Ordinations et sacre de Mgr Lefebvre
par Mgr Liénart douteux
Témoignages sur une appartenance maçonnique
et portée du doute sacramentel
Table des matières
Introduction
1 Les ordres reçus par Marcel Lefebvre
2 La publication des accusations et leur réception en 1976
3 Les controverses de 1977 à 1994 et la proposition attribuée à Mgr Thục
4 Les nouvelles publications de 2003 à 2009
5 Les prises de position et précisions de 2010 à 2024
6 Les personnes ayant accepté une appartenance maçonnique de Liénart
7 La valeur des témoignages et de leur réception
8 Le doute positif et la règle sacramentelle
9 Conclusion et recherches documentaires
Liste des sources
Introduction
Cette étude rassemble les témoignages et les prises de position concernant l’appartenance d’Achille Liénart à la franc-maçonnerie et les conséquences qui en ont été tirées pour les ordres de Marcel Lefebvre. Elle conserve pour objet la question de la sécurité sacramentelle : les récits publiés et leur réception par plusieurs évêques, prêtres et auteurs fournissent-ils des motifs sérieux de doute justifiant une réordination sous condition ?
L’appartenance maçonnique, la validité des ordres reçus par Liénart et son intention lorsqu’il ordonna Lefebvre sont des propositions distinctes. Les sources doivent être lues selon leur contenu propre. Une publication peut être certainement attestée alors que les faits qu’elle rapporte restent connus par une transmission indirecte. De même, l’existence d’un doute positif ne suppose pas que la nullité du sacrement soit déjà démontrée.
L’argument défendu ici repose sur un faisceau d’éléments : les récits de La Franquerie et de Barret, la proposition de consécration attribuée à Mgr Thục, les jugements d’auteurs qui ont examiné la difficulté et les décisions de précaution sacramentelle rapportées dans ce dossier. Leur convergence mérite une appréciation d’ensemble. Nous distinguerons constamment les faits documentés, les témoignages rapportés et la conclusion prudentielle qui en est tirée.
1 Les ordres reçus par Marcel Lefebvre
Marcel Lefebvre a déclaré lui-même, dans son sermon jubilaire du 23 septembre 1979, qu’il avait été ordonné prêtre le 21 septembre 1929, dans la chapelle du Sacré-Cœur de la rue Royale à Lille, par Mgr Liénart. Cette déclaration est matériellement conservée dans la transcription de son sermon. Sa conférence de Montréal du 27 mai 1976 identifie également Liénart comme celui qui l’avait ordonné prêtre et consacré évêque. L’ordination sacerdotale de 1929 et le sacre épiscopal de 1947 constituent deux actes historiquement distincts. [3, 4, 8]
Cette distinction importe pour l’examen du dossier. Les accusations ont porté tantôt sur les dispositions de Liénart lorsqu’il reçut lui-même l’épiscopat, tantôt sur son intention lorsqu’il conféra les ordres, tantôt sur les conséquences pour les prêtres ordonnés par Lefebvre. Chaque argument doit conserver son objet. La question de la réordination sacerdotale de Lefebvre doit être distinguée de celle d’un nouveau sacre épiscopal, puis articulée avec elle.
Selon saint Thomas, ces deux actes ne sont pas indépendants quant à leur validité : la réception du pouvoir épiscopal présuppose celle du pouvoir sacerdotal. Si Lefebvre n’avait pas été validement ordonné prêtre avant son sacre de 1947, ce sacre serait également invalide selon cet enseignement. Le fondement de cette dépendance et sa conséquence pour le doute sacramentel sont exposés à la section 8 1. [39]
2 La publication des accusations et leur réception en 1976
2 1 Le récit de La Franquerie
André de La Franquerie écrit dans L’Infaillibilité pontificale que Liénart fut initié en 1912 dans une loge de Cambrai, qu’il fréquenta des loges à Cambrai, Lille, Valenciennes et Paris, qu’il fut mentionné en 1919 comme visiteur du dix-huitième degré et qu’il avait atteint le trentième degré en 1924. Il affirme aussi que Liénart fréquentait des réunions lucifériennes. Il rapporte enfin une rencontre à Lourdes avec un ancien franc-maçon, désigné comme « Monsieur B… », qui lui aurait déclaré avoir reconnu le cardinal dans une loge. La Franquerie transmet donc le témoignage d’un homme qu’il dit avoir personnellement rencontré ; il ne se présente pas lui-même comme témoin de la présence de Liénart dans cette loge. [1]
La référence aux pages 80–81 concerne la deuxième édition augmentée de 1973. La Bibliothèque nationale de France en confirme l’existence, le titre, l’éditeur et les 116 pages. Elle distingue cette édition d’une édition antérieure de 66 pages. La reproduction numérique consultée possède une autre pagination ; celle-ci ne doit pas être substituée à la pagination imprimée. La Franquerie se présente comme camérier secret pontifical ; ce titre ne doit pas être remplacé par celui de camerlingue. [1]
L’identité proposée ultérieurement pour « Monsieur B… » sera examinée à sa place chronologique, à propos de l’article d’Ernest Larisse publié en 2019. L’absence de nom dans le passage initial ne supprime pas le récit de La Franquerie ; elle impose de préciser ce que sa transmission permet de contrôler.
2 2 Chiesa viva et les paroles de Mgr Lefebvre
Chiesa viva, revue dirigée par don Luigi Villa et publiée par Editrice Civiltà à Brescia, reprend l’accusation dans son n° 51 de mars 1976. Le titre italien de l’article est Il Cardinale Achille Liénart era Massone, soit « Le cardinal Achille Liénart était franc-maçon ». La référence est corroborée par Rama Coomaraswamy et par l’histoire de la controverse publiée dans Sodalitium. Ces auteurs indiquent que Chiesa viva reprend La Franquerie. Le numéro original n’a pas été directement consulté dans cette recherche. [5, 6, 31]
Dans la transcription française de sa conférence de Montréal du 27 mai 1976, Lefebvre dit avoir vu à Rome la publication de Chiesa viva. Il accueille le renseignement avec peine et ajoute : « heureusement que les ordres qu’ils donnent sont valides ». Ce passage atteste qu’il prenait l’accusation au sérieux et la présentait comme une nouvelle qu’il avait apprise ; il atteste aussi qu’il maintenait la validité des ordres. On doit conserver ensemble ces deux aspects de sa déclaration. [4]
L’existence de cette réception par Lefebvre est un élément d’histoire du dossier. Elle ne constitue pas un nouveau témoignage oculaire de fréquentation d’une loge : il invoque la revue qu’il a lue. Elle possède néanmoins la valeur propre d’un jugement public sur une accusation qui le touchait personnellement.
2 3 La photographie et la reprise dans Si Si No No
Une précision matérielle doit être conservée au sujet de l’illustration. Dans son étude de 1982, Coomaraswamy décrit une photographie de Liénart en tenue ecclésiastique ordinaire, accompagnée d’un dessin distinct représentant l’entrée d’un temple maçonnique. Il ne décrit donc pas une photographie montrant Liénart revêtu d’insignes maçonniques. Cette précision repose sur sa description du numéro ; elle ne résulte pas ici d’un examen direct de celui-ci. [6]
Coomaraswamy indique aussi que Si Si No No reprend la même accusation, toujours d’après La Franquerie. Sodalitium situe cette reprise en juin 1976. La mention plus précise « année II, n° 6 » figure dans le document de départ ; elle reste à vérifier sur l’exemplaire original et ne doit pas être attribuée à Coomaraswamy, qui ne la donne pas dans le passage consulté. [6, 31]
3 Les controverses de 1977 à 1994 et la proposition attribuée à Mgr Thục
3 1 Les premières conclusions sacramentelles
Hugo Maria Kellner donne à l’accusation une conséquence plus radicale : il soutient l’invalidité des ordres de Lefebvre. Son texte n° 72 porte expressément la date de juillet 1977 ; la conclusion figure à la page 40. La lettre n° 75 est, elle, d’avril 1979. Il faut donc distinguer ces deux publications et ne pas dater la première de 1979. L’existence de son opinion est certaine dans son propre texte ; la valeur de sa démonstration doit être examinée séparément de cette constatation. [7]
La contestation suscite des réponses. Douglas Laudenschlager signe à Écône, le 22 décembre 1977, une étude publiée dans The Angelus en février 1978, où il examine l’accusation et défend la validité des ordres. Un texte attribué à Carl Pulvermacher, présenté comme issu d’un éditorial du même mois, juge également l’accusation non prouvée. Sa reproduction actuelle comporte toutefois des retouches postérieures : toute sa formulation ne peut être datée de 1978. [32, 33]
Selon l’historique de Heller et celui de Sodalitium, l’abbé Eugène Robin accueille en France l’argumentation de Kellner en 1979 dans La légion thébaine et ses cahiers non conformistes. Heller rapporte des doutes exprimés par A. Eisele, éditeur des SAKA-Informationen, au début de 1980. Il raconte aussi de longues discussions avec l’abbé Otto Katzer, qui aurait finalement admis la difficulté. Ces attributions sont documentées chez Heller ; les écrits propres d’Eisele et de Katzer n’ont pas été retrouvés ici. [8, 31]
La discussion n’a donc pas été limitée aux seuls évêques. Elle a associé des prêtres, des publicistes et des auteurs intervenant à des titres différents. Le répertoire ci-après permet d’identifier leur position sans les transformer indistinctement en témoins des faits allégués.
3 2 La lettre attribuée à Mgr Thục
Une lettre attribuée à Mgr Pierre Martin Ngô-dinh-Thục propose de consacrer secrètement Lefebvre. Sa traduction allemande est publiée dans Einsicht, XVIIIe année, n° 4, octobre 1988, p. 86. Une reproduction du manuscrit français est également diffusée par Today’s Catholic World le 1er mai 2013. La photocopie examinée porte une signature au nom de Thục, mais ne comporte pas de date visible. L’adresse de Rochester donnée dans la traduction ne permet pas de dater avec certitude le manuscrit. [17]
« Je suis prêt à vous consacré [sic] évêque ou bien trouver un évêque qui se charge de vous consacrer secrètement. »
Dans cette lettre, l’auteur affirme que Liénart n’avait jamais cru à la religion catholique et en tire la nullité du sacre de Lefebvre. Il évoque ensuite les ecclésiastiques que Lefebvre avait faits prêtres et propose une nouvelle collation de l’ordre pour eux. Le passage relatif aux prêtres concerne donc les prêtres de Lefebvre. La lettre ne propose pas expressément de lui conférer personnellement, d’abord, une nouvelle ordination sacerdotale. Elle ne mentionne pas davantage don Villa, l’appartenance maçonnique ou les mots « sous condition ». [17] Ce constat sur le contenu de la lettre ne tranche pas la question doctrinale de la nécessité préalable du presbytérat, examinée à la section 8 1.
L’existence publique de cette lettre et de son contenu est vérifiable. Son authenticité repose, dans les publications consultées, sur une attribution et sur des comparaisons d’écriture alléguées, sans expertise nominative produite. Elle doit donc être présentée comme une lettre attribuée à Thục. L’information ultérieure de Heller sur le refus d’un nouveau sacre sous condition sera exposée avec son témoignage de 2024. Aucun document retrouvé ne permet d’attribuer cette proposition à Mgr de Castro Mayer. [17, 18]
3 3 Vézélis Disandro et Heller
Mgr Louis Vézélis reprend explicitement l’accusation contre Liénart et conteste les ordres de Lefebvre dans un article provenant de The Seraph de juin 1988, traduit en allemand par Eugen Golia dans Einsicht d’octobre 1988, p. 87–90. Dans le même numéro, une note rédactionnelle de Heller associe Mgr Moisés Carmona à l’appréciation du doute et à la précaution conditionnelle. Cette attribution à Carmona repose sur le témoignage de Heller ; elle ne doit pas être étendue automatiquement à Mgr Adolfo Zamora. [9]
L’abbé Henri Mouraux reprend également l’accusation maçonnique dans un texte issu de Bonum Certamen, n° 74, juillet–août 1984, reproduit en allemand dans Einsicht d’octobre 1988, p. 84–85. Son intervention documente son acceptation de l’accusation ; elle ne suffit pas à établir par elle-même sa position sur la validité des ordres. [34]
En janvier 1989, Carlos Alberto Disandro écrit à Alta Gracia un texte consacré à l’énigme de Lefebvre. Dans la traduction portugaise consultée, il affirme qu’il existe des motifs suffisants de douter de sa légitimité et de sa réalité sacramentelle. Il invoque notamment Einsicht, Mouraux, Vézélis et la lettre attribuée à Thục. Son appréciation est ainsi documentée, de même que les sources dont elle dépend. [10]
Heller expose à son tour la controverse dans l’article reproduit comme provenant d’Einsicht, XXIVe année, n° 2, juillet 1994. Il retient un doute et recommande la précaution conditionnelle, tout en reconnaissant qu’il ne dispose pas d’une démonstration positive de l’invalidité. Son texte nomme aussi des défenseurs de la validité, notamment Gloria Riestra, B. F. Dryden et P. Groß, ainsi que les interventions d’André Perlant et du professeur Wendland. Leurs écrits propres ne sont pas tous accessibles ; leur position doit alors être attribuée à Heller. [8]
Mgr Michel-Louis Guérard des Lauriers réclame une précision particulière. Heller lui attribue un ancien conseil de réordination conditionnelle. Cependant, Sodalitium rapporte sa défense de la validité en juin 1979 et dans des publications ultérieures ; son exposé Consacrer des Évêques, repris en 1988, envisage comme valides des sacres accomplis par Lefebvre selon le rite traditionnel. Il faut conserver ces indications ensemble. Elles empêchent de le présenter comme un partisan constant et sans réserve du doute. Les références secondaires divergent sur le jour de sa lettre de juin 1979 ; aucun jour précis ne sera retenu sans l’original. [8, 30, 31]
4 Les nouvelles publications de 2003 à 2009
4 1 Gibson et Cekada
Hutton Gibson reprend notamment Kellner dans The Enemy Is Still Here, publié en 2003. À la page imprimée 123, il invoque la lettre n° 75 d’avril 1979 et soutient l’invalidité. Son intervention ajoute une appréciation d’auteur à l’histoire du dossier ; la dépendance documentaire envers Kellner est explicitement indiquée. [11]
La même année, l’abbé Anthony Cekada publie Sacramental Intention and Masonic Bishops, soit « L’intention sacramentelle et les évêques francs-maçons ». Il nomme Kellner, Gibson et la publication Veritas parmi les tenants de la contestation. Il adopte la critique documentaire de Coomaraswamy et défend la présomption de validité des ordres. Son intervention doit figurer dans le dossier, puisqu’elle formule directement une objection à l’argument fondé sur l’appartenance maçonnique. [35]
4 2 Le récit transmis par Max Barret en 2009
Le 25 octobre 2009, Max Barret publie dans Le Courrier de Tychique, n° 307, un récit circonstancié concernant la confession de Liénart à l’article de la mort. Il précise sa chaîne d’information : un lecteur, qu’il ne nomme pas, dit avoir bien connu le chanoine Descornets et avoir recueilli ses confidences ; Descornets aurait entendu la confession de Liénart. La permission du pénitent de rendre publics certains éléments de cette confession fait partie de la même transmission. [12]
Barret rapporte une entrée en loge à dix-sept ans et l’accession au trentième degré à vingt-sept ans. Ces indications diffèrent de la chronologie de La Franquerie, qui donne 1912 et 1924. La date de naissance de Liénart, le 7 février 1884, permet de constater la discordance. Elle n’établit pas à elle seule que toute l’accusation soit fausse, mais elle interdit de présenter ces précisions chronologiques comme concordantes. [1, 12, 27]
Quant au contenu sacramentel, Barret attribue à Liénart un plan destiné à faire perdre progressivement aux célébrants et aux consécrateurs leur intention catholique par la modification des rites et de leur compréhension. Il formule notamment cet objectif : « rompre la succession apostolique en modifiant le rituel du sacre épiscopal ». Il décrit ensuite une dissolution progressive de l’intention des futurs consécrateurs. [12]
Ce passage conserve toute sa gravité dans le récit publié. Son objet explicite est cependant un programme de transformation et ses conséquences ultérieures. Il ne contient pas une déclaration de Liénart relative à sa propre intention lors de l’ordination de Lefebvre en 1929. L’hypothèse d’une contre-intention à cette date appartient donc à l’argumentation tirée du dossier ; elle ne peut être présentée comme une citation ou comme le contenu littéral de la confidence rapportée. Cela laisse entière la question d’un doute prudent, dont le fondement doit être apprécié sans exiger déjà la preuve certaine de nullité.
4 3 Les réserves publiées le 8 novembre
Le 8 novembre 2009, Barret publie également une réaction de lecteur contestant l’existence d’une preuve matérielle connue de l’affiliation et rapportant l’opposition de proches à certains récits entourant la mort de Liénart. Barret accueille cette mise au point et maintient son appréciation de l’action conciliaire du cardinal indépendamment de son éventuelle appartenance. Cette réserve appartient au dossier et doit être conservée. La reproduction consultée porte le n° 308 ; le n° 309 indiqué dans une autre référence n’a pas été matériellement confirmé ici. La date est conservée sans trancher cette divergence de numérotation. [13]
5 Les prises de position et précisions de 2010 à 2024
5 1 Mgr Giles Butler selon Patrick Henry
Patrick Henry rapporte une conversation téléphonique avec Mgr Giles Butler dans sa Letter to Bishop Giles, p. 34. Il lui attribue expressément l’opinion selon laquelle l’appartenance maçonnique de Liénart engendre un doute sur l’ordination et le sacre de Lefebvre. Le document répond à une lettre de Butler reçue le 5 juillet 2010, d’après son introduction. Il s’agit du témoignage d’un interlocuteur nommé ; aucun enregistrement ni déclaration personnelle de Butler sur ce point n’est produit dans le passage consulté. [14]
En septembre 2011, une publication de Luigi Villa dans Chiesa viva, n° 441, reprend encore l’accusation contre Liénart et les indications de La Franquerie. Cette reprise permet de documenter sa position au-delà de la seule direction de la revue en 1976. [38]
5 2 Le jugement publié par Mgr Williamson en 2016
Une lettre de Richard Williamson de septembre 1992 jugeait encore l’appartenance maçonnique de Liénart non prouvée. Il reprend ensuite le récit de Barret dans les Commentaires Eleison de 2009, puis affirme l’appartenance maçonnique de Liénart dans le n° 450 du 27 février 2016, intitulé Bishops Valid II, soit « Des évêques valides II ». Cette affirmation est matériellement vérifiée. Elle atteste son acceptation de l’accusation à cette date ; elle ne permet pas de le ranger, pour cette seule raison, parmi ceux qui doutaient des ordres de Lefebvre. Cette évolution concerne donc son appréciation de l’accusation historique. [15, 37]
La traduction française reproduite dans le document de départ est conservée ci-dessous. Elle expose la propre appréciation de Williamson sur les nouveaux rites et doit être lue comme une citation de son opinion :
La néo-église est ambiguë de part en part, mais des âmes innocentes en son sein, nous en voyons encore.
Une étude récente d’un théologien compétent de la Fraternité Saint-Pie X concernant la validité du Nouveau rite de Consécration des Nouveaux évêques introduit en 1969 fournit une remarquable confirmation du deuxième point du plan en trois points de la Franc-maçonnerie pour détruire l’Église catholique, que le cardinal Liénart mourant (1884–1973) aurait révélé sur son lit de mort. Le cardinal était un néo-moderniste de premier plan au Concile Vatican II, et sûrement un Franc-maçon lui-même. Avant de citer le résumé du témoignage du cardinal qui est apparu dans ces « Commentaires » (numéro 121 du 31 octobre 2009), rappelons aux lecteurs que la validité d’un sacrement catholique requiert, outre un ministre valide, une forme et une matière valides (paroles et actions au cœur de la cérémonie) et l’intention sacramentelle de faire ce que fait l’Église. Toutes les autres paroles à prononcer lors de la cérémonie constituent le rite, entourant et encadrant la forme. Maintenant, de E.C. 121 (Eleison Comments de Mgr Williamson) :
Selon le cardinal, le premier objectif de la Franc-maçonnerie au Concile était de briser la Messe en altérant tellement le rite catholique que cela minerait à long terme l’intention catholique du célébrant : « faire ce que fait l’Église ». Graduellement le Nouveau rite devait induire prêtres et laïcs à prendre la Messe plutôt pour un « mémorial » ou un « repas sacré » que pour un sacrifice propitiatoire. Le deuxième objectif de la Franc-maçonnerie était de briser la Succession apostolique par un Nouveau rite de Consécration qui finirait par miner le pouvoir des ordres des évêques, à la fois par une nouvelle forme non automatiquement invalidante mais assez ambiguë pour semer le doute, et surtout par un nouveau rite qui dans son ensemble finirait par dissoudre l’intention sacramentelle de l’évêque consacrant. Cela aurait l’avantage de briser la Succession Apostolique si doucement que personne ne le remarquerait même ( . . . )
Les Nouveaux rites actuels de la Messe et de la Consécration épiscopale ne correspondent-ils pas exactement au plan maçonnique tel que dévoilé par le Cardinal ? Depuis que ces Nouveaux rites ont été introduits à la fin des années 1960 et au début des années 1970, de nombreux catholiques sérieux ont refusé de croire qu’ils pouvaient être utilisés validement. Hélas, ils ne sont pas automatiquement invalides. Combien plus simple ce serait, s’ils l’étaient. Ils sont pires. Leur Nouvelle forme sacramentelle est assez catholique pour persuader maints célébrants qu’ils peuvent être utilisés validement, mais le Nouveau rite et la Nouvelle forme sont conçus dans leur ensemble pour être si ambigus et si suggestifs d’une interprétation non-catholique qu’ils invalident le sacrement au fil du temps en corrompant l’Intention catholique de tout célébrant qui est soit trop « obéissant », soit qui ne veille et ne prie pas assez. Des nouveaux rites ainsi assez valides pour se faire accepter par presque tous les catholiques à court terme, mais assez ambigus pour invalider les sacrements à long terme, constituent un piège sataniquement subtil.
Fin de la traduction citée. L’élément retenu pour la présente enquête est son affirmation sur Liénart et la réception du récit attribué à Descornets. Les propositions de Williamson sur la validité des nouveaux rites constituent une autre question doctrinale ; elles ne sont pas transformées ici en conclusions de cette étude.
5 3 Le démenti familial transmis sur Gloria tv en 2018
Le document de départ conserve un récit relatif à des meubles provenant d’une loge. Sur Gloria.tv, le pseudonyme « apvs » reproduit, le 15 février 2018, un commentaire qu’il dit avoir trouvé sous un article de l’abbé Hervé Belmont. Le déclarant cité, qui reste non identifié, se présente comme parent du cardinal et comme franc-maçon lillois. C’est cette personne citée, et non nécessairement apvs lui-même, qui revendique ces qualités. Le passage transmis est le suivant : [28]
Bonjour,
Je suis un membre de la famille du Cardinal Liénart et moi-même Franc-Maçon dans la plus grande loge historique de Lille. Je l’ai connu tout petit enfant et il est décédé lorsque j’avais 9 ans.
Je tiens à apporter des éclaircissement sur l’appartenance maçonnique d’Achille Liénart : celui-ci n’a jamais été Franc-Maçon mais en connaisssait et entretenait de bons rapports avec eux.
Ce qui a valu cette rumeur est surtout du au fait que sous l’occupation allemande tout le mobilier du temple a été réquisitionné et revendu par les allemands, notamments les stalles où nous nous asseyons lors de nos réunions. Il se trouve que ces sièges avaient été revendus sur un marché à un curé belge. Après la guerre, Achille Liénart est intervenu pour que ce mobilier soit remis garcieusement aux vrais propriétaires, à savoir ma Loge, ce qui a été fait et il est toujours utilisé aujourd’hui dans notre temple. Ce geste a valu à Achille Liénart les rumeurs concernant son appartenance maçonnique… Sachez que la maçonnerie n’est pas trés bien vue dans ma famille et parler d’Achille Liénart comme d’un maçon nous fait toujours sourire lorsque nous en parlons en famille.
Achille Liénart aurait largement mérité d’être membre de notre confrérie, mais malheureusement pour nous il était avant tout un homme d’Eglise.
J’espère avoir contribué à rétablir la vérité sur sur ces rumeurs et vous avoir éclairci sur les raisons réelles de celles-ci.
Ce récit nie l’affiliation de Liénart tout en lui attribuant de bonnes relations avec des francs-maçons et une intervention pour restituer leur mobilier. Il doit être conservé avec cette double portée. L’identité et la parenté du déclarant, le nom de sa loge, le curé belge, les transactions et l’intervention de Liénart ne sont pas établis par une pièce indépendante dans les documents consultés. L’article original auquel apvs renvoie n’a pas été contrôlé ici. [28]
Un élément documentaire distinct concerne effectivement une spoliation à Lille. La base dirigée par Martine Poulain et publiée par le Mémorial de la Shoah comporte une notice sur la loge Justice et travail, de l’Ordre maçonnique mixte international Le Droit Humain. Elle mentionne l’enlèvement de livres et de meubles après une exposition antimaçonnique organisée dans ses locaux en août 1942, et donne les identifiants OBIP 28312 et SCL 343 et 900. Cette synthèse archivistique repose sur des dossiers qui n’ont pas été directement consultés ici. [29]
Cette notice documente une spoliation de livres et de meubles d’une loge lilloise déterminée. Elle n’établit ni que cette loge soit celle du déclarant anonyme, ni qu’il s’agisse des mêmes meubles, ni leur achat par un curé belge, ni leur restitution par l’intermédiaire de Liénart. Le rapprochement demeure donc une piste, sans être présenté comme une corroboration acquise de cet épisode particulier.
5 4 Achille Billiet identifié par Ernest Larisse en 2019
Ernest Larisse identifie « Monsieur B… » à Achille Billiet dans La Voix des Francs Catholiques, n° 51, janvier 2019, p. 4–5. Il reproduit le passage de La Franquerie et renvoie à la note de la page 81. Il mentionne aussi un ex-voto reproduit par Henri Barbier dans Le Réseau Rampolla et l’Éclipse de l’Église Catholique, deuxième édition augmentée, 2018. [2]
L’identification proposée par Larisse apporte un renseignement supplémentaire sur le témoin que La Franquerie laissait anonyme. Elle ne doit pas être comptée comme une seconde rencontre de Liénart en loge : elle cherche à donner un nom au témoin du premier récit. Les pages consultées ne produisent pas une déclaration signée de Billiet identifiant lui-même Liénart. [1, 2]
5 5 La décision de Mgr Madrigal rapportée pour 2021
Le témoignage public publié sur Scaturrex.eu/fr, rapporte que Mgr Luis Alberto Madrigal a jugé utile et nécessaire de réordonner des prêtres sous condition, en raison des témoignages concernant Liénart. Il s’agit d’une décision de précaution sacramentelle rapportée par celui qui l’a reçue. Elle documente une appréciation pratique du dossier ; elle ne doit pas être transformée en une déclaration écrite de Madrigal qui n’a pas été produite ici. [16]
5 6 Le refus rapporté par Heller en 2024
Dans un récit signé publié en traduction espagnole dans Testimonio, n° 4, mai 2024, p. 12, Heller rapporte expressément que Lefebvre avait refusé l’offre de Thục de le consacrer de nouveau sous condition. L’existence de cette affirmation est certaine dans la traduction consultée, due à Alberto Ciria avec des retouches de la rédaction. Le document annonce comme original Einsicht, 54e année, n° 3, mars 2024. [18]
La portée du témoignage doit être exprimée exactement : Heller rapporte un refus de nouveau sacre épiscopal sous condition. Il ne reproduit pas de réponse de Lefebvre et ne précise pas par quelle voie il avait appris le refus. Le récit ne permet donc pas d’affirmer que l’on possède la lettre de refus, ni de dater cet événement, ni d’identifier automatiquement cette offre à la lettre reproduite avec une adresse de Rochester. [17, 18]
Des publications antérieures de Foro Católico, puis des commentaires signés notamment Simón Del Temple, Wamba et Máximo, évoquent aussi l’offre ou son rejet. Une reprise de T. Stanfill Benns mentionne la diffusion d’une lettre par Gordon Bateman. Ce sont des relais de publication ou de commentaire dont la source propre du refus n’est pas établie. Ils ont leur place dans l’histoire de la circulation du récit, sans multiplier artificiellement les témoignages indépendants. [36]
6 Les personnes ayant accepté une appartenance maçonnique de Liénart
Le tableau réunit les personnes dont l’acceptation de l’appartenance maçonnique de Liénart est documentée, soit dans leurs propres paroles, soit dans un témoignage qui leur attribue expressément cette position. Cette adhésion peut être ferme, rapportée ou accompagnée de réserves. Son degré est indiqué pour éviter de donner à toutes les références une force identique. Les avis sur les conséquences sacramentelles restent distincts de cette première proposition.
| Personne | Position ou rôle documenté | Source |
| André de La Franquerie | Affirme l’appartenance et transmet le récit de Monsieur B… ; texte propre | [1] |
| Achille Billiet | Aurait reconnu Liénart en loge ; témoignage attribué à Monsieur B… par La Franquerie et identification par Larisse | [1, 2] |
| Chanoine Descornets | Aurait rapporté l’aveu de Liénart ; témoignage transmis à Barret par un lecteur non nommé | [12] |
| Don Luigi Villa | Reprise sous sa direction en 1976 ; accusation reprise dans sa publication de 2011 | [5, 38] |
| Mgr Marcel Lefebvre | Accueille l’accusation publiée en 1976 tout en maintenant la validité des ordres | [4] |
| Hugo Maria Kellner | Affirme l’appartenance et soutient l’invalidité dans son texte de juillet 1977 | [7] |
| Abbé Eugène Robin | Adhésion à l’argumentation de Kellner rapportée par Heller et Sodalitium ; original non consulté | [8, 31] |
| Abbé Henri Mouraux | Reprend expressément l’accusation dans son article ; avis sur les ordres non établi ici | [34] |
| Mgr Louis Vézélis | Affirme l’appartenance et conteste les ordres de Lefebvre ; texte propre traduit | [9] |
| Eberhard Heller | Présente Liénart comme franc-maçon et retient un doute sacramentel | [8] |
| Carlos Alberto Disandro | Reprend l’accusation et formule un doute explicite ; texte signé consulté en traduction | [10] |
| Hutton Gibson | Reprend l’accusation, invoque notamment Kellner et soutient l’invalidité | [11] |
| Max Barret | Publie le récit d’appartenance en 2009 puis publie des réserves ; réception expressément nuancée | [12, 13] |
| Mgr Giles Butler | L’appartenance et les doutes qui en résultent lui sont expressément attribués par Patrick Henry | [14] |
| Mgr Richard Williamson | Affirme l’appartenance dans les Commentaires Eleison de 2016 ; ne suffit pas à lui attribuer un doute sur les ordres de Lefebvre | [15] |
| Ernest Larisse | Reprend l’accusation et identifie Monsieur B… à Achille Billiet | [2] |
| Scaturrex.eu | Reçoit les témoignages comme motifs du doute et rapporte la réordination conditionnelle | [16] |
Mgr Madrigal a retenu les témoignages comme fondement d’une précaution sacramentelle, selon le témoignage public sur Scaturrex.eu/fr. Heller associe Carmona à ce jugement de doute. La lettre attribuée à Thục conteste les ordres de Lefebvre en invoquant l’absence de foi de Liénart, sans nommer expressément la franc-maçonnerie. Ces indications sont conservées avec leur portée exacte ; elles ne sont pas transformées en déclarations explicites d’affiliation qui n’ont pas été retrouvées. Les lecteurs anonymes de Barret appartiennent à la transmission, mais leur identité demeure inconnue. Aucune attribution personnelle suffisamment vérifiée à Mgr de Castro Mayer ou à Mgr Zamora n’a été établie ici. [9, 12, 16–18]
7 La valeur des témoignages et de leur réception
Deux lignes de récit doivent être distinguées : celle de La Franquerie, comprenant la confidence attribuée à Monsieur B…, et celle publiée par Barret au sujet de Descornets. Chiesa viva, les paroles de Lefebvre, l’identification proposée par Larisse et plusieurs auteurs ultérieurs se rattachent à ces transmissions. La proposition attribuée à Thục apporte une autre prise de position épiscopale sur les ordres, sans livrer expressément les faits qui fondaient son jugement. [1, 2, 4, 5, 12, 17]
La réception par plusieurs personnes compétentes possède néanmoins une valeur propre. Leur adhésion réfléchie peut renforcer la crédibilité extrinsèque d’un récit, même lorsqu’elles ne sont pas des témoins directs. Il faut donc apprécier à la fois les témoignages transmis et les jugements portés sur eux. La compétence, la probité, l’examen du dossier et la réponse aux objections déterminent le poids de cette autorité.
Noldin, Schmitt et Heinzel traitent expressément de la probabilité externe au tome I de leur Summa Theologiae Moralis, n° 238. Ils reconnaissent le poids de plusieurs auteurs sérieux et évoquent cinq ou six théologiens distingués par leur probité, leur science et leur prudence. Ils subordonnent cette autorité à l’absence de réfutation décisive. Ce passage concerne les opinions théologiques ; son application au présent dossier historique et sacramentel constitue une appréciation raisonnée de l’autorité des intervenants. [19]
Ainsi, l’accord de plusieurs évêques et auteurs sur la gravité de la difficulté ne doit pas être écarté au seul motif qu’ils n’ont pas personnellement vu Liénart en loge. Il fournit un élément d’autorité extrinsèque. Pour en faire un argument exact, il faut toutefois préciser la proposition à laquelle chacun adhère : appartenance maçonnique, insuffisance des preuves de cette appartenance, doute sur les ordres, affirmation d’invalidité ou défense de la validité. Les développements précédents conservent ces différences.
Les partisans du doute et leurs contradicteurs doivent donc être lus dans leur ensemble. La présence de contradicteurs n’annule pas d’elle-même les raisons du doute ; l’adhésion de plusieurs auteurs ne dispense pas non plus de répondre aux objections documentaires ou doctrinales. L’appréciation porte sur les motifs réels, sur leur convergence et sur leur force face aux raisons contraires.
8 Le doute positif et la règle sacramentelle
8 1 Les conditions de validité et la présomption
La doctrine catholique exige que le ministre ait l’intention de faire ce que fait l’Église. Le concile de Florence nomme la matière, la forme et un ministre possédant cette intention parmi les conditions du sacrement. Saint Thomas distingue le refus de conférer réellement le sacrement, qui en détruit la vérité, et une mauvaise fin ultérieure poursuivie dans un sacrement réellement administré, qui n’en détruit pas par elle-même la validité. Ces distinctions sont certaines dans les textes cités. [21, 22]
Léon XIII enseigne que l’emploi sérieux et conforme au rite de la matière et de la forme requises fait présumer l’intention de faire ce que fait l’Église, même chez un ministre hérétique. Une contre-intention réelle peut empêcher le sacrement ; elle ne se déduit pas automatiquement de toute faute ou de toute erreur du ministre. L’accusation d’appartenance maçonnique et la question d’une contre-intention sacramentelle doivent donc être articulées par des raisons déterminées. [23]
Il faut également considérer la capacité du sujet à recevoir l’épiscopat. Saint Thomas écrit : « nullus potest recipere episcopalem, nisi prius habeat sacerdotalem ». Traduction : « Nul ne peut recevoir le pouvoir épiscopal sans posséder préalablement le pouvoir sacerdotal. » Ce texte figure dans le premier sed contra du Commentaire sur les Sentences, livre IV, distinction 24, question 3, article 2, questiuncule 2 ; il est repris au Supplément de la Somme théologique, question 40, article 5. L’attribution est certaine ; le corps de l’article ne réfute pas cette dépendance. Il en résulte, selon cette doctrine, qu’un doute prudent demeurant sur le presbytérat préalable fait également douter de la réception valide de l’épiscopat. Cette conséquence conditionnelle ne transforme pas le doute en preuve certaine de nullité. [39]
8 2 Le doute positif suffit sans démonstration préalable de nullité
Il serait cependant erroné d’exiger une démonstration certaine de nullité pour admettre un doute positif. Au n° 223 du tome I, Noldin distingue le doute négatif, fondé sur l’absence de raison ou sur des raisons légères, et le doute positif, fondé sur une raison grave qui n’impose pas encore l’assentiment ferme. La question est donc de savoir si les éléments du dossier fournissent des raisons sérieuses touchant une condition de validité. [19]
Le canon 732, paragraphe 2, du Code de 1917 prescrit une nouvelle collation sous condition lorsqu’existe un doute prudent sur la collation réelle ou valide du baptême, de la confirmation ou de l’ordre. Le doute prudent n’est donc pas traité comme une certitude de validité ; il n’est pas davantage transformé en déclaration certaine de nullité. La condition respecte précisément cette distinction. [24]
Noldin précise, au tome III, p. 19, n° 27, que le doute prudent et raisonnable permet la réitération sous condition et qu’elle devient obligatoire pour les sacrements dont dépend la validité d’autres sacrements. Il applique expressément cette exigence à l’ordre, afin d’éviter que des sacrements soient administrés invalidement. Le principe de précaution sacramentelle est donc solidement établi dans la doctrine antérieure à 1964. [20]
8 3 La conclusion prudentielle défendue dans cette étude
La présente étude retient comme motifs de doute le contenu des récits publiés, la gravité de l’opposition à l’Église qu’ils attribuent à Liénart, la proposition attribuée à Thục et les jugements ou décisions de précaution documentés chez plusieurs intervenants. Le poids de leur réception réfléchie appartient à l’appréciation de ce faisceau. Le raisonnement ne consiste pas à déclarer invalide tout sacrement administré par un pécheur ou à déduire mécaniquement une nullité du seul mot franc-maçon.
C’est en ce sens précis que nous défendons la qualification de doute positif et prudent : il s’agit d’une appréciation motivée portant sur la sécurité sacramentelle, soutenue par des intervenants identifiables, et non d’une simple possibilité abstraite de simulation. Cette conclusion demeure distincte d’une preuve certaine d’affiliation et d’une preuve certaine de contre-intention lors de l’ordination de 1929. Les limites reconnues à certaines transmissions ne suppriment pas leur examen ; elles déterminent la force qu’il est légitime de leur attribuer.
Si ce doute prudent est retenu au terme de l’examen, la conséquence prévue par le canon 732 est la collation sous condition. L’expression du document initial selon laquelle un sacrement douteux doit être tenu pour invalide doit être entendue dans ce sens pratique de sécurité : on ne s’appuie pas sur une validité demeurée prudemment douteuse ; on assure le sacrement sous condition. Elle ne signifie pas que le doute permettrait d’affirmer comme fait certain une nullité qui n’a pas été démontrée. [20, 24]
Lorsque le doute prudent porte sur le presbytérat préalable, la précaution doit donc concerner d’abord celui-ci. Selon la doctrine de saint Thomas exposée plus haut, renouveler seulement le sacre épiscopal ne dispense pas d’assurer au préalable la réception valide du presbytérat. [20, 24, 39]
9 Conclusion et recherches documentaires
Les nombreuses déclarations et les jugements documentés de plusieurs évêques, prêtres et auteurs ayant étudié le dossier, joints au contenu des témoignages examinés, conduisent à retenir au moins un doute positif sur l’appartenance de Mgr Liénart à la franc-maçonnerie. Leur réception réfléchie donne à ces récits un poids sérieux d’autorité extrinsèque, qui s’ajoute à leurs raisons internes. [1, 2, 4–16, 19, 34, 38]
Le contenu des récits et les jugements de précaution sacramentelle documentés conduisent également, selon le raisonnement développé ici, à retenir un doute positif et prudent sur la validité des ordres de Mgr Lefebvre. Selon l’enseignement de saint Thomas, le doute sur le presbytérat préalable se répercute sur la validité du sacre épiscopal. [8–20, 39]
La conséquence pratique s’impose dès lors. L’Église ne permet pas de se contenter d’une validité prudemment douteuse des ordres dont dépend l’administration d’autres sacrements. Le canon 732, paragraphe 2, prescrit leur réitération sous condition ; Noldin en explique l’obligation. Il faut donc réordonner sous condition les sujets de cette lignée dont les ordres dépendent du pouvoir mis en doute et dont la validité n’a pas déjà été assurée, en assurant d’abord le presbytérat puis, pour les évêques dont l’épiscopat demeure également douteux, la consécration épiscopale. [20, 24, 39]
Les recherches à poursuivre sont déterminées : l’exemplaire original de Chiesa viva n° 51 et de la reprise de Si Si No No ; les documents de loge invoqués par les récits ; une déclaration identifiable de Billiet ou de Descornets ; la provenance du manuscrit attribué à Thục et toute réponse de Lefebvre ; les publications propres des intervenants encore connus par Heller ; enfin les documents relatifs au mobilier lillois et à sa restitution alléguée.
Les archives diocésaines de Lille et la Semaine religieuse constituent des pistes pour les documents d’ordination. Le Catalogue collectif de France signale, dans le fonds Leblon conservé au Labo de Cambrai, la liasse 48 et son dossier B sur la loge maçonnique de Cambrai et la franc-maçonnerie. L’existence de cet inventaire est vérifiéeainsi que les identifiants OBIP et SCL de la base du Mémorial de la Shoah. [25, 26, 29]
Liste des sources
[1] André de La Franquerie, L’Infaillibilité pontificale : le « Syllabus », la condamnation du modernisme et la crise actuelle de l’Église : conférences, 2e édition, Vouillé, Diffusion de la pensée française, 1973, 116 p., passages indiqués p. 80–81. Langue française. Notice BnF FRBNF34695257 ; reproduction numérique repaginée consultée. La notice confirme les données bibliographiques ; la pagination originale est également rapportée par Larisse.
[2] Ernest Larisse, « Un Franc-Maçon miraculé de Lourdes : Achille Billiet, d’Amiens », La Voix des Francs Catholiques, n° 51, janvier 2019, Éditions Saint-Rémi, p. 4–5. Français. L’article renvoie à Henri Barbier, Le Réseau Rampolla et l’Éclipse de l’Église Catholique, 2e édition augmentée, Éditions Fatima-Christ Roi, 2018 ; cet ouvrage n’a pas été directement contrôlé ici.
[3] Marcel Lefebvre, sermon du jubilé sacerdotal, Paris, 23 septembre 1979, transcription reproduite par La Porte Latine. Français.
[4] Marcel Lefebvre, conférence de Montréal, 27 mai 1976, transcription française reproduite par Transmettre la Tradition le 5 août 2025, avec renvoi à un enregistrement. Les paroles ont été contrôlées sur la transcription ; l’enregistrement n’a pas été audité ici.
[5] Chiesa viva, n° 51, mars 1976, Brescia, Editrice Civiltà, direction Luigi Villa, « Il Cardinale Achille Liénart era Massone », soit « Le cardinal Achille Liénart était franc-maçon », article non signé, p. 2 selon Coomaraswamy et Kellner. Italien. Référence corroborée ; original non consulté.
[6] Rama Coomaraswamy, « Cracks in the Masonry », soit « Des fissures dans la maçonnerie », The Roman Catholic, juin 1982 ; reproduction numérique de 8 p., passages p. 2–3 de cette reproduction. Anglais. Pagination du numéro imprimé non vérifiée. La parution de juin 1982 est corroborée par le catalogue de Daughters of Mary Press.
[7] Hugo Maria Kellner, publication n° 72, juillet 1977, texte anglais sur les ordres de Lefebvre, conclusion p. 40 ; lettre n° 75, avril 1979, citée par Gibson. Le texte n° 72 a été consulté ; ne pas confondre ses données avec celles de la lettre n° 75.
[8] Eberhard Heller, « Ist Mgr. Lefebvre ein gültig geweihter Bischof? », soit « Mgr Lefebvre est-il un évêque validement consacré ? », reproduction allemande attribuée à Einsicht, XXIVe année, n° 2, juillet 1994, sur kath-zdw. Pagination imprimée non contrôlée. Les positions de Katzer, Eisele, Robin, Dryden, Riestra, Groß, Perlant et Wendland sont rapportées dans ce texte ; leurs originaux n’ont pas tous été retrouvés.
[9] Louis Vézélis, « Zur Person von Mgr. Marcel Lefebvre », soit « À propos de Mgr Marcel Lefebvre », traduction allemande d’Eugen Golia, Einsicht, XVIIIe année, n° 4, Munich, octobre 1988, p. 87–90 ; provenance indiquée : The Seraph, juin 1988. Note rédactionnelle de Heller, p. 87, concernant notamment Carmona. Reproduction consultée.
[10] Carlos Alberto Disandro, « El enigma de Mons. Marcel Lefebvre », soit « L’énigme de Mgr Marcel Lefebvre », proclamation doctrinale n° 10, Alta Gracia, janvier 1989 ; texte repris dans Testimonio, n° 2, février 2009, consulté en traduction portugaise de Gustavo Petrônio Toledo dans « Contra o lefebvrismo », O Recolhedor, 24 juillet 2025. Original espagnol non consulté.
[11] Hutton Gibson, The Enemy Is Still Here!, soit « L’ennemi est toujours là ! », publié par Hutton Gibson pour l’Alliance for Catholic Tradition, 2003, p. 121 et 123, pagination imprimée vérifiée. Anglais. Le passage de la p. 123 cite la lettre de Kellner n° 75, avril 1979. Lieu d’édition non vérifié.
[12] Max Barret, « Le Cardinal Achille Liénart : l’un des principaux “moteurs” de Vatican II ! », Le Courrier de Tychique, n° 307, 25 octobre 2009, reproduction contemporaine par TradiNews. Français. Le lecteur transmettant le récit Descornets n’est pas nommé.
[13] Max Barret, « Une chronique intéressante sur le site… », Le Courrier de Tychique, 8 novembre 2009, reproduction TradiNews portant n° 308. Français. Une référence antérieure indique n° 309 ; cette divergence n’a pas été tranchée sur un original.
[14] Patrick Henry, Letter to Bishop Giles, soit « Lettre à Mgr Giles », p. 34, rubrique « They Are but They Are Not », reproduction numérique sur JMJsite. Anglais. L’introduction situe la lettre reçue de Butler au 5 juillet 2010 ; date propre de la réponse non vérifiée. Le passage rapporte une conversation téléphonique.
[15] Richard Williamson, Eleison Comments, n° 450, « Bishops Valid? II », soit « Des évêques valides II », 27 février 2016, St. Marcel Initiative, original anglais ; traduction française fournie dans le document de départ. Voir aussi n° 121, 31 octobre 2009, et n° 127, « Calming Confusion », 12 décembre 2009, qui conservent des réserves sur le récit du lit de mort.
[16] Scaturrex, présentation « Who are we? », soit « Qui sommes-nous ? », version anglaise consultée, passage rapportant la réordination sous condition d’un abbé par Mgr Luis Alberto Madrigal en août 2021. La page affiche une date initiale de 2015, qui ne date pas l’ajout relatif à 2021.
[17] Lettre attribuée à Pierre Martin Ngô-dinh-Thục à Marcel Lefebvre, manuscrit français non daté ; traduction allemande dans Einsicht, XVIIIe année, n° 4, octobre 1988, p. 86. Fac-similé français diffusé par Today’s Catholic World le 1er mai 2013 sous le titre « Thuc’s Letter to Lefebvre ». Étude de la transcription dans Pistrina Liturgica, « A Gift Horse Looked in the Mouth », 24 mars 2018. Ni expertise nominative ni original autographe matériellement authentifié n’ont été produits dans les sources consultées.
[18] Eberhard Heller, « Mi encuentro con S.E. el arzobispo Pierre Martin Ngô-dinh-Thuc », soit « Ma rencontre avec S. Exc. l’archevêque Pierre Martin Ngô-dinh-Thục », traduction d’Alberto Ciria retouchée par la rédaction, Testimonio, n° 4, mai 2024, p. 12. Espagnol. Original annoncé : Einsicht, 54e année, n° 3, mars 2024 ; pagination et texte de l’original non contrôlés ici.
[19] H. Noldin, A. Schmitt et G. Heinzel, Summa Theologiae Moralis, tome I, De principiis, soit « Somme de théologie morale — Les principes », 33e édition, Innsbruck, Typis et sumptibus Feliciani Rauch, 1960, n° 223 ; p. 222, n° 238, sur la probabilité externe. Latin. Édition et passages contrôlés sur reproduction.
[20] Les mêmes, Summa Theologiae Moralis, tome III, De sacramentis, soit « Somme de théologie morale — Les sacrements », 32e édition, Innsbruck, Typis et sumptibus Feliciani Rauch, 1960, p. 19, n° 27. Latin. Pagination imprimée et texte contrôlés.
[21] Eugène IV, Exultate Deo, 22 novembre 1439, décret du concile de Florence pour les Arméniens, passage sur la matière, la forme et l’intention. Texte latin contrôlé dans la reproduction publiée par le Vatican.
[22] Thomas d’Aquin, Somme théologique, III, question 64, article 10, corps et réponse à la première objection. Texte latin de l’édition léonine, Rome, 1906, reproduit dans Corpus Thomisticum. Tome XII des Opera omnia ; pagination imprimée de l’article non vérifiée.
[23] Léon XIII, Apostolicae curae, 13 septembre 1896, Acta Sanctae Sedis, tome XXIX, 1896–1897, Rome, Typographie polyglotte de la S. Congrégation de la Propagande, p. 193–203 ; passage sur l’intention p. 201. Latin. Volume et pagination vérifiés sur le scan.
[24] Codex Iuris Canonici, Rome, Typis Polyglottis Vaticanis, 1917, Acta Apostolicae Sedis, tome IX, deuxième partie, p. 156, canon 732, paragraphes 1–2. Latin. Texte et pagination contrôlés.
[25] Association des archivistes de l’Église de France, Guide des fonds, notice « Diocèse de Lille », mise à jour du 3 octobre 2019 ; Bibliothèque nationale de France, notice de la Semaine religieuse du diocèse de Lille, ISSN 2020-6801. Français. Instruments de recherche ; registres d’ordination non consultés.
[26] Catalogue collectif de France, fonds Leblon, conservé au Labo de Cambrai, liasse 48 « Loge maçonnique », dossier B « Ensemble de documents sur la loge maçonnique de Cambrai et sur la franc-maçonnerie ». Français. Inventaire contrôlé ; contenu du dossier non consulté.
[27] Jean-François Jagielski, CRID 14-18, notice « Liénart, Achille (1884–1973) », publiée le 23 juillet 2009, fondée sur du matériel des archives diocésaines de Lille. Français. La notice donne la naissance au 7 février 1884.
[28] Gloria.tv, commentaire publié par « apvs » le 15 février 2018, reproduisant un commentaire non identifié qu’il situe sous un article de l’abbé Hervé Belmont. Français. Référence conservée du document fourni : https://gloria.tv/share/9qoKzs2ZuqMW1yH2u6TNN3FAB. La citation et sa chaîne de transmission ont été contrôlées ; identité et qualités revendiquées par le déclarant non vérifiées.
[29] Martine Poulain, Bibliothèques spoliées en France durant la Seconde Guerre mondiale, base publiée par le Mémorial de la Shoah, « Liste des institutions spoliées », notice « Loge Justice et travail », Lille, Ordre maçonnique mixte international Le Droit Humain ; identifiants OBIP 28312, SCL 343 et 900. Français. Synthèse archivistique contrôlée ; dossiers originaux non consultés. La notice ne mentionne pas Liénart ni la restitution alléguée du mobilier.
[30] Michel-Louis Guérard des Lauriers, « Consacrer des Évêques ? », développement de février 1986 repris dans Sodalitium, n° 16, avril 1988, reproduction publiée par Sodalitium. Français. Passage envisageant la validité de sacres accomplis par Lefebvre selon le rite traditionnel.
[31] Institut Mater Boni Consilii, position sur les ordinations de Liénart, Sodalitium, édition française, n° 19, août 1989, reprise en italien sous le titre « Posizione dell’Istituto Mater Boni Consilii sulle ordinazioni di Mons. Liénart », 5 mai 2026. L’article contient une divergence interne entre les 14 et 16 juin pour la lettre de Guérard de 1979 ; le jour reste à contrôler sur l’original.
[32] Douglas Laudenschlager, « The Validity of Holy Orders », soit « La validité des ordres sacrés », texte signé à Écône le 22 décembre 1977, The Angelus, février 1978, reproduction électronique. Anglais. Pagination imprimée non contrôlée.
[33] Carl Pulvermacher, « On rumors and their source », soit « Des rumeurs et de leur origine », reproduction attribuant le texte à un éditorial de The Angelus de février 1978, publiée par la FSSPX en Irlande. Anglais. La version actuelle comporte des formulations postérieures ; elle n’est pas entièrement assimilable au texte original de 1978.
[34] Henri Mouraux, « Der verborgene, aber siegreiche Weg der Freimaurerei », soit « La progression cachée mais victorieuse de la franc-maçonnerie », traduction allemande d’Eugen Golia, Einsicht, XVIIIe année, n° 4, octobre 1988, p. 84–85, d’après Bonum Certamen, n° 74, juillet–août 1984. Le titre français original n’a pas été vérifié.
[35] Anthony Cekada, Sacramental Intention and Masonic Bishops, soit « L’intention sacramentelle et les évêques francs-maçons », 2003, reproduction anglaise de 8 p., notamment p. 1–4. Texte propre consulté sur traditionalmass.org.
[36] Relais du récit : T. Stanfill Benns, « The Episcopal Masters of Disaster », texte copyright 2005, révisé en 2009, mentionnant Gordon Bateman ; Foro Católico, article du 7 juin 2013 sur les ordres de Lefebvre, puis article du 25 mars 2015 ; Amor de la Verdad, commentaires de Wamba du 28 mars 2015, de Simón Del Temple des 26 et 28 juillet 2015 et des 2 et 5 mars 2016, et de Máximo du 10 avril 2019. Espagnol et anglais. Ces reprises ne produisent pas de réponse écrite de Lefebvre.
[37] Richard Williamson, lettre de septembre 1992 sur la validité de l’ordination et du sacre de Lefebvre, reproduction anglaise dans Bishop Williamson’s Letters. Elle invoque Michael Davies et Approaches, n° 71, 1er novembre 1980 ; ce numéro original n’a pas été consulté. Les reproductions divergent sur le jour de la lettre de Williamson, qui n’est donc pas précisé ici.
[38] Luigi Villa, Paulo VI, el Papa que cambió la Iglesia, soit « Paul VI, le pape qui a changé l’Église », Chiesa viva, n° 441, septembre 2011, version espagnole, passage reprenant les accusations contre Liénart, les indications de 1912 et de 1924 et le récit de Monsieur B…. Reproduction publiée par Chiesa viva. Pagination du passage non précisée ici.
[39] Thomas d’Aquin, Scriptum super Sententiis, soit « Commentaire sur les Sentences », livre IV, distinction 24, question 3, article 2, questiuncule 2, premier sed contra. Texte latin de l’édition de Parme, 1858, reproduit dans Corpus Thomisticum ; éditeur et pagination imprimée non vérifiés. Passage également repris dans le Supplément de la Somme théologique, question 40, article 5, premier sed contra, consulté dans la traduction anglaise des Pères dominicains anglais, deuxième édition révisée, 1920, reproduite par New Advent. La traduction française citée dans cette étude est faite sur le texte latin.
J’ai eu ma confirmation de Mgr Tissier de Mallerais. Est-ce que ça veut dire qu’elle est douteuse et qu’il faut la refaire sous conditions?
Cher fidèle, c’est une bonne question. Si vous acceptez au moins le doute des ces deux témoignages, il y a le doute sur votre confirmation en effet. Et l’Eglise apprend que le doute n’est pas permis pour les sacrements. Personnellement, sur l’instance de Mgr Madrigal, je lui ai permis de me ré-ordonner prêtre sous condition, étant ordonné en 1995 per Mgr Williamson. Deo gratias. Je me sens en paix en tout cas. Je prie pour vous.
… Il va falloir se faire reconfirmer sous conditions. Ce que j’apprécie chez vous, c’est que vous cherchez jusqu’au bout les choses et que vous y conformez.
Cher fidèle, je suis convaincu que tout qui vient de Dieu et Son Eglise, doit être pris au plus sérieux ! Deo gratias !
« Monseigneur Antônio de Castro Mayer a été l’évêque co-consécrateur de Mgr Marcel Lefebvre lors des consécrations épiscopales controversées du 30 juin 1988 à Écône, en Suisse » S’il y a eu un évêque co-consécrateur avec Liénart?
Oui bien sûr, mais selon St Thomas il faut être prêtre pour pouvoir recevoir validement le sacre. Et Mgr Lefebvre a été ordonné prêtre par le même Mgr Liénart, au moment où selon Camérier André Lesage Marquis de la Franquerie il était déjà f*m*.