Obtenir une Certitude totale quant à la Validité des Ordres Sacrés
Sacerdoce et Episcopat, dans la crise extrême de l’Église
L’Église catholique est indéfectible par institution divine de Notre-Seigneur Jésus-Christ : elle ne peut jamais manquer, jusqu’à la consommation des siècles, de hiérarchie légitime ni des sacrements nécessaires au salut. Ce dogme est enseigné de manière constante par le magistère ordinaire et universel et exprimé dans le Symbole de Nicée-Constantinople : « Je crois en l’Église une, sainte, catholique et apostolique. » Il est impossible, absolument et en tout temps, que Dieu permette la disparition totale et simultanée de tous les évêques valides et catholiques.
Dans la situation présente, où le Siège de Pierre est vacant depuis la première hérésie publique contenue dans le document “Lumen Gentium” promulgué par Paul VI en 1964, il existe nécessairement, par la promesse divine, des évêques valides et pleinement catholiques, professant intégralement le dépôt de la foi, formés convenablement et vivant sans scandale.
La Tradition est claire sur les conditions de validité des ordres, surtout les enseignements du Magistère sur la validité des sacrements comme
– “Apostolicae Curae” de Léon XIII, 1896, qui déclare les ordinations anglicanes comme étant nulles et sans valeur et pour quelles raisons)
– et la “Constitution Sacramentum Ordinis” de Pie XII (1947) sur la matière et la forme du sacrement de l’Ordre.
Pour obtenir une certitude totale – et non seulement morale, mais absolue – de la validité des ordres chez tous les clercs catholiques, il suffit d’appliquer la procédure suivante, qui repose sur les principes sacramentels certains et sur le dogme même de l’indéfectibilité :
- Il faudra réunir d’une façon ou d’une autre tous les évêques catholiques (validement sacrés et fidèles dans la foi et les mœurs). Si c’est le cas, on peut procéder de la manière suivante :
1.1. L’avantage de réunir tous les évêques catholiques est qu’au moins un est certainement validement sacré, sinon l’Église n’aurait plus d’évêques,
– ce qui est impossible de par la promesse de Notre-Seigneur Jésus-Christ que « les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle » (Mt 16, 18).
– Et aussi de par le dogme de l’indéfectibilité de l’Église. Le Concile de Trente enseigne dans sa session XXIII qu’il y a dans l’Église catholique une hiérarchie établie par l’ordination divine, qui consiste dans les évêques, les prêtres et les ministres ;
Canon 6. ”Si quelqu’un dit qu’il n’y a pas, dans l’Eglise catholique, une hiérarchie établie par disposition de Dieu, laquelle se compose d’évêques, de prêtres et de ministres, qu’il soit anathème.”
Canon 7. ”Si quelqu’un dit que les évêques ne sont pas supérieurs aux prêtres, ou qu’ils n’ont pas la puissance de confirmer et d’ordonner, ou que cette puissance leur est commune avec les prêtres ; ou que les ordres conférés par eux sans le consentement et l’appel du peuple ou de l’autorité séculière sont nuls : ou que ceux qui n’ont été ni légitimement ordonnés ni envoyés par la puissance ecclésiastique canonique, mais sont venus d’ailleurs, sont de légitimes ministres de la parole et des sacrements, qu’il soit anathème.”
1.2. Parmi tous ces évêques catholiques, on en choisit un comme consécrateur principal, selon la règle constante que seul un évêque est ministre du sacrement de l’Ordre (Code de droit canonique de 1917, canon 951 : « Le ministre ordinaire de la sainte ordination est l’évêque consacré ; le ministre extraordinaire est celui qui, bien que n’ayant pas le caractère épiscopal, a reçu de par le droit ou par indult particulier du Saint-Siège, le pouvoir de conférer quelques ordres. »).
1.3. Cet évêque est d’abord réordonné prêtre sous condition (« Si tu n’es pas prêtre, je t’ordonne prêtre ») par tous les autres évêques présents, en observant exactement le rite du Pontifical romain antérieur à 1968.
1.4. Immédiatement après, il est reconsacré évêque sous condition (« Si tu n’es pas évêque, je te consacre évêque ») par tous les autres évêques présents agissant conjointement, avec un consécrateur principal désigné et les autres comme co-consécrateurs, selon le rite traditionnel.
Grâce donc au dogme de l’indéfectibilité, il existe nécessairement au moins un évêque valide parmi ceux qui imposent les mains. Il suffit donc d’un seul ministre valide pour que le sacrement soit conféré validement dans le cas présent. La participation de tous les évêques élimine tout doute : si l’évêque choisi était invalide, un autre ministre valide présent produit nécessairement l’effet sacramentel. Le résultat est donc une certitude totale : cet évêque est désormais certainement évêque.
1.5. Cet évêque, désormais certainement valide, ordonne ensuite sous condition tous les prêtres et évêques présents (« Si tu n’es pas prêtre, je t’ordonne prêtre »), en observant scrupuleusement le rite traditionnel.
1.6. Enfin, il consacre sous condition tous les autres évêques (« Si tu n’es pas évêque, je te consacre évêque »).
Au terme de cette procédure simple et fidèle aux rites de l’Église, tous les prêtres et tous les évêques participants possèdent une certitude totale de la validité de leur sacerdoce et de leur épiscopat. Cette certitude ne repose pas sur une probabilité humaine, mais sur la promesse divine infaillible de l’indéfectibilité de l’Église : Dieu ne peut permettre que tous les ministres présents soient invalides en même temps ; il suffit donc d’un seul valide pour que l’effet sacramentel soit produit chez tous. Saint Thomas d’Aquin, dans la Somme théologique (Ia-IIae, q. 106, a. 4), enseigne que la Loi nouvelle (et par conséquent l’Église qui l’accomplit) doit durer jusqu’à la fin du monde sans être remplacée, car elle est parfaite et indéfectible, fondée sur la grâce du Christ ; cela confirme logiquement que la hiérarchie sacramentelle ne peut défaillir totalement, sous peine de contredire la Providence divine.
Cette méthode, appliquée avec piété et dans l’unité de la foi, reconstitue immédiatement un clergé dont la validité est absolument certaine. Elle peut être mise en œuvre avant ou après l’élection d’un pape et prépare, sous la conduite de la Providence, la restauration complète de l’ordre visible de l’Église.
- Si l’on n’arrive pas à réunir tous les évêques, on suit la même procédure.
2.1. S’il y a au moins une seule personne dans cette réunion qui soit certainement évêque catholique valide, ce qui est tout à fait probable, le résultat est que tous seront certainement évêques.
2.2. Si l’on a le doute sur tous, ce qui n’est pas probable mais possible, on pourra procéder encore de la même manière, et le résultat sera que le doute sur eux tous sera diminué, mais il faudra admettre que le doute réside toujours.
Espérons que le cas se présente comme n° 1 ou 2.1. Car la dernière parole appartient à la Sainte Providence qui veille sur son Église.