Église palmarienne est une Secte

L’Église palmarienne d’El Palmar de Troya

Étude historique, canonique et théologique

avec preuve de ses erreurs doctrinales

et de ses scandales

 

 

Table des matières

 

  1. Introduction
  1. Origine et affirmations principales du mouvement
  1. La primauté du Pontife romain et la vacance du Siège depuis 1964
  1. Les erreurs doctrinales contenues dans le catéchisme et le credo palmariens
  1. Les nouvelles canonisations et la prétendue juridiction universelle
  1. Les scandales des papes palmariens
  1. Conséquences ecclésiologiques
  1. Conclusion
  1. Bibliographie

 

 

  1. Introduction

Depuis mars 1968, un mouvement est apparu à El Palmar de Troya, en Espagne, autour de prétendues apparitions mariales. Clément Domínguez y Gómez en est devenu la figure centrale. En 1976, il reçoit la consécration épiscopale des mains de Mgr Ngô Đình Thục sans mandat pontifical. Le 6 août 1978, jour de la mort de Paul VI, il affirme avoir été couronné pape par le Christ en vision mystique sous le nom de Grégoire XVII et proclame que le Siège apostolique a été transféré de Rome à El Palmar de Troya. Le mouvement s’est doté d’une hiérarchie propre, de conciles, d’un credo étendu, d’un catéchisme et d’une Bible prétendument corrigée. Il se présente comme la seule véritable Église, désormais nommée une, sainte, catholique, apostolique et palmarienne.

 

Dans la situation actuelle où, conformément à la doctrine catholique traditionnelle, le Siège apostolique est vacant depuis la première hérésie publique de Paul VI contenue dans la constitution Lumen Gentium promulguée en 1964, cet article examine les affirmations et les pratiques du mouvement palmarien à la lumière exclusive de l’enseignement catholique constant antérieur à 1964. Il démontre que les palmariens ont d’abord commis l’erreur de continuer à considérer Paul VI comme un vrai pape jusqu’à sa mort en 1978, et ensuite d’inventer un transfert du Siège et une nouvelle papauté sur la base d’une révélation privée. Ces thèses introduisent de graves erreurs doctrinales et la conduite des dirigeants du mouvement a été marquée par des scandales publics.

 

  1. Origine et affirmations principales du mouvement

 

Le mouvement naît de signalements d’apparitions le 30 mars 1968. Clément Domínguez y Gómez en prend la direction. Il affirme recevoir des visions et des stigmates. Après sa consécration épiscopale en 1976, il proclame son élection mystique comme pape le 6 août 1978 et la translation du Siège. Deux conciles palmariens (1980-1992 et 1995-2002) produisent un Credo Palmariano en 1992, un catéchisme et une Bible palmarienne. Des canonisations propres sont promulguées, notamment celle de Francisco Franco. En 1982, Grégoire XVII déclare que tous les pouvoirs sacramentels sont retirés aux clercs extérieurs au mouvement. Tout au long de cette période, le mouvement a continué à traiter Paul VI comme un pape légitime jusqu’au moment de sa mort.

 

  1. La primauté du Pontife romain et la vacance du Siège depuis 1964

 

La Constitution dogmatique Pastor Aeternus du Concile Vatican I, promulguée à Rome le 18 juillet 1870 et éditée dans Denzinger, Enchiridion Symbolorum, Definitionum et Declarationum de Rebus Fidei et Morum, Herder, Fribourg-en-Brisgau, 1976, numéro 3058, latin, définit : « Si quis ergo dixerit, non esse ex ipsius Christi Domini institutione, ut beatus Petrus in primatu super universam Ecclesiam habeat perpetuos successores; aut Romanum Pontificem non esse beati Petri in eodem primatu successorem; anathema sit. » Traduction française : Si quelqu’un dit que ce n’est pas par institution du Christ Seigneur lui-même que le bienheureux Pierre possède des successeurs perpétuels dans la primauté sur toute l’Église, ou que le Pontife romain n’est pas le successeur du bienheureux Pierre dans cette même primauté, qu’il soit anathème.

 

Selon la doctrine catholique traditionnelle sur la perte de l’office papal par hérésie publique, la première hérésie publique de Paul VI contenue dans Lumen Gentium de 1964 a causé la perte de l’office papal. Le Siège apostolique est donc vacant depuis cette date. Jean XXIII et Paul VI avant 1964 étaient reconnus par toute l’Église et n’avaient pas encore prononcé d’hérésies publiques claires ; après Lumen Gentium la situation a changé.

 

Le mouvement palmarien a commis l’erreur de continuer à accepter Paul VI comme un vrai pape jusqu’à sa mort en 1978. Son catéchisme de 2024 déclare : « El 6 de agosto de 1978, tras la muerte del Papa San Pablo VI, Nuestro Señor Jesucristo […] eligió y coronó al nuevo Papa, San Gregorio XVII Magnísimo. […] Cristo trasladó la Sede de su Iglesia desde Roma a El Palmar de Troya el 9 de agosto de 1978. » Traduction française : Le 6 août 1978, après la mort du pape saint Paul VI, Notre-Seigneur Jésus-Christ […] a élu et couronné le nouveau pape, saint Grégoire XVII le Très Grand. […] Le Christ a transféré le Siège de son Église de Rome à El Palmar de Troya le 9 août 1978. Il ajoute que l’Église romaine est devenue « la gran Ramera de los Últimos Tiempos ». Traduction française : la grande Prostituée des Derniers Temps.

 

Cette prétention est doublement erronée. D’abord, Paul VI avait déjà perdu la papauté en 1964 ; les palmariens l’ont à tort continué à considérer comme pape. Ensuite, aucune révélation privée ne peut transférer le Siège apostolique ni créer un nouveau pape. La constitution de l’Église ne permet pas que le Siège soit déplacé de Rome par une vision privée, ni qu’un individu soit élu pape par couronnement mystique. La procédure palmarienne contredit donc à la fois la vacance du Siège depuis 1964 et la doctrine constante sur la primauté romaine.

 

  1. Les erreurs doctrinales contenues dans le catéchisme et le credo palmariens

 

Il est certain, d’après les extraits du Catéchisme palmarien publiés le 1er janvier 2024 sur iglesiapalmariana.org (document Catecismo-Extractos-2024.pdf, espagnol) et du Credo Palmariano de 1992 (espagnol), que le mouvement a promulgué plusieurs doctrines nouvelles qui s’écartent de l’enseignement catholique antérieur à 1964.

 

Première erreur : l’identification éternelle des Personnes divines avec des figures de l’Ancien Testament. Le catéchisme enseigne : « En Dios hay Tres Personas realmente distintas e iguales entre Sí, que son: Padre, Hijo y Espíritu Santo. Desde toda la eternidad, el nombre de Dios Padre es el de Ananías o Disipador de las tinieblas, el nombre de Dios Hijo es el de Melquisedec o Rey de Justicia, y el nombre de Dios Espíritu Santo es el de Malaquías o Enviado. » Traduction française : En Dieu il y a Trois Personnes réellement distinctes et égales entre Elles, qui sont : Père, Fils et Saint-Esprit. Depuis toute l’éternité, le nom de Dieu le Père est celui d’Ananias ou Disperseur des ténèbres, le nom de Dieu le Fils est celui de Melchisédech ou Roi de Justice, et le nom de Dieu le Saint-Esprit est celui de Malachie ou Envoyé. Cette identification confond les Personnes incréées avec des créatures et contredit la simplicité divine enseignée par les Pères et les conciles.

 

Deuxième erreur : la présence réelle de la Vierge Marie et de toute la Trinité dans les espèces eucharistiques. Le catéchisme affirme que dans l’Hostie et le Vin consacrés se trouvent réellement et véritablement présents le Christ, Marie en corps, sang et âme, ainsi que le Père et l’Esprit Saint. Cette doctrine ajoute à la transsubstantiation une présence qui n’appartient qu’au Christ seul, contrairement à l’enseignement du Concile de Trente, session XIII, 1551, Rome, latin, dans les Canons et Décrets du Concile de Trente, Typis Polyglottis Vaticanis, Rome.

 

Troisième erreur : la restriction de la validité des sacrements à l’Église palmarienne seule. Le catéchisme déclare que les évêques, prêtres et diacres hors de l’Église une, sainte, catholique, apostolique et palmarienne n’ont aucun pouvoir de conférer validement les sacrements. Les décrets de 1982 de Grégoire XVII retirent explicitement tous les pouvoirs sacramentels aux clercs extérieurs et affirment que la présence eucharistique a disparu des tabernacles non palmariens. Cette position contredit le principe de validité ex opere operato exposé au Concile de Trente, session VII, 1547, et dans le Code de droit canonique de 1917, Typis Polyglottis Vaticanis, Rome, 1917, latin.

 

Quatrième erreur : le salut impossible en dehors de l’Église palmarienne. Le catéchisme enseigne que hors du bercail de la véritable Église une, sainte, catholique, apostolique et palmarienne, il n’y a pas de salut possible et que tous ceux qui en sont dehors sont apostats, hérétiques et schismatiques. Cette formulation absolue dépasse la doctrine traditionnelle de l’extra ecclesiam nulla salus et nie toute possibilité de grâce en dehors de ses structures.

 

Cinquième erreur : l’introduction d’éléments nouveaux tels que la goutte de sang de Marie reçue au baptême et perdue en péché mortel, ou l’élévation des actes naturellement méritoires au surnaturel par l’acceptation posthume de la Divine Marie. Ces notions n’ont aucun fondement dans la Tradition antérieure à 1964.

 

Sixième erreur : l’élévation des révélations privées au rang de source dogmatique. La Bible palmarienne est présentée comme la version purifiée et infaillible, corrigée par les visions de Grégoire XVII. Les messages de la Divine Marie sont utilisés comme critère de salut au jugement particulier. Cela contredit la clôture de la Révélation publique enseignée au Concile de Trente, session IV, 1546, et les limites des révélations privées exposées par saint Jean de la Croix dans La Montée du Carmel, livre II, chapitre 22, traduction française, Éditions du Seuil, Paris, 1990, français.

 

  1. Les nouvelles canonisations et la prétendue juridiction universelle

 

Les canonisations de Francisco Franco, José Antonio Primo de Rivera et d’autres figures ont été promulguées sans la juridiction universelle requise. Le cardinal Louis Billot expose dans De Ecclesia Christi, 2 volumes, Université Grégorienne, Rome, 1927, latin, que les canonisations supposent cette juridiction. Sans elle, ces actes demeurent sans valeur canonique.

 

  1. Les scandales des papes palmariens

 

Il est certain, d’après les déclarations publiques des intéressés et les rapports concordants de la presse espagnole et internationale, que les dirigeants du mouvement ont été impliqués dans des scandales moraux et financiers.

 

Clément Domínguez y Gómez, Grégoire XVII de 1978 à 2005, a admis publiquement en 1997 des péchés contre la chasteté commis avec des prêtres et des religieuses de son ordre. Des témoignages d’anciens membres rapportent des abus sexuels et un comportement de débauche. Il a dirigé la construction d’une basilique fastueuse financée par des dons étrangers tout en étant accusé de manipulation financière et d’évasion fiscale.

 

Ginés Jesús Hernández, Grégoire XVIII de 2011 à 2016, a quitté le mouvement en 2016, épousé une ancienne religieuse et posé nu avec elle dans le magazine Interviú. Il a publiquement qualifié le mouvement de montage financier, de lavage d’argent et de manipulation. En 2018, il a tenté d’entrer par la force dans la basilique avec sa compagne ; un membre a été grièvement blessé. Ils ont été arrêtés pour tentative de vol avec violence.

 

Manuel Alonso Corral, Pierre II de 2005 à 2011, a vu la publication de la Bible palmarienne provoquer une scission importante. Markus Josef Odermatt, Pierre III depuis 2016, a accusé son prédécesseur immédiat de vol et d’escroquerie dans sa première encyclique. Le mouvement a multiplié les excommunications internes et imposé des normes d’isolement strict qui ont brisé des familles.

 

Ces faits, rapportés par El País le 26 mai 2016 et par d’autres organes de presse, ainsi que par les déclarations publiques des anciens dirigeants, montrent que les prétentions spirituelles du mouvement ont été accompagnées de désordres moraux et matériels graves.

 

  1. Conséquences ecclésiologiques

 

Les erreurs doctrinales du catéchisme et du credo palmariens portent atteinte à la Trinité, à l’Eucharistie, aux sacrements, à la primauté romaine et à l’indéfectibilité de l’Église. En continuant à reconnaître Paul VI comme pape après 1964 et en inventant ensuite une nouvelle hiérarchie par révélation privée, le mouvement aggrave la crise au lieu de la résoudre. Les scandales des dirigeants confirment que ce mouvement n’apporte aucune restauration de l’ordre hiérarchique visible. Dans la vacance du Siège apostolique commencée en 1964, ces thèses et ces pratiques constituent une déviation supplémentaire qui s’ajoute à la crise de l’Église.

 

  1. Conclusion

 

L’examen rigoureux des documents palmariens, en particulier du catéchisme de 2024 et du credo de 1992, révèle une série d’erreurs doctrinales qui contredisent directement l’enseignement catholique antérieur à 1964. L’erreur fondamentale consiste à traiter Paul VI comme un vrai pape après 1964 et à revendiquer ensuite un transfert du Siège et une nouvelle papauté sur la base d’une révélation privée. Les scandales répétés de ses dirigeants achèvent de disqualifier ce mouvement comme solution à la vacance actuelle. La fidélité à la Tradition exige le rejet total de ces thèses et le maintien de la foi intégrale dans l’attente de la restauration divine de l’ordre hiérarchique selon les voies que la Providence choisira.

 

  1. Bibliographie

 

Écriture Sainte, Vulgate Sixto-Clémentine, Typis Polyglottis Vaticanis, Rome, 1592/1598, latin.

 

Concile de Trente, Canons et Décrets du Concile de Trente, Typis Polyglottis Vaticanis, Rome, 1545-1563, latin.

 

Concile Vatican I, Constitution dogmatique Pastor Aeternus, promulguée à Rome le 18 juillet 1870, éditée dans Denzinger, Enchiridion Symbolorum, Definitionum et Declarationum de Rebus Fidei et Morum, Herder, Fribourg-en-Brisgau, 1976, latin, n° 3058.

 

Code de droit canonique de 1917, Typis Polyglottis Vaticanis, Rome, 1917, latin.

 

Saint Jean de la Croix, La Montée du Carmel, traduction française, Éditions du Seuil, Paris, 1990, français.

 

Cardinal Louis Billot, De Ecclesia Christi, 2 volumes, Université Grégorienne, Rome, 1927, latin.

 

Extractos del Catecismo Palmariano, publié sur iglesiapalmariana.org, 1er janvier 2024, espagnol.

 

Credo Palmariano, promulgué par Grégoire XVII, 1992, espagnol.

 

El País, article du 26 mai 2016 sur les révélations de l’ancien « pape » Grégoire XVIII, espagnol et anglais.

 

Autres rapports de presse espagnole et internationale relatant les scandales moraux et financiers (2016-2018).

 

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