Comment élire un pape validement dans les circonstances actuelles?

Dans les circonstances : qu’il n’y a plus de pape, ni de cardinaux valides, en que quelques évêques dans le monde avec peu prêtres et peu de fidèles?

 

L’élection valide d’un pape en l’absence de tout cardinal légitime et d’un nombre réduit d’évêques, de prêtres et de fidèles est une question théologique et canonique complexe. Elle repose sur les principes fondamentaux du droit divin, du droit ecclésiastique, et de la tradition historique de l’Église. Voici une analyse détaillée avec des références précises.

1. L’Église a le droit et le devoir d’élire un pape

L’élection d’un pape est nécessaire pour assurer la pérennité de l’Église. Le droit divin prévoit que l’Église doit toujours avoir un chef visible (cf. Matthieu 16, 18-19). Saint Robert Bellarmin enseigne que « si le pape fait défaut, l’Église a le droit et le devoir de se donner un chef » (De Romano Pontifice, lib. II, cap. 30).

Référence :

Bellarmin, De Romano Pontifice, lib. II, cap. 30.

Saint Alphonse de Liguori, Verità della Fede, III, 8 : « Si tous les cardinaux mouraient, les évêques pourraient élire le pape. »

2. Qui peut élire le pape en l’absence de cardinaux ?

En principe, le droit canonique (CIC 1917, can. 160) stipule que ce sont les cardinaux qui élisent le pape. Cependant, en cas d’absence totale des cardinaux, le droit ecclésiastique doit être suppléé par le droit divin et la tradition.

Historiquement, avant la constitution d’un collège électoral restreint (les cardinaux), l’élection papale était faite par le clergé de Rome et parfois par des évêques, ou encore avec la participation des fidèles (ex. élection de Saint Fabien en 236).

En cas d’extinction des cardinaux, la théologie et l’histoire montrent que les évêques catholiques restants peuvent élire un pape. Le cardinal Cajetan écrit :

« Si l’Église se trouvait en état de vacance prolongée du siège apostolique, l’élection reviendrait à l’Église universelle. » (De Comparatione Auctoritatis Papae et Concilii, cap. XIII).

Référence :

Cardinal Cajetan, De Comparatione Auctoritatis Papae et Concilii, cap. XIII.

Dom Prosper Guéranger, L’Église romaine et ses institutions, t. 1, p. 230.

Concile de Constance (1415) : la légitimité d’une élection par d’autres moyens en cas de crise extrême a été reconnue.

3. Les Évêques Peuvent-ils Élire un Pape en Cas d’Extrême Nécessité ?

En cas de disparition des cardinaux, la théologie et l’histoire montrent que les évêques restants de l’Église peuvent procéder à une élection. Cette idée repose sur le principe de *l’ecclesia supplet (canon 209 CIC 1917, canon 144 CIC 1983) : l’Église supplée à l’autorité défaillante pour assurer sa continuité.

L’école dominicaine et des théologiens comme Juan de Torquemada affirment que :

« En l’absence du Collège des Cardinaux, l’élection peut être faite par les évêques catholiques valides, selon les circonstances. » (Summa de Ecclesia, lib. II, cap. 101).

Référence :

Juan de Torquemada, Summa de Ecclesia, lib. II, cap. 101.

Code de droit canonique 1917, can. 160 ; can. 209 (ecclesia supplet).

Saint Antonin de Florence, Summa Theologica, p. III, tit. 22, chap. 5.

4. Comment procéder concrètement à l’élection ?

En supposant qu’il ne reste que quelques évêques et peu de fidèles :

Les évêques encore en fonction doivent se réunir et proclamer leur intention d’élire un pape.

Ils doivent examiner les conditions de validité du candidat (baptisé, masculin, de foi catholique).

Un consensus est souhaitable, mais en cas de désaccord, la majorité simple suffit.

Une élection publique et documentée est préférable pour assurer la légitimité.

L’élu doit accepter son élection et prendre un nom pontifical.

La reconnaissance universelle viendra avec le temps, selon la Providence divine.

Référence :

Concile de Latran III (1179), canon 1 : principe de majorité dans l’élection papale.

P. Martin Jugie, Theologia Dogmatica, IV, p. 220-222 (possibilité d’élection en cas d’urgence).

5. Que faire en cas d’opposition ou de contestation ?

L’élection d’un pape dans des circonstances extrêmes peut être contestée. Toutefois, saint Alphonse de Liguori enseigne que l’adhésion morale de l’Église suffit à valider une élection (Verità della Fede, III, 8).

Le pape élu n’aurait pas besoin d’approbation universelle immédiate pour être légitime (cf. théologie de la reconnaissance tacite par l’Église enseignante).

Référence :

Saint Alphonse de Liguori, Verità della Fede, III, 8.

Suarez, De Fide, disp. X, sec. VI : « Même un petit groupe fidèle à la tradition peut élire un pape si c’est nécessaire à la survie de l’Église. »

Conclusion

Dans le cas hypothétique où il ne resterait plus de cardinaux, seuls quelques évêques et un petit nombre de fidèles et de prêtres :

L’Église peut élire un pape en vertu du droit divin et du principe de nécessité.

Les évêques encore valides, en union avec les principes de l’Église, peuvent organiser l’élection.

L’élection devrait suivre les principes traditionnels et garantir la continuité apostolique.

La reconnaissance universelle viendra avec le temps, selon la Providence.

Cette solution repose sur la théologie traditionnelle, l’histoire de l’Église et le droit canonique.

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