation, non une fusion qui abolirait la distinction entre créature et Créateur.

 

  1. Atteinte à la hiérarchie de l’Église et au sacerdoce ministériel

 

Elles portent encore sur l’atteinte manifeste à la hiérarchie de l’Église et au sacerdoce ministériel. L’idée que les prêtres et les ministres de l’Église doivent recevoir la grâce ou la doctrine d’elle, ou qu’ils y seraient soumis d’une manière extraordinaire, renverse la constitution hiérarchique de l’Église voulue par le Christ. Selon la doctrine catholique immuable, la hiérarchie, avec ses institutions, sa juridiction et ses sacrements, est le canal ordinaire et exclusif établi par Notre-Seigneur pour la sanctification des âmes. Soumettre l’autorité ecclésiastique ou l’enseignement sacerdotal à la dépendance d’une prétendue révélation privée inédite contredit l’ordre établi de la Révélation. Une révélation privée, même authentique, ne peut jamais subordonner l’autorité de l’Église.

 

  1. Violation des critères traditionnels du discernement des esprits

 

Elles portent enfin sur la violation des critères traditionnels du discernement des esprits. Saint Ignace de Loyola et Benoît XIV, dans son traité canonique de référence De Servorum Dei Beatificatione et Canonizatione, rappellent qu’une marque certaine de faux esprit est la prétention à une sainteté inouïe, inédite, supérieure à celle de tous les saints canonisés et des Docteurs de l’Église. Prétendre que les saints du passé, y compris les plus grands mystiques comme saint François d’Assise ou sainte Thérèse d’Ávila, n’auraient connu que la simple résignation et non la plénitude de la sainteté trahit un orgueil spirituel incompatible avec l’authentique grâce mystique, laquelle produit toujours un surcroît d’humilité profonde et une soumission totale aux voies ordinaires de l’Église. Affirmer que les âmes vivant dans la Volonté Divine dépasseraient tous les saints antérieurs, et se présenter comme l’initiatrice d’une voie nouvelle et supérieure, constitue à lui seul un signe certain de faux esprit.

 

  1. Autres erreurs relatives à la Révélation et conclusion

 

Ces erreurs s’ajoutent à la prétention à une nouvelle révélation ou à un troisième Fiat de sanctification qui compléterait la Création et la Rédemption et serait nécessaire pour le degré suprême de sainteté, disponible seulement par ses écrits, ce qui contredit le dépôt de la foi clos avec les Apôtres. Elles confirment la qualification de mysticisme faux et dangereux et de conception exagérée et erronée de la Volonté Divine donnée en 1938. Les écrits contiennent des déviations incompatibles avec la doctrine de toujours sur la Révélation, la grâce, le libre arbitre, la hiérarchie et la sainteté. Ils ne peuvent être suivis.

 

Sources

 

Acta Apostolicae Sedis, tome 30, année 1938, page 318, décret de la Suprême Sacrée Congrégation du Saint-Office du 13 juillet 1938, approuvé par Pie XI le 14 juillet 1938, publié le 31 août 1938, notaire Romolo Pantanetti.

 

L’Osservatore Romano, 11 septembre 1938, article anonyme sur la condamnation des ouvrages de Luisa Piccarreta.

 

Saint Thomas d’Aquin, Summa theologica, notamment les questions sur la grâce et les facultés.

 

Saint Jean de la Croix, œuvres mystiques, en particulier la Montée du Carmel et la Nuit obscure, sur l’union et les purifications.

 

Benoît XIV, De Servorum Dei Beatificatione et Canonizatione, traité sur les critères de discernement et de canonisation.

 

Saint Ignace de Loyola, Exercices spirituels, règles pour le discernement des esprits.

 

Antonio Royo Marín, ouvrages de théologie spirituelle sur l’union mystique.

 

Cardinal Giovanni Bona, traités de théologie mystique.

 

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