Réponse Chrétienne à l’Islam

La réponse chrétienne à l’islam :

charité, justice et défense de la chrétienté

 

 

Table des matières

Introduction  

  1. La doctrine catholique sur l’islam comme religion  
  2. La charité due à toute personne  
  3. Le droit naturel de légitime défense individuelle et la protection d’autrui  
  4. Les responsabilités de l’autorité publique et la guerre juste  
  5. L’exemple de saint Maurice et de la légion thébaine  
  6. Le contexte historique de l’expansion islamique, de la bataille de Tours et de la première croisade  
  7. La prédication de la foi et le travail pour la conversion  
  8. Les relations civiles avec les musulmans pacifiques  
  9. Le terrorisme distingué de la guerre classique  
  10. L’application de ces principes aujourd’hui  

Conclusion  

Liste des sources

 

 

 

Introduction

 

La foi catholique enseigne deux principes qu’il ne faut jamais confondre : le devoir de charité envers toute personne individuelle et le droit de légitime défense publique contre une agression injuste. Bien des contradictions apparentes s’évanouissent dès que ces deux principes sont distingués avec précision selon la doctrine traditionnelle de l’Église. Il faut en outre distinguer soigneusement l’islam comme doctrine religieuse, les musulmans individuels, les États ou armées placés sous des dirigeants musulmans, les organisations jihadistes ou terroristes, et les citoyens pacifiques qui n’entreprennent aucune agression.

 

  1. La doctrine catholique sur l’islam comme religion

 

Selon la doctrine catholique traditionnelle, l’islam est une religion fausse. Elle nie des vérités centrales de la révélation divine, notamment la très sainte Trinité, la divinité et la filiation éternelle de Jésus-Christ, l’Incarnation, la mort rédemptrice sur la Croix, la Résurrection telle que l’Église la confesse, l’autorité divine de l’Église, les sacrements et le sacerdoce catholique. Ces négations sont clairement affirmées dans les textes islamiques eux-mêmes. Cette appréciation objective de l’erreur doctrinale doit être immédiatement distinguée de la culpabilité subjective de chaque musulman individuel. Tous ne possèdent pas la même connaissance, la même intention ni la même responsabilité.

 

  1. La charité due à toute personne

 

Tout être humain, y compris tout musulman, est créé à l’image de Dieu et possède une âme immortelle. Les chrétiens ne doivent jamais haïr les personnes en raison de leur religion ou de leur origine ethnique. Notre Seigneur Jésus-Christ a commandé : « Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent » (Matthieu 5, 44). Il a aussi déclaré : « Heureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, car le royaume des cieux est à eux » (Matthieu 5, 10).

 

Lorsque les chrétiens subissent des insultes, des persécutions ou des injustices au niveau personnel, ils sont appelés à imiter le Christ en pratiquant la patience, le pardon et la charité. Le premier martyr, saint Étienne, pria pour ceux qui le lapidaient : « Seigneur, ne leur imputez point ce péché » (Actes 7, 60). Les chrétiens doivent toujours prier pour la conversion et le salut éternel de ceux qui les persécutent.

 

  1. Le droit naturel de légitime défense individuelle et la protection d’autrui

 

Le droit naturel de se défendre subsiste. Selon saint Thomas d’Aquin (Summa Theologiae, II-II, question 64, article 7), un même acte de défense peut avoir deux effets : la conservation de sa propre vie et la mort de l’agresseur. La défense est licite lorsque le premier effet est recherché et que la violence employée ne dépasse pas ce qui est nécessaire. Celui qui use d’une violence supérieure à ce qui est requis agit illicitement.

 

Il faut distinguer : une personne privée peut se défendre elle-même ; elle peut défendre un autre innocent ; elle peut parfois avoir le devoir de défendre d’autres, surtout lorsque des enfants, des êtres sans défense ou des personnes confiées à sa charge sont en danger. Elle ne peut exercer une punition ou une vengeance une fois le danger immédiat passé. On peut renoncer à la défense de sa propre vie, mais non nécessairement à la défense de ceux envers qui l’on a un devoir grave de protection.

 

  1. Les responsabilités de l’autorité publique et la guerre juste

 

Lorsque le danger vise un peuple ou une civilisation, l’autorité publique a des responsabilités que les particuliers n’ont pas. Les gouvernants doivent protéger les innocents, maintenir l’ordre public et défendre le bien commun. Ils ont des obligations envers l’Église, les familles, les femmes, les enfants et la société.

 

Saint Thomas d’Aquin (Summa Theologiae, II-II, question 40, article 1) expose trois conditions nécessaires pour qu’une guerre soit juste : l’autorité du souverain, une cause juste et une intention droite. La tradition catholique développe ces principes par des distinctions pratiques : la guerre doit être menée par une autorité légitime (une personne ou un mouvement privé ne peut déclarer la guerre de son propre chef) ; un tort réel et grave doit exister ; les moyens pacifiques raisonnablement efficaces doivent en principe avoir été essayés, sauf nécessité d’agir immédiatement ; les moyens employés doivent être proportionnés au mal à empêcher ; il doit y avoir une possibilité raisonnable que la défense atteigne son but légitime ; les non-combattants ne doivent pas être pris directement pour cibles ; les prisonniers, les blessés et ceux qui se rendent restent des personnes humaines et ne peuvent être tués par vengeance ; l’intention droite doit viser la paix et le rétablissement de la justice, non la haine, le pillage, la conquête territoriale ou l’extermination.

 

  1. L’exemple de saint Maurice et de la légion thébaine

 

Saint Maurice et la légion thébaine se trouvèrent confrontés à un commandement contraire à la loi de Dieu. Ils étaient tenus de refuser l’obéissance. Comme soldats subordonnés, ils ne possédaient aucun pouvoir public propre pour engager une guerre ou une révolte armée contre l’Empire romain. Dans la mesure où il s’agissait principalement de leur propre vie, ils n’étaient pas obligés de se défendre par la violence. Ils pouvaient donc accepter librement le martyre sans lâcheté et rendre un témoignage héroïque au Christ.

 

Les sources anciennes ne disent pas explicitement que saint Maurice choisit le martyre parce qu’il n’existait pas encore de civilisation chrétienne. Cette conclusion découle des circonstances examinées à la lumière des principes catholiques concernant le refus du péché, la légitime défense personnelle et l’autorité publique. Une personne peut renoncer à la défense de sa propre vie. Un gouvernant légitime ne peut pas aussi librement abandonner les innocents confiés à sa protection.

 

Il n’existait à cette époque aucun État chrétien organisé ni aucune chrétienté dont ils eussent été, comme détenteurs d’un pouvoir légitime, chargés de défendre la population, les institutions ecclésiastiques et le bien commun. Leur acceptation du martyre n’était donc pas une lâcheté, mais une confession héroïque de la foi. Même lorsqu’une société chrétienne existe, tout chrétien ou soldat isolé n’est pas personnellement autorisé ni obligé de déclencher de son propre chef une lutte armée. L’obligation de défendre les autres dépend de l’office, de l’autorité, de la responsabilité, des moyens disponibles et de la possibilité concrète d’offrir une protection réelle.

 

Selon la Passio martyrum Acaunensium rapportée par saint Eucher de Lyon au Ve siècle et reprise dans la tradition catholique, la légion, composée de chrétiens, fut massacrée vers 287 à Agaune sur l’ordre de Maximien pour avoir refusé de sacrifier aux idoles et de combattre des chrétiens.

 

  1. Le contexte historique de l’expansion islamique, de la bataille de Tours et de la première croisade

 

À partir du VIIe siècle, des armées placées sous des dirigeants musulmans s’étendirent par la conquête militaire. Des territoires chrétiens du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord et d’une grande partie du monde méditerranéen furent conquis. Jérusalem et de nombreux Lieux saints passèrent sous domination musulmane. Sous certains souverains et durant certaines périodes, les pèlerins chrétiens subirent des restrictions, des extorsions, des violences ou de graves dangers ; les conditions précises variaient selon les temps et les lieux.

 

Leur progression vers l’ouest en Europe subit une défaite à la bataille de Tours (ou Poitiers) en 732 sous Charles Martel. Les chroniques latines du VIIIe et IXe siècles, notamment les Continuations de la Chronique de Frédégaire et la Chronique mozarabe de 754, attestent de cet événement. Cette bataille n’est pas la continuation directe des mêmes campagnes que les croisades ultérieures, ni une fin définitive de toute expansion. La Reconquista sur la péninsule Ibérique, la première croisade au Proche-Orient et les guerres ultérieures contre des puissances turques sont des processus historiques distincts. Après les croisades, l’expansion turque continua ; Constantinople tomba en 1453 et des armées ottomanes avancèrent plus tard en Europe du Sud-Est et centrale. Il s’agit donc de défenses, de reculs ou de ralentissements temporaires.

 

Dans ce contexte, le pape Urbain II appela à la première croisade en 1095 au concile de Clermont. Les versions du discours conservées par Foucher de Chartres et Robert le Moine (ce dernier écrivant environ vingt-cinq ans plus tard) relient l’appel à l’aide aux chrétiens d’Orient et à l’Empire byzantin contre les Seldjoukides, à la situation des chrétiens et des églises en Orient, à la marche vers Jérusalem et à la protection ou à la reconquête des Lieux saints. Ces versions ne sont pas des sténographies ; elles diffèrent entre elles. La cause originale et l’objet général de la première croisade doivent être distingués de chaque expédition ultérieure et de chaque acte commis par des croisés individuels. La première croisade comportait un élément défensif (aide aux chrétiens d’Orient menacés) et une entreprise militaire visant à récupérer des territoires et des lieux saints. Des croisades postérieures, telles que la quatrième et le sac de Constantinople, ne peuvent pas être placées simplement sous la même justification.

 

Reconnaître la légitimité de l’objectif original n’implique pas que chaque action commise durant les croisades fût moralement justifiée. Des croisés individuels commirent parfois des crimes ou de graves péchés. La théologie morale catholique a toujours distingué entre la justice de la guerre elle-même et la moralité des actes particuliers.

 

  1. La prédication de la foi et le travail pour la conversion

 

La réponse chrétienne n’est pas seulement coexistence pacifique et défense. Elle comprend le devoir de proclamer la vérité et de travailler à la conversion des musulmans. La foi ne peut être imposée par la force physique. Une profession de foi extérieure contrainte n’est pas un véritable acte de foi. L’Église peut condamner l’erreur et protéger la société catholique sans forcer personne au baptême. Un musulman qui cherche sincèrement la vérité doit être instruit avec patience, preuves et charité.

 

  1. Les relations civiles avec les musulmans pacifiques

 

Les chrétiens peuvent commercer honnêtement, conclure des accords civils, collaborer pacifiquement à des fins temporelles vraiment bonnes, secourir un musulman dans le besoin et protéger sa vie et ses biens contre l’injustice. Cela n’implique pas que toutes les religions soient équivalentes, que le culte commun soit licite, que l’on puisse prononcer des professions de foi islamiques, que l’on doive traiter la propagande religieuse islamique comme vraie ou salutaire, ni que l’on puisse, par fausse politesse, taire ou nier la divinité de Jésus-Christ.

 

  1. Le terrorisme distingué de la guerre classique

 

Les attentats terroristes ne s’identifient pas simplement à une guerre classique entre États. Il faut distinguer le terroriste qui prépare ou exécute directement un attentat, ses aides et ses financeurs, les personnes qui partagent seulement la même religion ou la même origine ethnique, et les citoyens innocents. Seuls ceux qui participent réellement à l’agression peuvent être traités comme auteurs ou complices. Il n’existe pas de culpabilité collective de tous les musulmans pour chaque attentat commis sous des slogans islamiques.

 

  1. L’application de ces principes aujourd’hui

 

Les chrétiens ne doivent jamais cultiver la haine envers les musulmans en tant que personnes. Tout musulman doit être traité avec justice, honnêteté, charité et respect de sa dignité humaine. Les chrétiens doivent désirer avant tout la conversion des musulmans à Jésus-Christ et prier pour leur salut.

 

Si une idéologie, un mouvement politique, une armée ou une organisation tente de détruire la société chrétienne par la violence, le terrorisme, la conquête militaire ou la coercition, les gouvernements légitimes possèdent le droit de protéger leurs citoyens et de préserver le bien commun. Une telle défense est dirigée contre une agression injuste, non contre des personnes en raison de leur seule affiliation religieuse.

 

Conclusion

 

La réponse chrétienne consiste en devoirs complémentaires. Envers les personnes individuelles : charité, justice, patience, pardon et prière pour la conversion. Envers une agression injuste : légitime défense. Envers des attaques organisées contre la société : défense par les autorités publiques légitimes selon la justice et la proportionnalité. Envers l’erreur doctrinale : proclamation de la vérité sans contrainte de la foi.

 

Il n’y a aucune contradiction entre le commandement du Christ d’aimer ses ennemis et la défense de la chrétienté. Le pardon personnel concerne la disposition intérieure. La défense publique concerne la responsabilité des gouvernants de protéger les innocents et le bien commun. Ces principes se complètent.

 

Le but ultime est la gloire de Dieu, le salut des âmes, la protection des innocents, la préservation de la justice et, autant que possible, la conversion de ceux qui furent ennemis du Christ et de son Église.

 

Liste des sources

 

La Sainte Bible, texte de la Vulgate et traductions traditionnelles françaises antérieures à 1964 (par exemple version Crampon).

 

Thomas d’Aquin, Summa Theologiae, Secunda Secundae, quaestio 40, articulus 1 et quaestio 64, articulus 7, Editio Leonina, Romae, Typographia Polyglotta S. C. de Propaganda Fide (et volumes correspondants de l’édition Léonine).

 

Saint Augustin, textes cités par saint Thomas (notamment Contra Faustum et questions sur l’Heptateuque).

 

Mershman, F., « St. Maurice », in The Catholic Encyclopedia, vol. 10, New York, Robert Appleton Company, 1911.

 

Passio martyrum Acaunensium, rapportée par saint Eucher de Lyon (Ve siècle).

 

Continuations de la Chronique de Frédégaire ; Chronique mozarabe de 754.

 

Foucher de Chartres, Chronicle of the First Crusade, traductions anglaises traditionnelles (notamment Martha E. McGinty, Fulcher of Chartres: Chronicle of the First Crusade, Philadelphia, University of Pennsylvania Press / London, Oxford University Press, 1941).

 

Robert le Moine, Historia Iherosolimitana (éditions traditionnelles dans le Recueil des historiens des croisades, Paris, 1866).

 

Oliver J. Thatcher et Edgar Holmes McNeal (éd.), A Source Book for Medieval History, New York, Charles Scribner’s Sons, 1905 (pour des versions du discours d’Urbain II).

 

August C. Krey, The First Crusade: The Accounts of Eyewitnesses and Participants, Princeton, Princeton University Press, 1921.

 

Les principes doctrinaux sur la charité, l’autorité légitime et la guerre juste relèvent de la certitude de l’enseignement traditionnel de l’Église. L’appel d’Urbain II à Clermont en 1095 est historiquement certain. Les mots exacts de son discours, transmis par des chroniqueurs, ne le sont pas au même degré.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*