Aperçu – Crise de l’Eglise
Juridiction de suppléance en temps actuels
de la vacance du Siège apostolique prolongée
Table des matières
- introduction
- Certitude
- Status quaestionis
- Le Plan
- La matière des chapitres
- 6. Conclusion
- Introduction
Chers fidèles,
Cette étude m’a été demandée par mon supérieur et la sainte obéissance m’a donc mis au travail.
Mais à part cela je suis très motivé dans ce projet, car son sujet détermine ma vie et mon éternité et je m‘imagine, que c’est aussi le cas pour beaucoup d’autres personnes, de vrais fidèles de Notre Seigneur Jésus Christ et fils de son Église. Si petite qu’elle est devenue dans ces temps d’apostasie, nous continuons à croire en Lui et en Elle :
“Je crois .. en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur.
Je crois..à la sainte Église catholique”
(Tiré du Symbole des Apôtres (Credo), tel qu’il était et est universellement récité dans l’Église catholique)
En effet, nous sommes en guerre (« Je mettrai des inimitiés entre toi et la Femme » cf. Gn 3, 15) et nous sommes “une armée rangée en bataille” (“l’Église militante”, cfr. Catéchisme Romain)”. Pour vaincre un ennemi, qui n’est pas seulement les diables mais aussi leurs suppôts sur terre, il faut nécessairement une bonne stratégie et de tactiques efficaces. Une des conditions indispensables pour vaincre – et il nous est promis la victoire totale sur tous nos ennemis « la femme t’écrasera la tête » (cfr. Gn 3, 15) – est de connaître ses ennemis et ses amis. Ses amis, pour coordonner nos efforts, et ses ennemis, pour être au courant de leurs forces et de leurs faiblesses : leurs forces pour organiser une résistance suffisante pour les arrêter et les anéantir, leurs faiblesses pour savoir où les frapper avec succès. Tout avec la grâce de Dieu, sans laquelle nous ne pouvons rien (“sans Moi vous ne pouvez rien faire” cf. Evangile).
Tout en étant profondément convaincu que Dieu permet le mal en vue d’un plus grand bien, nous voulons connaître le mal suffisamment pour le neutraliser, et le bien pour le réaliser, encore avec Sa grâce.
C’est le motif et le but de cette étude sur la juridiction de l’Église actuelle. En faisant cela nous ne comptons faire rien d’autre que Sa Sainte Volonté, sous le règne du Roi et de la Reine des armées célestes.
- Certitude
Afin d’éviter de tomber dans des opinions interminables qui risqueraient de nous diviser davantage, dans un contexte d’incertitude et de crise sans issue apparente, je me limite strictement à ce qui relève de la foi, au dépôt de la foi, aux définitions du Magistère infaillible, aux dogmes, à l’unanimité des Pères de l’Église et à la doctrine commune des auteurs de poids, bref à des certitudes, m’appuyant sur la promesse de Notre-Seigneur Jésus-Christ :
« Cherchez et vous trouverez »
Évangile selon saint Matthieu 7, 7 et saint Luc 11, 9
Je procéderai forcément par étape car le sujet est très vaste.
S’il est inévitable de faire appel à des opinions par manque de certitude, je signalerai clairement qu’il ne s’agit que d’opinions.
- Status quaestionis
L’itinéraire général sera le suivant :
Pour établir la nécessité et le droit à la juridiction de suppléance, il convient de démontrer l’existence d’une situation actuelle rendant impossible le recours à la juridiction ordinaire inexistante, ainsi que la nécessité d’avoir une juridiction, un gouvernement indispensable pour cette société parfaite, indéfectible et immortelle qu’est l’Église.
Cette situation n’est autre qu’une crise sans précédent dans l’histoire de l’Église, provoquée par la défaillance de la papauté en raison d’hérésies publiques de Paul VI (et selon certains de Jean XXIII).
Les causes profondes de cette crise actuelle, de 1964 à nos jours, résident dans une infiltration séculaire des pires ennemis de l’Église, qui ont réussi à réaliser une usurpation totale du plus haut pouvoir, secrètement et soigneusement effectuée au sein de l’Église. Ces derniers ont progressivement remplacé l’Église par une autre qui lui ressemble, mais qui est une falsification magistrale.
Entre-temps, bien sûr, la vraie Église, quoique composée d’un petit nombre de fidèles, continue miraculeusement son existence et ses fonctions nécessaires et utiles, par la volonté de Dieu de continuer la rédemption des hommes jusqu’à la fin des temps. J’écris “miraculeusement”, dans le sens où, humainement parlant l’Église est perdue, car réduite à des extrémités, dans laquelle elle ne pourra pas survivre sans l’aide de Dieu.
- Le Plan
L’itinéraire suivra un développement selon des vérités ou faits clairement établis. En gros l’acheminement ira comme suit :
4.1. L’Église est une société visible, parfaite et nécessairement gouvernée par l’autorité légitime.
L’Église, fondée par le Christ, est une société surnaturelle mais réelle, composée d’hommes (âmes et corps), et par conséquent nécessairement régie par une autorité visible et capable d’agir. Comme toute société parfaite, elle doit disposer d’un gouvernement pour subsister et remplir sa fin en utilisant ses moyens : conduire les âmes au salut éternel par les moyens de grâces développés par son fondateur Notre Seigneur Jésus Christ.
4.2. Le Pontife romain peut perdre sa charge par hérésie publique et notoire
Selon plusieurs des plus grands docteurs, le pape peut tomber dans l’hérésie manifeste, et entraîner ipso facto la cessation de son office. Car celui qui n’est plus membre de l’Église ne peut pas en être la tête. Dès lors, la juridiction ordinaire attachée à la papauté et transmise par elle, cesse elle aussi.
4.3. Dans la vacance prolongée, l’Eglise ou le Christ suppléent la juridiction
En cas de nécessité pour le salut des âmes, l’Église (par sa loi ou par équité) ou le Christ (comme Chef) supplée, mais toujours selon les principes limités du droit et de la théologie morale.
L’indéfectibilité promise à l’Église interdit qu’elle demeure sans gouvernement. La Sainte Providence veille sur l’exécution des promesses divines. Si les organes normaux, visibles et officiels sont neutralisés par l’usurpation ou l’apostasie, alors Dieu supplée, directement ou par son Eglise, en communiquant d’une manière extraordinaire et immédiate la juridiction nécessaire à la survie et au fonctionnement de l’Église militante aux membres capables et dignes d’exercer licitement cette charge.
Nous verrons la validité du sacrement de l’ordre et la licéité des sujets de la juridiction de suppléance.
4.4. Les évêques catholiques exercent la juridiction de suppléance pour le bien commun
Cette juridiction suppléée n’est pas une invention humaine, mais un effet de la promesse du Christ qui demeure avec son Église jusqu’à la consommation des siècles. Elle est exercée par les évêques demeurés fidèles à la foi catholique, assistés par leurs prêtres, afin que les sacrements soient administrés validement et licitement, et que le magistère continue de s’exercer pour la sanctification des âmes. En effet ces évêques catholiques validement sacrés peuvent poser certains actes nécessaires au bien commun de l’Église, dans les limites imposées par la nécessité, la foi et le droit divin.
4.5. La Papauté est une institution divine
Cette situation oblige à étudier si, et sous quelles conditions, les évêques catholiques peuvent ou doivent concourir à une élection pontificale légitime, notamment dans la ligne d’un concile général imparfait.
Il faudra distinguer : droit de nécessité, convocation morale des évêques, représentation de l’Église enseignante, conditions de visibilité, certitude morale, acceptation pacifique universelle.
Parce que l’Église doit avoir un chef visible, selon des auteurs de poids, la papauté étant d’institution divine, cette juridiction de suppléance confère donc aussi le droit et le devoir, en temps voulu et selon les conditions requises, de procéder à l’élection d’un vrai pape.
Ainsi se réalise le dessein providentiel de restaurer la visibilité de l’unité et la plénitude de l’autorité hiérarchique.
4.6. Le Collège des Apôtres (des Evêques) comme organe d’autorité.
Entre temps le sujet hiérarchique le plus élevé après le Pontife romain, en tant qu’il représente moralement l’épiscopat catholique et l’organe administratif le plus haut dans l’Église, en temps de vacance du siège Apostolique, est le Collège des Evêques. Pratiquement il s’exerce par les conciles de tous les évêques ou au moins par une assemblée moralement représentative des évêques catholiques (bien sûr : validement sacrés et entièrement “orthodoxes”, c’est à dire droits dans la foi).
Aussi longtemps que ce collège (et ces conciles) n’est pas organisé et ne fonctionne donc pas, il faut descendre un échelon plus bas, c’est à dire chaque évêque individuel dans ses possibilités, ou quelques évêques collaborant ensemble. Ce sont eux qui réalisent actuellement en ce temps prolongé de vacance du siège papal, le gouvernement de l’Église avec leurs prêtres, dans ce sens que chaque évêque et prêtre peut et doit, dans la mesure de la nécessité et de sa compétence sacramentelle et doctrinale, contribuer au secours des âmes et du bien commun de l’Eglise.
- La matière des chapitres
Puisque l’Église est indéfectible par la promesse et l’assistance divines, elle continue d’exister, mais actuellement avec peu de membres. Tant que société humaine, elle ne peut exister que par un gouvernement, et puisqu’elle est parfaite car divine, ce gouvernement doit fonctionner avec autorité et force, efficacement. Cela s’appelle la juridiction de suppléance ou de remplacement.
Étant donné que tous les organes et structures officiels ont été corrompus par infiltration d’ennemis et par des hérésies, cette juridiction est d’origine et de nature immédiate, extraordinaire et divine.
Cette juridiction ou suppléance est dite « immédiate » en ce sens qu’elle ne procède pas d’une délégation actuelle d’un supérieur humain (le pape), mais de l’assistance divine promise à l’Église et de l’application de ses propres lois en cas de vacance du Siège apostolique.
Notre clergé, évêques et prêtres ont besoin de cette juridiction pour pouvoir fonctionner et prendre soin comme “bons pasteurs de leur troupeau”, et nous, vrais membres de ce clergé de l’Église, devons pouvoir prouver à des confrères hésitants ou perplexes et à nos fidèles, qu’elle existe et qu’elle est légitime. D’où cette étude.
Il faudra démontrer les hérésies d’un pape récent et établir que celles-ci ont entraîné la cessation de sa charge.
Ensuite, il conviendra d’expliquer le fonctionnement de cette juridiction de suppléance et de son étendue.
Enfin, il sera nécessaire de proposer une solution pour sortir au plus vite de cette crise, car « il n’y a pas de salut en dehors de l’Église ». Il en va du salut de huit milliards d’âmes vivant actuellement sur la terre, pour lesquelles Notre-Seigneur Jésus-Christ a versé son précieux Sang, ainsi que du secours des innombrables âmes du purgatoire, qui attendent nos suffrages
Sortir au plus vite de cette crise – c’est le défi le plus important et l’œuvre la plus nécessaire sur la planète.
- 6. Conclusion
La juridiction de suppléance n’est pas une invention ni auto-déclaration humaine mais un vrai et nécessaire secours divin, fruit de la fidélité de Dieu à ses promesses. Elle garantit la continuité de l’Église comme société hiérarchiquement constituée, malgré l’apostasie et l’usurpation modernes.
En définitive, cette juridiction n’a qu’une finalité : la sanctification des âmes et la gloire de Dieu. Elle manifeste que, même dans l’épreuve la plus extrême, l’Église ne saurait disparaître ni être réduite à l’impuissance.
“Je crois..à la sainte Église catholique”!
Ainsi, confiants en la Providence divine, nous attendons avec espérance le jour où un vrai successeur de saint Pierre sera donné à l’Église, rendant pleinement visible son unité et sa force, pour le salut du plus grand nombre d’âmes.
Prions sans cesse pour l’épanouissement de l’Église, Corps mystique de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Eric Jacqmin+
Prêtre de l’Église catholique
D’avance je me soumets au jugement définitif de l’Église sur tous mes écrits.
“Roma locuta, causa finita”