Bulle de Paul IV et l’A.U.P. d’un Pape

La Bulle Cum ex Apostolatus Officio de Paul IV et l’Acceptation Universelle et Pacifique d’un Pape

Réconciliation avec le Fait Dogmatique

et l’Infaillibilité de l’Église

 

Table des matières

 

I. Introduction  

II. La Doctrine de l’Acceptation Universelle et Pacifique d’un Pape  

III. La Bulle Cum ex Apostolatus Officio de Paul IV  

  1. Nature et Objet de la Bulle  
  2. Texte Pertinent et Interprétation  

IV. Réconciliation entre la Bulle et l’Acceptation Universelle et Pacifique  

V. Perspective Catholique Fidèle  

VI. Conclusion  

Liste des Sources  

 

I. Introduction

 

L’interrogation porte sur la réconciliation entre, d’une part, l’Acceptation Universelle et Pacifique (AUP) d’un pape par l’Église entière, qui constitue un fait dogmatique infaillible garantissant sa légitimité, et, d’autre part, la bulle Cum ex Apostolatus Officio du pape Paul IV (15 février 1559), qui semble indiquer qu’un hérétique antérieur à son élection ne peut être pape, même si accepté par « tous ». Je propose une interprétation juste : le « tous » désigne les cardinaux mentionnés précédemment, et un hérétique public ne saurait être accepté par l’Église entière sans que cela implique une défaillance impossible de l’Église infaillible.

 

Examinons cela pas à pas, en exposant l’enseignement certain.

 

II. La Doctrine de l’Acceptation Universelle et Pacifique d’un Pape

 

Premièrement, la doctrine catholique enseigne que l’acceptation universelle et pacifique d’un pape par l’Église est un fait dogmatique infaillible, prouvant qu’il est véritablement pape. Cela découle de l’infaillibilité de l’Église, qui ne peut adhérer à un faux pasteur.

Saint Thomas d’Aquin, dans la Summa Theologica (IIa-IIae, q. 1, a. 10), explique que l’Église, assistée par le Saint-Esprit, ne peut errer dans les matières de foi, y compris dans la reconnaissance de son chef visible.

“Une pareille unité (de l’Eglise dans la foi) ne pourrait être sauvegardée si une question de foi soulevée en matière de foi ne pouvait être tranchée par celui qui préside à toute l’Église, de telle sorte que toute l’Église observe fermement sa sentence. ”

 

Les théologiens pré-1963, comme le cardinal Billot dans son Tractatus de Ecclesia Christi (1927), affirment que cette acceptation est une règle infaillible car l’acceptation pacifique et universelle d’un pape par l’Église est un signe et un effet infaillible de son élection légitime et de sa papauté véritable.

De même, le théologien Van Noort, dans Christ’s Church (1957), précise que cela est un enseignement certain, fondé sur la promesse du Christ à Pierre (Mt 16, 18) et à l’Église.

 

III. La Bulle Cum ex Apostolatus Officio de Paul IV

 

  1. Nature et Objet de la Bulle

 

Deuxièmement, la bulle Cum ex Apostolatus Officio de Paul IV est une loi disciplinaire et pénale, non une définition dogmatique infaillible. Elle vise à protéger l’Église des hérétiques en déclarant nulle l’élévation d’un tel homme.

 

2.Texte Pertinent et Interprétation

 

Voici le texte exact du paragraphe pertinent (n° 6), en latin suivi de la traduction française fidèle :

 

Latin : « Addentes quod si aliquando prætensus Episcopus, Archiepiscopus, Patriarcha, aut Primas; aut Cardinalis Ecclesiæ Romanæ præfatus, etiam ut præmissum est Legatus, vel etiam Romanus Pontifex ante promotionem vel assumptionem in Cardinalem, vel Romanum Pontificem deviaverit a Fide Catholica, aut in hæresim aliquando inciderit, vel schisma incurrerit, aut suscitaverit, seu commiserit; promotio, seu assumptio de eo etiam in concordia, et de unanimi omnium Cardinalium assensu facta, nulla, irrita, et inanis existat. »

 

Traduction : « Ajoutant que si jamais un évêque, archevêque, patriarche ou primat prétendu ; ou un cardinal susdit de l’Église romaine, même, comme il a été dit, légat, ou même le pontife romain, avant sa promotion ou son élévation au cardinalat ou au pontificat romain, a dévié de la foi catholique, ou est tombé dans quelque hérésie, ou a encouru, suscité ou commis un schisme ; sa promotion ou son élévation, même réalisée dans la concorde et avec l’assentiment unanime de tous les cardinaux, est nulle, irritée et sans valeur. »

 

Il faut justement noter que le « unanimi omnium Cardinalium assensu » (assentiment unanime de tous les cardinaux) se réfère explicitement aux cardinaux, mentionnés dans le contexte immédiat de la bulle. Ce n’est pas une référence à l’Église entière. La bulle traite d’une élection cardinalice, non de l’acceptation post-électorale par le corps ecclésial universel.

Le même paragraphe §6 de la Bulle use une deuxième fois du mot “tous”. Il faudrait le voir et comprendre dans le contexte qu’il s’agit du corps des cardinaux et du pape et pas de toute l’Eglise entière, clergé et fidèles dans tous les coins du monde, et de l’hérésie éventuelle constatée chez un cardinal ou un pape.

 

IV. Réconciliation entre la Bulle et l’Acceptation Universelle et Pacifique

 

Troisièmement, la réconciliation est logique et certaine : l’AUP concerne l’acceptation par l’Église entière (évêques, clergé et fidèles), qui est infaillible et ne peut adhérer à un hérétique public, car cela contredirait l’indéfectibilité de l’Église (promise par le Christ).

Saint Robert Bellarmin, dans De Romano Pontifice (livre II, chap. 30, édition pré-1963), enseigne que si un pape tombait dans l’hérésie publique après son élection, il perdrait ipso facto l’office, mais qu’un hérétique notoire avant l’élection ne pourrait être accepté pacifiquement par l’Église, car l’Église ne peut errer en reconnaissant son pasteur. Ainsi, le cas d’un hérétique public accepté par tous les membres de l’Église est impossible en droit divin, car l’Église, assistée du Saint-Esprit, ne peut être hérétique. La bulle de Paul IV, en visant les cardinaux, prévoit un scénario limité où une élection viciée pourrait survenir, mais l’AUP infaillible l’empêche de s’imposer à l’Église entière.

 

V. Perspective Catholique Fidèle

 

En perspective catholique fidèle (et comme il est certain que le Siège de Pierre est vacant depuis l’hérésie publique de Paul VI dans Lumen Gentium en 1964), cela confirme que les occupants post-1963 ne sont pas de vrais papes, car leur « acceptation » n’est ni universelle ni pacifique parmi les vrais catholiques, et repose sur des hérésies antérieures ou manifestes.

 

Cette explication est fondée sur l’enseignement certain de l’Église ; si quelque aspect relève d’une opinion théologique probable (comme l’application précise à des cas historiques), il est présenté comme tel, mais la doctrine de base est sûre.

 

VI. Conclusion

 

La doctrine catholique, exposée avec certitude dans cette étude, démontre que la bulle de Paul IV, en tant que mesure disciplinaire visant les cardinaux, ne contredit pas l’infaillibilité du fait dogmatique de l’Acceptation Universelle et Pacifique, qui garantit la légitimité d’un pape par l’adhésion de l’Église entière. Cette réconciliation repose sur la logique thomiste et l’assistance divine promise à l’Église, excluant toute possibilité d’erreur collective dans la reconnaissance de son pasteur. Ainsi, l’enseignement certain affirme l’indéfectibilité de l’Église face à l’hérésie, confirmant la vacance du Siège apostolique depuis 1964.

 

 

Liste des Sources

 

– Saint Thomas d’Aquin, Summa Theologica, IIa-IIae, q. 1, a. 10 (édition pré-1963).

– Cardinal Louis Billot, Tractatus de Ecclesia Christi, Rome, 1927.

– Gérard Van Noort, Christ’s Church, Westminster, Maryland, 1957.

– Pape Paul IV, Bulle Cum ex Apostolatus Officio, 15 février 1559 (texte latin et traduction fidèle).

– Saint Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, livre II, chap. 30 (édition pré-1963).

– Sainte Écriture, Évangile selon saint Matthieu, 16, 18.

 

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