Le nazisme a été condamné par le pape Pie XI
dans l’encyclique Mit brennender Sorge
(traduite par « Avec une brûlante inquiétude »), publiée le 14 mars 1937. Ce document, rédigé en allemand et lu publiquement dans les églises d’Allemagne le 21 mars 1937 (dimanche des Rameaux), dénonce explicitement l’idéologie nationale-socialiste et les persécutions contre l’Église catholique. Il s’agit d’une critique ferme du régime nazi, accusé de violer le concordat signé en 1933 entre le Vatican et l’Allemagne, et de promouvoir des principes incompatibles avec la foi chrétienne.
Concernant les « hérésies » du nazisme selon l’Église catholique, il faut préciser que le nazisme n’est pas considéré comme une hérésie au sens théologique strict (c’est-à-dire une déviation doctrinale au sein du christianisme), mais comme une idéologie païenne et totalitaire radicalement opposée à la doctrine chrétienne. L’Église le condamne pour son incompatibilité fondamentale avec la foi, en le qualifiant d’idolâtrie moderne et de perversion des valeurs humaines et divines. Voici les principaux points d’hérésie ou d’incompatibilité soulignés dans Mit brennender Sorge et d’autres documents ecclésiaux :
- Le racisme et le mythe de la « race supérieure » : Le nazisme élève la race (spécifiquement la « race aryenne ») au rang de divinité, en niant l’égalité de tous les hommes devant Dieu. L’encyclique dénonce ce « mythe du Sang et de la Race » comme une idolâtrie qui contredit la création divine et l’unité du genre humain. Cela inclut l’antisémitisme, vu comme une violation de la dignité humaine et une persécution des Juifs, considérés comme un peuple élu dans l’Ancien Testament.
- Le culte de l’État et du chef (Führer) : Le nazisme divinise l’État, le peuple et le leader, en les plaçant au-dessus de Dieu. Pie XI avertit : « Quiconque prend la race, ou le peuple, ou l’État […] et les divinise par un culte idolâtrique […] celui-là est loin de la vraie foi en Dieu. » Cela est perçu comme une forme de paganisme moderne, où l’État totalitaire remplace la souveraineté divine et impose une loyauté absolue contraire à la liberté religieuse.
- Le naturalisme et le rejet de la grâce divine : L’idéologie nazie privilégie les lois « naturelles » (basées sur la force, la biologie et l’eugénisme) au détriment de la révélation chrétienne et de la grâce. Elle nie le primat de la dignité humaine issue de Dieu, en justifiant des pratiques comme l’euthanasie et la stérilisation forcée, considérées comme des atteintes à la vie sacrée.
- La persécution de l’Église et la nazification du christianisme : Les nazis tentaient de « nazifier » le christianisme en dépouillant Jésus de sa judéité (le présentant comme « aryen ») et en subordonnant les Églises à l’État. L’encyclique condamne les violations de la liberté éducative et religieuse, les arrestations de prêtres et la dissolution des organisations catholiques, vues comme une « guerre d’extermination » contre la foi.
- Le rejet des principes moraux universels : Le nazisme subordonne la morale à l’utilité politique, en promouvant la violence, le nationalisme extrême et l’antisémitisme comme vertus. Cela contredit l’enseignement chrétien sur la charité, la justice et les droits inaliénables de l’homme.
Ces condamnations ont été réitérées par des évêques allemands (comme Clemens von Galen contre l’euthanasie) et ont inspiré une résistance spirituelle, bien que l’Église ait aussi été critiquée pour des silences ultérieurs sous Pie XII pendant la guerre. L’encyclique reste un document clé montrant l’opposition précoce de l’Église au nazisme, malgré les risques de représailles. Si vous souhaitez le texte complet de Mit brennender Sorge, il est disponible en ligne sur des sites comme celui du Vatican.